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AVOCATS D'AUTREFOIS ET D'AUJOURD'HUI

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Tronchet, de Sèze et Malesherbes acceptaient sans hésiter l'honneur redoutable de défendre le roi.

Chauveau-Lagarde avait comme clients i la Du Barry — mourante de peur devant l'échafaud, — Bailly — qui tremblait de froid et non de frayeur, — Danton, la reine de France et Charlotte Corday.

Napoléon, qui détestait les avocats et voulait leur couper la langue pour les empêcher de s'en servir contre le gouvernement, fut contraint, pour assurer la bonne administration de la justice, de rétablir, en 1811, l'Ordre des avocats.

Au siècle dernier, que de noms illustres de grands avocats vivent encore dans nos mémoires !

Berryer, le chevalier sans peur et sans reproche ; Jules Favre et son hoquet célèbre; Chaix d'Est Ange, aussi redoutable à la barre de la défense qu'au siège du ministère public ; Lachaud, qui attacha son nom à la défense de Mme Lafarge... pour laquelle il n'a jamais plaidé devant la Cour d'assises ; Du/aure, rude et précis, précurseur de l'éloquence judiciaire actuelle ; Gambetia, qui fit entendre le coup de tonnerre du procès Baudin...

Je ne puis les citer tous...

Plus près de nous : Barboux, grand avocat d'afïaires et, par surcroît, grand lettré, qui émaillait ses plaidoiries de couplets finement ciselés et de citations choisies. Ce petit homme, sec, maigre, au profil anguleux, aux favoris cl£issiques, à la voix très spéciale, était aussi intéressant à voir qu'à entendre.

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l^ottsse, le grand bâtonnier de la première guerre ; Du Buit, puissant et irrésistible ; Martini, terrible railleur, qui fit triompher la prescription libératrice dans l'affaire de Panama ; Waldeck-Ronasean, le rénovateur de l'éloquence judiciaire, le grand débuter. > Autrefois, la plaidoirie était longue, interminable même, le ton grandiloquent, les gestes amples, souvent désordonnés, la mimique trop expressive, la voix aiguë ou trop sonore avec des éclats exagérés.

Aujourd'hui, parmi les nombreuses qualités exigées de l'orateur, nous pouvons placer au premier rang la simplicité, la brièveté et la clarté.

L'avocat moderne a conservé le costume de la vieille France — cette robe égalitaire que revêtent les anciens et les stagiaires, les hommes et les femmes, les favo» risés du sort ou les victimes de la malechance.

Mais le type de l'avocat s'est modifié, s'il a conservé ie même costume. Il ne porte plus les favoris classiques qui permettaient de reconnaître partout l'homme de loi et risquaient de créer de fâcheuses confusions avec les serviteurs de la maison.

Le « pli professionnel » a disparu. L'avocat ne plaide plus, lorsqu'il a quitté la barre. Les maîtresses de maison peuvent, sans danger, le produire dans le monde ; il sait écouter, sourire et se taire... qualités enviables qui font de leur heureux possesseur un convive recherché.

Est-ce à dire que l'avocat a moins d'autorité au'autref ois ?

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