‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 23 sur 106 · LIMAI · texte numérisé non relu

LIMAI

Celle parure! Ah! elle est cependant pour moi un supplice!

SIR JAFFRaV.

Mais où -l'on admirera surtout voire fortune, Lilias, c'est quand je vous nommerai la fiancée et la femme d*un des hommes les plus puissants de la Grande-Bretagne.

LILIAS.

Un incomparable honneur! Dieu veuille m'en préserver!

si rx jaffrat.

La grâce que Dieu vous a déjà faite, c’est de vous délivrer des obsessions de je ne sais quel intrigant sans valeur et sans nom, et de vous épargner la honte d'être détendue et protégée ce soir par un criminel à présent chargé d’une accusation miaulante.

LILIAS.

Gilbert!... Ah! s'il le faut, je me défendrai et je me protégerai moi-même.

Sia JAFPRAT.

Non , Lilias ! car vous ave* ru cette chsncc encore d’avoir reçu l'éducation d’une jeune fille modeste et chrétienne, et, nu milieu de celte foule railleuse et jalouse où vous serez le but de mille regards, voua aimeriez mieux mourir, j’en suis 6Ûr, que d’élever, seule, la voix pour un sanglant scandale.

LILIAS.

Je puis toutefois m’adresser à milord Protecteur, me jeter à ses pieds, lui dire...

SIR JAPPSAT.

Non, Lilias! car un autre de vus avantages, ma belle promise, c'est que votre épom futur est l'ami, l’ami utile et nécessaire d'Olivier Cromwell.

LILIAS.

Dieu du ciel! Ah! Monsieur, dans l’universel abandon, c'est vous-même alors que je toucherais par mes supplications et par mes larmes j c’est à vous...

SIR JAFFRAV.

Non, Lilias I car je vous aime, et avant de renoncer A vous. Je renoncerai à ma fortune et à ma vie.

lilias.

Oh 1 seule, »eule en ce monde !

SIR JaFFRAT.

Oui , seule, seule et dans ma main. C’est justement de cette certitude (iue je voulais vou> pénétrer... Lilias 1 la pauvre gardeuse de chèvres est libre sur nos versants d’Ecosse. Mais vous? voire beauté, votre pudeur, ma passion, mon pouvoir, l’amour que vous avez inspiré à ce jeune homme, l'admiration que vous inspirez à tous, éclat, parure, richesse, toutes vos vertus, tous les dons de Dieu et des hommes réunis en vous... autant de liens, autant de bâillons qui vous font muette, captive, inerte, et ne vous laissent d'autre alternative que la résignation à votre sort, Voilà ce que je tenais à vous dire. Et maintenant je vous

Î uitlc pour aller au-devant de milord Protecteur... Décidément, ilias, vous êtes éclatante et charmante comme une figure de Van Dick! {U tort, liiuac .1 ouverte U porte du (»o4. On aperçoit une grande ■alie rtaplanditiir.w de lusnîerea, mai* encore déaerle.)

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