SCÈNE X
JÉRÉMY.
C’est raisonnable!., mais par malheur encore tu aimes trop Dolly...
HARIETT.
Certainement... il aime trop Dolly pour...
ROBINSON
Sans doute! j’aime trop Dolly!.. (changeant de ton.) Maisj’aime bien aussi le cousin de Monsieur... le colonel Mac-Ferlie.
HARIETT.
Comment?
ROBINSON
Quand je mets Dolly dans un plateau de la balance et le co* lonel dans l'autre... il est vrai que Dolly enlève le colonel... (u
mime avec ses deux mains ouvertes en figurant les deux plateaux d’une balance.)
HARIETT, avec joie.
11 refuse!
ROBINSON
Mais si j’ajoute encore cinq cents livres sterling dans le plateau du colonel... c’est le colonel qui enlève Dolly.
HARIETT, vivement.
Robinson!...
ROBINSON
Et je me résigne à épouser mistress Déborah.
HARIETT, vivement.
Et Dolly ?
ROBINSON
Dolly? (Avec une expression de sensibilité.) Hélas ! j’en mourrai sans doute!.. (Dominant son émotion.) Mais mon maître l’exige... (D’un ton naturel.) A quand la noce, Monsieur?
JÉRÉMY, se levant.
Tu n’es qu'un gredin !.. va-t’en.
* ROBINSON, pétrifié, à part.
Je Suis joué!., (u va pour prendre les guinées, mais Jérémy les prend et les replace dans le porte-monnaie d’Hariett, qu’il trouve sur la table.)
JÉRÉMY.
Miss Hariett, une autre fois, placez mieux votre argent, (n lui
remet son porte-monnaie.)
ROBINSON *
Et volé t
JÉRÉMY.
Emporte le thé.
ROBINSON, emportant le plateau.
Que la vie est amère ! Dans ces moments-là., je comprends la falaise jusqu’en bas! (u sort par le fond.)
* Jérémy, Robinson, Hariett.
l’avocat dit diable