‹ L'avortementChapitre 48 sur 136 · Saignées et Sangsues · texte numérisé non relu

Saignées et Sangsues

Vous savez, Messieurs, qu’autrefois la saignée était d’un usage courant pendant toute la durée de la grossesse ; on avait l’habitude de saigner les femmes enceintes au moins tous les mois, et on n’avait signalé aucune influence fâcheuse pour la marche de la grossesse. lien est de même de l’application de sangsues.

Cependant, dans certains cas, des saignées, même peu abondantes, ou des applications de sangsues faites voisinage des parties sexuelles, ont pu provoquer l’avortement, alors que, pour d’autres femmes, un nombre très considérable d’émissions sanguines n’a amené aucun trouble dans l’évolution normale de la grossesse. Mauriceau rapporte deux cas dans lesquels il fut fait quarante-huit et quatrevingt-dix saignées au cours de la grossesse, sans que, pour cela, les femmes eussent avorté (1).

Lors de l’examen d’une inculpée, vous devez rechercher les cicatrices des saignées, soit au bras, soit au pied; vous devez reconnaître la trace de piqûres de sangsues à la vulve ou à la partie supérieure des cuisses; dans votre rapport, vous en noterez le nombre, la date approximative, et vous apprécierez, autant qu’il vous sera possible, le but dans lequel ces médications ont été appliquées.

C’est, du reste, une variété de recherches que vous n’aurez que bien rarement l’occasion de faire, ces méthodes étant en partie tombées en désuétude, aussi bien en thérapeutique que dans la pratique des avortements.

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