‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actesChapitre 12 sur 92 · MARC A R ET · texte numérisé non relu

MARC A R ET

Lilias. Ma Lilias! où est-elle à présent?

EFFLAM, à elle-même, s’interrogeant.

Lilias?

TREVOR

Lilias vous aimait, vous embrassait, vous écoutait comme sa mère. Je vois encore rire ses lèvres vermeilles et ses grands yeux limpides. Comme elle riait! vous rappelez-vous? Déjà jeune fille et toujours enfant, elle usait de sa joie comme d’une chose qui ne lui devait pas bien longtemps durer, pauvre petite! J’étais de beaucoup son aîné; mais, moi, elle me traitait sans façon, comme un camarade. — Ah! de toutes les tendresses que Dieu a données à l’homme, l’une des plus charmantes n’est-elle pas celle du grand frère pour la petite sœur qu’il protège comme son enfant, qu’il aime comme son égale? — Lilias m’employait, me commandait, se moquait de moi et me regardait à peine; elle ne regardait que le jeu, son but, son caprice; étourdie, curieuse, imprévue, allant, courant, sautant, jetant au vent son babil, sa gaieté, ses chansons, et... quelquefois... ses rubans.

MARGARET

Tu les as gardés !

TREVOR

Et cet éloquent avocat a bien souvent, depuis trois années, parlé à ces chiffons, ma mère. Ah! la vie la plus austère a besoin de pareils rêves ! On a ses anges. Les uns graves comme le devoir, les autres souriants comme l’espérance. Ma mère! — approchez-vous un peu que je vous dise, — figurez-vous, un livre qu’elle a touché, la couleur qu’elle aimait, l’air qu’elle chantait, le parfum de sa fleur préférée, qu’est-ce que je vous dirai? une ombre, un songe;, un mot, un l ien me la fait venir, et je la regarde, et je l’entends, et nous voilà jasant, d’elle, de moi, de

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