‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 45 sur 106 · LES PAUVRES · texte numérisé non relu

LES PAUVRES

Les Écumeurs!

BERTBEL.

Allons ! on ne peut pas rester un moment tranquille chez soi !

FLAVIO

C’est que vous avrt l’air de vous amuser tant ! nous voudrions en être!

OBADIAH

Saints du ciel!

FI.AVIO.

Vous nous avez fait rude guerre, maître Trevor! Vous avez défendu contre nous la vertu... à outrance. Eh bien ! voyez si nous sommes des ennemis généreux ! nous vous plaignons. Cor/to di Bacco! quel métier il fait. Messieurs! quel métier! Défendre une éternelle veuve traînant un éternel orphelin ! parler pour des muets à des sourds, larmoyer avec des pleurnicheurs, débarbouiller des vilains, et sermonner sur le veau d’or ceux qui n’ont jamais mangé de veau gras !

BERTBEL.

Ah çàt mais il nous insulte !

FLAVIO

O pauvre avocil des pauvres ! je voudrais , par pitié , vous dérider mi peu ! Mais connaissez-vous seulement la couleur du rire? Pouvez-vous, comme nous, vous moquer du monde et de voo-,-mênic ? Comment faites- vous pour être toujours si sérieux et » triste?

TREVOR

Comment faites-vous pour être toujours si gai ci si insouciant, vous, comte FlavioT Votre janzon est français, votre nom italien et votre collerette espagnole. Mais votre esprit est à vous. Comment ne voit-il qu’une lace des choses? Ce n’est pas moi

qui suis triste, c’est le sort. Ce n’est nas moi qui suis sérieux, c’cit la vie. Il peut être amusant d’embrasser de gré ou de force une fillette; niais il n’est pas risible de causer la mort d’un homme.

Ah! oui, le pauvre Dickson, mon porteur de torche. 11 a été tué. Que puis-je y faire?

TREVOR

El que peuvent faire aussi, milord, la mère, la veuve et les petits enfants de Dickson? Tenez, regardez, les voici. (r»u* *•««.

lent. On ««il Liliaa et Margaret aineiunt dm* (ciwdii et dtm («tila entent».)

FLAVIO

O malheur !

TREVOR

Et maintenant j’achève mon prêche! Nous disions, mes pnfants, que vous ne saviez que faire de l’obole de vos épargnes. Eh bien ! ami», je vous la demande pour ces pauvres femmes. Allons! vous, à qui la souffrance enseigne la charité! allons! les pauvres, accourez les pauvres!

TOUS

Oui, oui ! Prenez, maître, prenez cl donnez.

TREVOR, «ut Keum««f».

Et il ne vous est pas défendu d’imiter les pauvres, Mcswigneurs.

FLAVIO

Jour de Dieu ! voilà le restant de mes mille livrer.

LUCIAN ET LES ÉCUMEURS, donnant leur* bourse*, leur, collier*, leur* Irijoui.

Tenez ! tenez ! prenez !

TREVOR , ■ U «cure.

Voilà du pain ! remerciez Dieu qui vous l’envoie !

TOUS

Vive Trevor !

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