AVRIL
même place et reg-arda.it toujours le feu, absorbée dans ses réflexions. Elle eut le brusque sursaut d'un être qui se réveille- Son visage avait pris une expression singulière,
« Ce n'est pas g-ai, — dit-elle, — cette arrivée; et dans quel endroit, maman!... Oli ! non, ce n'est pas gai, Saint-Frégrose, pas gai du tout! »
Elle essayait de sourire, mais ses cils battirent et sa voix s'étrangla, un frisson la secouait.
Elle dit :
« J'ai froid. »
Mme Rugies la prit aux épaules et la fit asseoir près de la cheminée; là, s' agenouillant, elle se mit à' lui défaire ses bottines comme à une enfant, puis serrant dans sa main les petits pieds glacés dans les bas noirs, elle les présenta à la flamme, en répondant avec un accent de ten-
isse indicible à la résistance de jeune fille :
1 Laisse, je vais te déshabiller, )n enfant! »
Quand Jean s'éveilla, une aube jaune éclairait le haut des volets, dont le bas plongeait encore dans un jour bleuâtre. Il sauta du lit et ouvrit la fenêtre.
A travers la lumière fraîche, des palmiers, le long d'une avenue, s'étendaient jusqu'à une église
VSÎ^
trop oeuva et trop vaSte, d'UI^ bizarre style byzantin. Elle (Joj]^^.
uait U mer, ^ 'J '^^ apercevait par
places, entra ïes malsons; et des
montagnes hBuUs ^t lointaines
bordaie/ït J 'Horizon. C'était, de
^C'us côtés, un co:îÉraste de ma-
^iires r/e//Jes cf maipropres, ju-
^^nt -j cyté de maisons neuves à
^*^^"^ éf^ï/fes, le toijj dj5séminé,
^^^^acé sur des te/TaÏjis vag-ues,
cj.^'"'ames de P^raaax, la. station
^^l^^^^'^r pompei] se et vide, trop
Cî^ * Renient greifée sur le villagre
^tj Pécheurs qu'étaif, trois ans
*^ ^^^biiia sans bruit^ u ÏLii semblait ^h^ On dormait encore dans la ^^^^ïTlbre àcôté, ,ïprùs une nuit ^^^ï«:^e, pendant laquelle il avait ^^ ^ entendre sa mère ser relever ^ '^^iears fois pour couvrir ou
^ncr iMinnie.
^a porte sûuvrit tout douce-
"^^nt et Mme Rug-les, se ^li^^ant ^vec précaution, lui dit taui t?i^^ - " bonjour, mon clier Jc^rj. Ta ^oeur ne va pas bien. J'ai peur *îuelle n'ait pris une bronchltt.', ^^^e a brûié la fièvre toute la nuit- "^ repose en ce moment, je lui ^ï donné de la codéine pour ciitner ^°" oppression. Il va falloir se "^^ttre en quête des Essier Qt.ii pourront nous aider à choisir une y*Ua, et aussi d'un médecin. M^^ j^ n'ose pas laisser Minnie toute ^^"Je. Regarde comme elle c^i pâle! ..
^^ans la demi-ombre de la châtia- ^•■e, la vierge frêle reposait, î^^ tête haussée par deux oreiUt^ï"^^ '^ «ière s'éiant privée du ^^^'^ P°^r le lui donner. Une resp^ra^ .^'^^ <iUftcWe soulevait le drap ^^^
la
^^t^ail, et son visage en
Ctitl-
^""^^^^VlWTve evipressVou d'effort a ^^ ^Ov,5,,„,e ciu>, avec Va «>on ^^'^^garàctosel va détenir ^'^^
i^-^'fsit.' V ■
étranpetè. î' J^Upi f>oig.^,„,^
son teint '"^^^^^nienï "''"'''' ' les nuances ^ ^^ ^hnc, et pandus, dont j^ ^hoveux ré-
brunissait ici, et ,.7;;' ^^ ^^-
^^ se décolorait
en Un pale ou verdissait d'un
>^ieil or, tout en elle sug-gérait.
-Raffinement anémié, la grâce péri-
^Htank' d'un être; pourtant la
^onjetjr exquise du cou, la chair
^^ lait sortant de la ruche de la
^^emist.' rassuraient par leur dou-
^eur saine. Restait la stupeur
^hummo de ce sommeil facuce
^Cas. .ous un P-^^^^,,^ ^^^.
^utre sommeil» P ^^ ^^^ ^^^ ^^^ Mus ternl^ï^' J^^" colère le selarme.St et
Mais c^
l'aime pas sérieusement ; sans quoi!... »
La mère lut dans ses yeux la révolte qu'il eût conseillée à son cousin, et qu'elle pouvait craindre qu'il lui opposât un jour à ellemême, s'il voulait se marier contre savolonté; obscurément elle eut peur :
« Non, ce serait mal ! D'ailleurs ce mariage n'aurait peut-être pas donné le bonheur à Minnie. »
Mais la pensée que son enfant souffrait raviva toutes ses rancunes, elle serra Jean au poig-nct, son regard étincela :
« Jamais, — attesta-t-elle avec force, -je ne pardonnerai à mon Irèresadureté. lia mal parlé de la mémoire de ton père, il lui a reproché nos revers de fortune. Ah î nion enfant, obtiens ton baccalauréat et tâche de gagner plus tard beaucoup de ce déplorable argrent sans lequel, aujourd'hui, on n'est
,ÏIM,
i\^ H^innie serait ^^'
sîi yai% ■ -e^t pas r^^'^' ,^^\êl
^ et Je-";%n -^
^Mcrc ; ,e jeter ^ ^ti. '^^ envie fol^^„ ûht itv^^'^^^U^^*^'^
Tu lie
ivt^
^ Voy*
on&^
^t tvi
té
■ ^ raidit. ■
de
ter-
^' serra la «, • pendre - ^'" qu'elle laissait
^^"rit à tant de délie
ciouceur
Oit-iJ, — Je soleil et la ce paj's vont la re-
de,
"'ciire î S" Q • -^
^'sirtrès f ^'"^"^^^g'ose n'a pas
^ades *»i- ,^^^^^>au moins les ma
mettre
"''"^^folâtn et les r-
nyabonrt ^^"^s de contag-ion ^^ doct^„.^"i^^^'et c'est ce que s craig-nait par- CeJa ira t>ien, tu
*out.
<^essu ^'en-as
que je çj^ ^ ^o^s avoir faim, sonne,
^lîe br^ '^^'^^e le chocolat î >»
Je f.;^ ^^ne
^^int
^rseiii^
^os<
■®ntra, forte et grrancie.
^^arsf.,1, V*^^^ et jes 3'eux noirs des
«ises
cbes, le dé
ee (j, ^^' avec une façon dére ef f^^^ser l'ampleur de sa
^a-et-vient de ses han- ^Jeui^"^ ^^Jluma le feu et servit
^^nt
Son sourire facile et
«Jais 5 ^
^"^^ncj ç^*^n jean.Il la poursuivit, ^ Sortit, d'une de ces
^Uis
. 5^P^"t à Mme R-Ugrles,
1,'AVRn.
^^ secrètes convoitises de """^ noro'"^' 0" le désir et le i''""*'t de l'irréalisable, attisés par '■'-•S'''' forants timidité, se mêlent """^ '" off'P'''^^''°°^ d'événements ^i Je» .j.gs et saugrenus, tout iniagin'^^^^^g ^^ ^^^^^^ ^.^^ ^^^.^
ri'Chafa^^^ et puéril. Cela ne volttpt»^^.'^ pas d'avoir été remué l'empêcn ^^^^ et le chagrin sin-
^'*"' ^ .-, avait éprouvé en son- ""''"Minnie ne l'empêcha pas P'^"' '\e de beurrer soigneusejavantage ^^^,^,iedetous
«"'»t^°\res faite de ces d»s-
'=* *"^'^ nercent le naturel ouparates ou Pe«" ^^3 exigences
'««""^^'^srsincts.J--^^^^.^
f^.'H'^'^^TrÏoir d'un -emc.r Cela 1^^ • r.
colaineou ten
colat, afin que Minnie à. son rôveil trouvât son déjeuner chaud, ajusta.
son cbapeau et l'éping-la clevant
\ag\ace.
«3e te confie ta sœur, mon cliéri,
— dit-elle. — Plus tôt nous nous
mettrons en campagne, plus tôt
noMS serons installés. I>u reste
je tàclierai de ne pas être longrue,
et quant au choix d'une villa, je
ne déciderai rien sans toi. »
Cela dit pour ménag-er la susceptibilité de son fils qui entendait, en toute chose, être traité en clief de iamille, elle s'approcha du lit, écouta un instant la respiration de Minnie, se retourna sur le pas de la porte pouf envoyer à Jean un baiser recueilli et sérieux, puis elle sortit, sans bruit.
« D'abord les Essler, » se disaitelle, et entrant au bureau de l'hôtel, elle s'informa d'eux auprès d'une vieille femme jaune comme un coing et habillée en femme de
charg-e, qu'elle devina être la patronne. Mme Loustig-areJ, qui fermait les yeux dévotieusement, la renseigna, avec un mélange de condescendance et d'obséquiosité.
M. et Mme Essler — elle prononça ce nom arec tout le respect dû à la. richesse — habitaient hors de la. yi^i^, dans leur ttéelle Campagne de Valençor. Si Madame désirait une voiture.'...
« Eh .' té... » elle s'arrêta étonnée, ^es yeux s'agrandirent, devant ^'imprévu de la coïncidence; elle ^^ndit le bras vers le haut de la / ''Ue où débouchait, au pas d'un
'^ ^%antesque cheval bai relevant
'^S jambes comme s'il dansait, un ^rand jeune homme à casquette et ^Uétres, fouet de chasse en main, ^t suivi de cinq ou six chiens de ^^utes tailles.
« Tout justement. Madame, ^^oici monsieur Essler le fils. Si Vous désirez lui parler, je l'appelle î
' '^ 'Connaît bien mon mnrL »
^nie Rug^ies ne crut pzis U ^ °se à propos; gIIg n'avnil vu ^"e rarement jusqu'à ce jftitr ie ^'s t^e ses amis, et peut-être /«f- ^^^e intimidée par son a/r (.iêJah ê'neux et ennuyé. Ei/e n'en pensa P^s moins : « Si ce jeune homwe ^^^'t gentil, il pourrait faire mon- *" Jean à cheval, puisque c'eaE "^e l'ambition de mon g-rand ? »
" Quel est le meilleur médecin ^"Pays>.> demanda- t-elle.
La patronne de l'hôtel hésita, sans doute craig-nant de se conipromettre :
« Monsieur Sarrazin est le pl"^ ^"^ien et le plus considéré. H ^^^ "'^^e- Il ne se dérange pas po^-" ^^^t le monde. Il y a des personnes "^.^^ ^^\ préfèrent un nouveau, mon- ^^^^ Koger Bar, uu jeune Uomm^^ ^ ^^ rencontre toujours sur les '"'"'^^^^enbkydette.llnese me-
^^ pas, \u\.