CHAPITRE VIII POUR QUELLES CAUSES UN MARIAGE PEUT ÊTRE RESCINDÉ
Si le mari accuse sa femme d'adultère et prouve qu’elle soit telle par témoignages ou indices suffisants, demandant d'être séparé d'avec elle, qu'on le lui octroie : et en cas qu'elle s’absente qu'on lui octroie lettres de proclamations, et à faute de comparoir et de se justifier de l'accusation de son dit mari, que lui soit mis en liberté s’il persiste en sa demande.
Combien qu'anciennement le droit de la femme n'ait point été égal à celui du mari en cas de divorce, toutefois, puisque selon le témoignage de l'apôtre l'obligation est mutuelle et réciproque quant à la cohabitation du lit, et qu'en cela le mari n’est point moins obligé à la femme que la femme au mari, si un homme est convaincu d’adultère et sa femme demande d'être séparée de lui, qu'il lui soit aussi bien octroyé, si elle ne lui veut pardonner, ainsi qu'elle persiste en sa demande. Toutefois, si l’une des parties était en coulpe évidemment d'avoir fait tomber l’autre en adultère, ou qu'il se vérifiàt que quelque fraude eût été faite tendant à fin de divorce, en un tel cas ne sera reçue la partie intéressée à demander divorce. Ce que dessus ayant tellement lieu, que ce soit sans préjudicier à la loi civile ci-devant faite contre les adultères.