D'AVOINE COMMUNE
Avoine commune tardive "Bannière"
Avoine commune tardive "Victoire"
Année
Livres de grain par acre
P.c. de
baie
Livres
d'amandes par acre
Livres de grain par acre
P.c. de baie
Livres d'amandes par acre
Moyenne
C'est là un essai de longue durée, et l'analyse du tableau montre qu'il est inutile d'importer de l'avoine Victoire de l'Ouest pour emploi comme semence dans le centre de Québec quand on peut se procurer de la bonne avoine Bannière.
De toutes les variétés d'avoine que l'on cultive généralement au Canada, et surtout dans les provinces de l'Est, la Bannière est, sans contredit, la plus appréciée. Dans son feuillet sur la " Culture de l'avoine," le Ministère provincial de l'Agriculture de Québec dit que de toutes les variétés, c'est la Bannière qui s'est montrée la mieux adaptée; elle est rustique, productive, peu exigeante et a une bonne paille ferme.
Dans une jeune plante de cette variété, la feuille est assez large, la gaine de la feuille et le limbe (partie élargie de la feuille) sont lisses, la couleur est vert foncé, la paille est forte et d'une bonne longueur, la panicule est étalée, le rachis (tige de la panicule) est raide, les branches courtes et brusquement ascendantes, mais légèrement penchées lorsque la maturité approche; l'épillet a généralement deux grains, les grains avortons ou non développés sont peu nombreux, la couleur de la paille est blanc jaunâtre; le grain est blanc, long et en forme de coin; il y a beaucoup de barbes dorsales. Naturellement les conditions environnantes peuvent modifier quelques-uns de ces points.
Le grain long et assez mince de la Bannière a porté beaucoup de gens à croire que cette variété ne rapporte pas autant que d'autres qui ont un grain court mais mieux nourri, mais nous avons démontré dans ce feuillet que cette vieille variété régulière peut lutter contre toutes les autres. Sa rivale la plus dangereuse est la Victoire, aujourd'hui très cultivée dans l'Ouest et expédiée sur l'Est par charges de wagons. Cependant aucun de ceux qui cultivent de l'avoine Bannière ne devrait l'abandonner pour cette nouvelle-venue, car il a été démontré qu'une espèce pure, cultivée sur un bon sol, ne dégénère pas, à condition qu'elle soit bien nettoyée et bien triée.
On ne peut nier que l'avoine Bannière n'est pas parfaite et qu'elle aurait encore besoin d'être améliorée; une espèce ne peut convenir à tous les districts qui présentent des différences de sol et de climat, et il semble quïl soit difficile de choisir une "meilleure" espèce, s'accommodant de toutes les conditions d'un certain territoire. Mais la province de Québec peut se féliciter de ce que trois espèces aient été développées, qui satisfont probablement à la demande du plus grand nombre de producteurs. Ces espèces sont la Bannière 0.49, créée par la ferme expérimentale centrale, la Bannière M.C.-44, collège Macdonald, et la Bannière C.R.-31 créée par la station expérimentale de Cap-Rouge. Ces trois espèces sont actuellement soumises à des essais rigoureux à six collèges d'agrH culture et stations expérimentales de la province de Québec. Les cultivateurs qui se procurent de la semence du collège ou de la station expérimentale la plus proche de chez eux ou d'un producteur local bien connu de l'espèce produite dans le même district, agissent sagement. Qu'ils évitent les vendeurs inconnus ou même les personnes connues qui représentent des maisons inconnues. Si tout le monde suivait ce conseil, il y aurait moins d'échecs et moins de déceptions.