‹ L.-E. Barrias (1841-1905): Notes biographiquesChapitre 2 sur 7 · L.-E. BARRIAS D · texte numérisé non relu

L.-E. BARRIAS D

cle s'être, à l'occasion, servi non seulement des outils de son art, mais du pinceau et de la palette. Il semble même qu'il pouvait, non sans dextérité, manier la plume, comme en témoigne cet éloge de son prédécesseur Dumont, où il a si heureusement caractérisé « la pieuse et légitime coutume » qui impose à l'artiste élu à l'Institut l'obligation de louer celui qu'il remplace. Avec une sorte de coquetterie, Barrias, en s'acquittant de ce devoir, et au moment même où il faisait ses preuves de tact et de finesse dans l'expression, prenait plaisir à parler de la prétendue « inexpérience littéraire » qui peut trahir « les bonnes intentions d'un artiste astreint, exceptionnellement, à faire œuvre d'écrivain ». Modestement, il reportait à ses nouveaux collègues une louange dont il aurait pu revendiquer sa part, en constatant combien « l'Académie compte de membres qui ont le rare bonheur d'allier le talent littéraire à la grande autorité artistique ».

Nous évoquions tout à l'heure le souvenir des artistes de « la Renaissance ». On a souvent remarqué que, chez eux, le caractère était à la hauteur du talent, et que, dans l'action comme dans l'art, ils s'étaient, selon les circonstances, montrés, dans toute la force du terme, des hommes. Cette virilité, ce sentiment élevé du devoir, nous les retrouvons chez Barrias qui, lorsque survint la guerre, renonça à l'exemption que lui conféraient ses succès et ses titres d'école, et s'engagea au début même des hostilités, dès les premiers jours d'août 1870. Il supporta, dans des conditions particulièrement pénibles, les dures épreuves du siège

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