‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 44 sur 106 · SAM VT · texte numérisé non relu

SAM VT

Moi, je vous offrirais une garde-robe plus bells que eel'e du feu duc Villicre ou du Grand-Turc.

OB AOl AH.

Moi , je vous achèterais un régiment, que vous auriez la faculté de -haranguer du matin au soir.

TREVOR

Merci!

BERTREL.

Et moi, pour vous délasser, au contraire, je vous donnerais une forêt giboyeuse à tout gibier.

TREVOR

O mes braves amis! cœurs du bon Dieu! vous ne trouviez rien d’assez beau, n’est-ce pas? rien d’assez riche pour votre cadeau royal? Vous le mesuriez, non à votre pouvoir, mais à votre vouloir, infini comme votre amitié. Avec la foi généreuse des petits enfants, vous ne chicaniez pas votre rêve, et, volontiers, vous m’auriez offert le trône du monde on quelque étoile du ciel. J’en suis lier et touché, amis, de cette grande reconnaissance, qui est pour moi le don véritable, le don hors de prix. Mais, puisque vous tenez à ce qui» j’en aie un témoignage matériel, voulez-vous, pendant que nous somme* seuls et en famille, que je vous dise ce qui, venant de vous, me ferait surtout grand plaisir?

BERTREL.

C’est ça! ah ! vous nous tireriez d’un fier embarras!

OBADIAH

Quelle chance ! oui, parlez, on vous écoule.

TREVOR

Asseyons-nous donc, (tl sur UM UbJe, le* jannbti pra<li*t«(.

Tou» le* panvm «Vl.igral et te groupent familièrement autour de lui. debout, ssm». agenouillés, cooehés ii demi, diru dr« po«« d’intimité «t d'attention »*rie** et recueillie.) Je remarque, mes enfants, que chacun de vous avait choisi pour moi ce qu’il préférerait pour lui-même : vous,

! Obadiah. un régiment; vous, Sammy, (les habits splendides, j loi, Rerthel, une chasse. CYst tout simple ! vous faisiez comme pour vous . chers amis! Mais, vous savez, autant d’hommes, autant de besoins et de goûts; et, à moi, rien de tout cela ne I me fait défaut. Ce qui me manquerait plutôt, mes bonnes gens, je vous le dis tout a fait entre nous, c’est un peu de contentement et de jo*c au cœur. Je ne suis pas très-heureux ; non, j’ai là ,un réel chagrin, allez! une peine profonde! Je Tous confie ça; je ne me sens vraiment à l'aise qu avec vous tous. Voyezvous, je n'ose pus même laisser voir ma douleur à ma mère, je

L‘A VOTAT DTS PAUVRES.

l'affligerais; il n’y a donc qu’avec vous que je peu* pleurer.

(tou* oui U tanne à l'ail. Le» plu» rapproché* de Tre»or Un lerreal U main.)

SUSARNA.

Ah! pauvre cher homme!

TREVOR, M leraal.

Eh bien! qu'est-ce que nous faisons donc? Est-ce qu'on n’est plus des hommes?

BERTBEL.

Ah! trédame! écoulez , quand on voit souffrir comme ça une personne comme tous!

TREVOR

Allons ! cela m'a fait du bien d epaneber devant vous mou coeur. Mais c'est fini, et voilà maintenant où je voulais en venir.

TOUS

Ah! voyons, voyons.

TREVOR

Mes bons enfants ! à la souffrance que j’éprouve, je vous l'assure en toute vérité, ni votre argent, ni même votre amitié n’y peuvent rien.

TOUS, aw ragrrt.

Ah!

TREVOR

Non, cela est au-dessus de l’homme, au delà de toute richesse et de tout dévouement. Mais, écoutez, il y a d’autres douleurs plus faciles à secourir et à consoler. Chacun de vous aurait été heureux de mu voir accepter ce qu’il aimerait lu mieux pour son compte; eh bien! de même, je profite, moi, de votre bonne I amitié pour me réjouir par le contentement de qudqncs-une j d’entre vous Je sais une pauvre famille bien cruellement frappée : en la consolant, vous me consolerez aussi. Je serai toujours moins triste et moins accablé si j abrite une infortune et si js soutiens une faiblesse. Amis, mon désir et mon choix, le voilà : je vous demande en présent une bonne action. Puisque ma joie 1 ne dépend de vous ni de personne, faites-moi cadeau de la joie d'autrui. Puisque vous ne pouvez me donner le bonheur, donnez-moi dus heureux.

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