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Je puis toutefois m’adresser à milord Protecteur, me jeter à ses pieds, lui dire...
SIR JAFFRAY.
Non, Lilias! car un autre de vos avantages, ma belle promise, c’est que votre époux futur est l’ami, l’ami utile et nécessaire d’Olivier Cromwell.
LILIAS.
Dieu du ciel! Ah! Monsieur, dans l’universel abandon, c’est vous-même alors que je toucherais par mes supplications et par mes larmes; c'est à vous...
Non, Lilias! car je vous aime, et avant de renoncer à vous, je renoncerai à ma fortune et à ma vie.
LILIAS.
Oh ! seule, seule en ce monde !
SIR JAFFRAY.
Oui, seule, seule et dans ma main. C’est justement de cette certitude que je voulais vous pénétrer... Lilias! la pauvre gardeuse de chèvres est libre sur nos versants d’Ecosse. Mais vous? votre beauté, votre pudeur, ma passion, mon pouvoir, l’amour que vous avez inspiré à ce jeune homme, l’admiration que vous inspirez à tous, éclat, parure, richesse, toutes vos vertus, tous les dons de Dieu et des hommes réunis en vous... autant de liens, autant de bâillons qui vous font muette, captive, inerte, et ne vous laissent d’autre alternative que la résignai ion à votre sort. Voilà ce que je tenais à vous dire. Et maintenant je vous quitte pour aller au-devant de milord Protecteur... Décidément, Lilias, vous êtes éclatante et charmante comme une ligure do
Vall Dick ! (il sort, laissant ouverte la porte du fond. On aperçoit une griude salle resplendissante de lumières, mais encore déserte.)