‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actesChapitre 13 sur 92 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

vous... de vous aussi, méchante mère!... ou bien nous nous taisons, et il n’y a plus au monde que deux êtres : moi qui la contemple, et elle qui est contemplée. — C’est absurde ! c’est puéril! riez de moi, grondez-moi! je suis un fou, un bien grand fou, n’cst-cc pas? — Cela ne m’empêche pas pourtant d’être toujours prêt, debout et armé, pour l’humanité et pour la justice, et à l’heure du devoir, à l’heure du danger, c’est mon père alors que j’appelle, mon père endormi dans la tombe, et il vient, lui aussi, et ce qu’il veut, je le peux, et ce qu’il dit, je le fais.

Noble cœur! — Mais Lilias, Dieu merci! est encore de ce monde !

TREVOR

Aussi , elle, je l’évoque comme l’ange de la vie. Mais, depuis trois ans, qu’était-elle devenue? Lord Windall, quand nous avons été forcés de fuir, l'avait remise, avant d’aller se faire tuer à la bataille de Dunbar, entre les mains de sa sœur, la femme de sir JafTray. Mais nous avions appris avec épouvante que sir Jaffray était devenu veuf. Et moi je ne pouvais chercher Lilias! moi qui me cachais! — Eh bien! ma mère, depuis un mois, elle est ici, à Londres, à dix pas de celte maison, dans l’ancien hôtel de lord Windall, aujourd’hui la proie de sir Jaffray.

Lilias à Londres! En es-tu sûr?

TREVOR

Eh! oui, ma mère, puisque je viens de la voir tout à l’heure.

MARGARET

Mon Dieu ! où cela?

TE EVOR.

Sir Jalfray était avec elle. Elle rentrait, elle passait. Plus charmante que jamais, ma mère, et pourtant si triste et si pâle! C’était bien sa figure céleste! c’étaient ses lèvres, mais qui ne souriaient plus! c’étaient ses yeux, mais qui avaient pleuré!

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