‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actesChapitre 27 sur 92 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

Lilias!..Nc m’aimez pas, tenez, je ne vous mérite pas!

LIMAS.

Eh! si fait! ce sera sans doute mon tour d’aimer, puisque c’est votre tour de souffrir!

GILBERT

Ange!... Oh! mais plus je vous vois grande, moins je me sens digne! A la seule pensée de vous entraîner dans mes épreuves, la force me manque.

Mais non pas le courage, n’est-ce pas? Ayez foi en vous-m^me ! Comme vous m’avez soutenue dans ma peine, je veux vous raffermir dans votre douleur.

GILBERT

Pauvre enfant! et vous oubliez la vôtre! Cependant, vous voyez que je ne puis plus rien pour vous préserver. Que ferezvous, comment résisterez-vous, seule, contre sir Jaffray?

Oh! je ne sais pas, je ne sais pas! Je ne suis qu’une enfant, c’est vrai, et je le sens surtout devant cet homme. Oui, j’en conviens, j’aurais besoin auprès dé moi d’encouragement, d’appui, d’énergie. Enfin! Dieu m’aidera... J’ai deux ou trois idées de salut... J’espérerai jusqu’à la dernière minute.

G I LBE RT.

Mais cette dernière minute, Lilias , elle est venue.

LILIAS.

Ah! relevez donc mon àme au lieu de la consterner!

GILBERT

Pourquoi nous abuser, Lilias? N’est-ce pas tout à l’heure, n’est-ce pas dans cette fête pour laquelle je vous vois déjà parée, que sir Jaffray vous présente à tous comme sa femme. Et moi, je serai là près de vous, en effet; seulement ce ne sera pas pour vous secourir, ce sera pour me livrer.

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