‹ L.-E. Barrias (1841-1905): Notes biographiquesChapitre 3 sur 7 · O L.-E. BARRIAS · texte numérisé non relu

O L.-E. BARRIAS

de Paris, prit une part brillante à différents combats, et contracta, croyons-nous, une grave maladie déterminée par les privations et le rude service des camps et de la tranchée. L'inspiration du soldat se retrouve, sans nul doute, dans ces « fiers groupes », selon l'expression de M. Lafenestre, qu'a sculptés ultérieurement, en commémoration de divers épisodes de la guerre, le ciseau de Barrias. Tout le monde a présent à l'esprit la Défense de Paris , érigée au rond-point de Courbevoie, et la Défense de Saint-Quentin, qui se dresse, dans cette dernière ville, sur la Place du 8-octobre, et qui rappelle un des plus glorieux épisodes de la résistance nationale.

Le talent, très fécond, de Barrias a pris, du reste, au cours d'une production abondante et multiple, des formes extrêmement variées. Tour à tour, en parcourant la liste fort longue de ses ouvrages, nous rencontrons cette feune Fille de Mégare (Musée du Luxembourg), suave et simple, naturelle et vivante, d'une exécution serrée et souple, pour laquelle l'élève de Léon Cogniet, de Cavelier et de Jouffroy, fixa, de bonne heure, l'attention de la critique ; — la Fondation de Marseille (Musée de l'École des Beaux- Arts) ; — le Serment de Spartacus y placé, en 1877, dans le Jardin des Tuileries, et représentant Spartacus jurant de venger son père qui, derrière lui, râle sur une croix ; — le buste en bronze à' Henri Regnault, que l'on peut voir au lycée Henri IV ; — le Bernard Palissy, en pierre, de la façade de l'Hôtel de Ville, dont une réplique en bronze figure dans le square de Saint-Germain-des-Prés ; —

le Mozart enfant, accordant son violon, du Salon triennal de i883, oeuvre de magistrale et spirituelle habileté dont les reproductions se sont multipliées. Les choses musicales, pour le dire en passant, l'ont plus d'une fois, et fort heureusement, inspiré ; à côté de son Mozart, nous rappellerons les figures du Chant et de la Musique qui, avec la Chasse, forment à l'Hôtel de Ville sa contribution sculpturale. Peut-être conviendrait-il aussi d'ajouter que son buste de Marmontel est l'un des mieux traités et des plus caractéristiques qu'il ait produits.

Que d'oeuvres encore il conviendrait de mentionner ! Les figures de l'Hôtel Païva, les bas-reliefs du pavillon Marsan, la Fileuse, si souvent reproduite, du Luxembourg, le tombeau de M me E. D. pour la yille de Lima, le Biaise Pascal de la Sorbonne, l'Electricité (pour la Galerie des Machines, en 1889), la sculpture qui orne le tombeau de Guillaumet au cimetière Montparnasse, cette Jeune Fille de Bou Saada, gracieuse petite Orientale qui effeuille des fleurs dans un geste empreint de tant de charme mélancolique et de résignation émue ; — la Jeanne d'Arc de Rouen, Y Anatole de la Forge, du Père-Lachaise, les Nubiens du Muséum, le monument Carnot à Bordeaux, celui d'Emile Augier, sur la place de l'Odéon, les figures de la Mairie de Neuilly. On connaît ses deux pendentifs de l'avant-foyer de l'Opéra, la Serrurerie et la Maçonnerie, mais, ce que l'on ignore généralement, c'est que, tout jeune, il a, sous la direction de Garnier, travaillé, pour ce monument, à un grand nombre d'ornements (masques,

cartouches, etc.) qui sont demeurés pour le public à l'état d'œuvres anonymes.

Nous avons déjà cité de ses bustes. Il ne faudrait pas oublier ceux de Jules Favre, de Munkaczy, de Dufaure, d'André, etc. La série des petits bronzes et statuettes nous fournit la Fortune et l * Amour \ la Revanche de Psyché, la Bacchante exposée en 1891, etc., etc.

Mais une mention tout à fait à part est due au groupe des Premières Funérailles. Exposée d'abord en plâtre, l'œuvre, quelques années après, fut donnée en marbre. A ce sujet, M. Lafenestre assurait qu'elle avait subi « avec un entier succès l'épreuve redoutable de cette transformation » . Les acteurs des Premières Funérailles, ajoutait-il, « ont pris un accent plus dramatique et plus poignant en revêtant des formes plus réelles et plus frémissantes ». Donnons une brève description de cet ouvrage, présent, du reste, à toutes les mémoires : « Adam s'avance, portant devant lui le cadavre d'Abel, dont il soulève les épaules sous son bras gauche et serre les deux jambes pendantes dans son bras droit. Près de lui, à sa gauche, se tient Eve, penchée sur le corps de son fils dont elle soulève la tête de la main gauche en posant les lèvres sur ses cheveux. Derrière eux, une touffe de plantes. » Les comptes rendus des délibérations du Conseil municipal de Paris nous ont récemment appris que M. Quentin-Bauchart avait, au nom de la quatrième Commission, demandé et obtenu le transfert de ce groupe remarquable au Petit Palais.

Nous citions ci-dessus la Fondation de Marseille. C'est

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