‹ L'avocat des pauvres drame en cinq actesChapitre 35 sur 92 · TREVOR, OLIVIER CROMWELL, SIR JAFFRAY · texte numérisé non relu

TREVOR, OLIVIER CROMWELL, SIR JAFFRAY

FLAVIO, GENTILSHOMMES, OFFICIERS, DAMF.S, SOL- DATS de la garde du Protecleur.

UN PAGE, annonçant.

Son Allesse milord Protecteur.

CROMWELL, entrant, grare et froid, à sir Jaffray.

Votre réception est magnifique, sir Jaffray. Je n’ai jamais vu tant de flambeaux!

SIR JAFFRAY.

Votre Altesse me fait-elle l’honneur de me permettre d’aller chercher miss Lilias? (Sur un signe affirmatif de Cromwell, il s'incline et sort par la droite.)

CROMWELL

Cependant les vrais flambeaux que j’aime à trouver ici, ce sont mes glorieux amis et compagnons d’artnes, les vaillants champions de l’Angleterre. — Bonjour, Fairfax ! Colonel Jephson, Dieu vous garde ! — Ah ! Obadiah ! où est-il, ton protégé ?

O B A D I A H , désignant Trevor.

Mon général...

CROMWELL

Bien! (a Fiauio.) Ah! c’est vous, comte Cardigan. Qu’estce que vous pensez de certaine requête que le lord maire et les délégués de la Cité viennent de me remettre contre les auteurs des rixes de nuit?

FLAVIO

Je pense, milord, que les bourgeois et manants n’entendent rien à la plaisanterie. Ils jouent des poings tout de suite, et il faut dégainer. Ils accepteraient partie égale, s’ils avaient de l’esprit.

TREVOR

Ils accepteraient partie égale s’ils avaient le droit de porter l'épée.

CROMWELL

Voilà le mot juste! 11 sera fait droit à la requête.

FLAVIO

Encore ce maudit Trevor

46 I/AVOCAT DES PAUVRES

CROMWELL

Messieurs, je suis a VOUS. (Los conviés se retirent au fond. A Trevor.) Vous êtes, Monsieur, l’honorable Georges Trevor, l’avocat des pauvres. Un noble titre. On m’a dit que vous aviez aussi à me parler pour vous-même.

TREVOR

Oui, s’il plaît à Votre Altesse, oui, je lui parlerai librement . et simplement; car je suis sous le coup d’une grande douleur, et je ne sache rien de tel que la souffrance pour vous mettre tout de suite de plain-pied avec le génie.

CROMWELL

Monsieur ! je vous écouterai... de tout mon cœur.

TREVOR

Votre Altesse m’a compris. Milord, je vais engager tout à l’heure un duel... oh ! sans effusion de sang, mais où il s’agira pourtant de vie et de mort... avec sir Jaffray, le maître de cette maison.

CROMWELL, avec intérêt.

Ah ! avec sir Jaffray ! Et que me demandez-vous ?

Ce qui ne se refuse pas à un honnête homme, milord. J’ose prier Votre Altesse d’être mon témoin.

CROMW'ELL.

Vous avez l’accent qui touche, Monsieur, et je me sens porté vers vous. Mais en quoi puis-je vous aider?

TREVOR

Milord, je n’ai rien à redouter de sir Jaffray qu’une chose: c’est que, par trahison, il ne m’accuse de trahison, et je voudrais parer d’avance cette atteinte à mon honneur. Ce testament d'un des anciens ennemis de Votre Altesse, doit renfermer, avec ma justification, un secret utile à l’État.

CROMWELL

Et vous tenez à confier un tel dépôt à des mains sûres? Je l’accepte, Monsieur.

TREVOR

Une dernière grâce. Altesse. Ce pli cacheté, et dont j’ignore moi-même le contenu, ne doit être ouvert que si e suis dirccle-

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