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AVORTEMENT A L’AIDE D’INSTRUMENTS

pas de traces de violence; la fourchette n’est pas déchirée. En pratiquant le toucher vaginal, on sent que le col est mou, entrouvert et un peu déchiré à droite. L’état général de la fille G... est satisfaisant : elle n’a pas de fièvre, ses forces ne paraissent pas abattues, et rien ne fait prévoir de complications dans son état.

En examinant les divers objets contenus dans la chambre, fort petite d’ailleurs, on ne trouve aucune fiole suspecte, ni aucune substance susceptible d’être employée utilement dans un but d’avortement.

Le Dr L..., dont le laboratoire est contigu à la chambre delà fille G..., a recueilli le fœtus et l’a injecté dans un but d’étude. Ce fœtus nous a été montré; il mesure 23 centimètres de long, paraît normalement conformé, et ne porte aucune trace de violence.

Conclusions. — 1° La fille C... est accouchée récemment d’un fœtus, parvenu environ au commencement du cinquième mois de la vie intra-utérine.

2° Il n’existe pas sur les parties génitales de cette fille, ni sur le corps du fœtus, de traces de violences qui puissent démontrer que l’avortement soit le résultat de manœuvres abortives direcles pratiquées mécaniquement.

3° L’état général de la fille G... est bon.

4° Si la fille G... a cherché par des breuvages ou des médicaments à faire revenir ses époques, rien ne démontre que l’avortement ait été la conséquence de ces breuvages. Des substances de celte nature ne peuvent en effet remplir leur but qu’en amenant en même temps des troubles graves de la santé. Le safran, que la fille G... avoue avoir pris plusieurs fois, était impuissant à provoquer l’avortement.

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