CHAPITRE IX DES DIFFÉRENDS DANS LE MARIAGE
Que le mari et la femme aient mème habitation et tiennent ménage commun. Et s’il advient que l'un se retirat d'avec lautre pour vivre à part, qu'on l’en avertisse particulièrement, et si le scandale est public et continue, qu’on l'appelle en Consistoire avec sa partie pour l’induire à faire bon ménage : s'ils n'obéissent, que celui à qui il tiendra soit renvoyé devant le Magistrat pour le contraindre à faire son devoir.
Si un mari ne vit point en paix avec sa femme, mais qu ils aient questions et débats ensemble tournant à scandale public, tellement que les admonitions particulières n’y aient point de lieu, qu’on les appelle pour leur remontrer leur faute, et qu’on les exhorte à vivre en bonne paix et concorde à l'avenir. S'ils obéissent qu’on se contente. Si on s’apercoit qu'ils continuent en mal, qu’on leur réitère derechef les mêmes remontrances plus vivement. Et si cela ne profite, alors que la Cène soit défendue à la partie à laquelle il tiendra, et icelle renvoyée au Conseil pour y pourvoir.
Si on connait qu'un mari traite mal sa femme, la batte et la tourmente, ou la menace de lui faire quelque outrage, et qu’il soit connu homme de colère désordonnée, qu'il soit renvoyé devant le Conseil, pour lui faire défense expresse de ne la plus mal traiter, sous certaine punition.