SCÈNE V
HAR1ETT, seule et sautant de joie.
Libre 1 libre ! plus de gouvernante pour me dire : « Où allezvous, Mademoiselle?.. Baissez les yeuxl Tenez-vous droite! » — Enfin, je respire! Il y a maintenant douze milles entre moi et les vilaines grilles de ma pension I Qu’on vienne done encore m’appeler petite fille à présent!.. Petite fille!.. Ah! vraiment! .n'ai-je pas franchi la distance qui sépare les petites filles des grandes?.. N’ai-je pas, comme elles, un bel amoureux... qui va m’enlever comme dans ltj^ romans et les contes de fées !.. N'aije pas montré du courage, du caractère, en m’enfuyant, il y a deux heures, par la petite porte du jardin!.. Et, dans un mois... quand je serai la femme légitime de sir Arthur... c’est alors, j’espère, que je ferai envie à mesdemoiselles les grandes qui attendent encore un mari ! (Elle s’assied à gauche près dè la table.) C'est égal, c’est bien hardi ce que j’ai lait là! Ça me donne à la fois envie de rire et envie de pleurer !.. Que doit-on dire à la pension?.. Et cette pauvrejmadame Herbert, doit-elle être inquiète!.. Je devrais lui écrire... c’est' cela. (Regardant sur la table.) Il n’y a rien de ce qu’il faut... (Elle sonne.) C’est ce que j’aide mieux à faire en attendant sir Arthur... (Elle resonne.) Ni papier, ni plumes, ni... (Se levant et avec un dépit d’enfant.) Eh bien 1
personne ne vient !.. Ils trouvent sans doute qu'il est inutile de se presser pour une enfant! c’est ce que nous allons voir 1..
(Elle carillonne en marchant vivement.)