‹ L'E?glise de Gene?ve, 1555-1909;Chapitre 29 sur 170 · HONORAIRES · texte numérisé non relu

HONORAIRES

Conseil et en théorie du moins, ce rang ne leur fut Jamais contesté. Si nous parlons ici de ce privilège, c'est que les théologiens du Réveil ont pris prétexte des contestations qui s élevèrent souvent quant au rang des pasteurs de la campagne, pour avancer que ces derniers étaient tenus en sujétion par les pasteurs de la ville. IT y a là une confusion ou une erreur que nous relevons. La Compagnie n'a jamais cessé de soutenir que tous les membres étaient sur le même rang !. Et si le modérateur n'était pris que parmi les pasteurs de la ville, c'est que, vu l'éloignement des postes de campagne et le fait que les portes de la ville se fermaient de bonne heure, il était indispensable que le modérateur habität la ville ?.

3. Honoraires. — Les honoraires des pasteurs ont toujours été à Genève des plus modestes. Viret avait 400 florins avec un logement. Ses collègues avaient les uns 300 florins, quelques autres moins encore. Cependant le traitement normal d'un pasteur et d’un professeur à Genève au XVI° siècle était bien de 400 florins soit 184 francs. Comment traduire ces chiffres en valeur d'aujourd'hui? C’est très difficile, car le prix de l'argent a beaucoup varié. Dans une étude sur la valeur de l'argent, Th. Heyer disait en

! Reg. de la Compagnie, passim, et spécialement : Reg. 1690, p. 250. 1697, p. 370 et 1698, p.125. Voir aussi Burxer, L'Affaire du Chapeau. Revue historique vaudoise, 190%, p. 171-213 et 225-237.

* Jusqu'en 1849, le préteur, ou président des proposants en théologie, ne devait pas s'absenter de la ville le samedi, afin de pourvoir, le cas échéant, aux vacances qui surviendraient parmi les lecteurs préposés au service du dimanche.

DES PASTEURS 79

1869 que le traitement de Viret équivalait à peu près à 4000 francs et que l'on pouvait estimer son logement à 1000 francs!. Calvin dès son retour de Strasbourg, en septembre 1541, fut payé en raison de 500 florins par année, soit 230 francs. On lui donnait en outre du blé et quelquefois du vin. Si l'on évalue son logement à 1200 francs, on arrive à un traitement total d'environ 6500 francs. Ce traitement, qui n'avait certes rien d'exagéré, n'était aussi élevé qu'en considération des charges supportées par le réformateur par suite du grand nombre d'étrangers qui frappaient à sa porte.

En 1552, le traitement normal était donc de 400 f1. En 1570, il fut porté à 500 fl. En 1577, il fut élevé à 600 fl.: en 1593, il était fixé à 800 florins avec 20 coupes de blé (la coupe valait 16 hectolitres). En 1619, la coupe était estimée à 14 florins.

Dès 1629, le logement des pasteurs était évalué à 120 florins et bientôt après à 150 florins. Quant au traitement, on l'avait augmenté de 200 florins en 1624 et 1625. En 1640, nouvelle augmentation de 200 florins. Dès lors le chiffre ne varie pas pendant un demisiècle. Il reste fixé à 1200 florins et 28 coupes de blé.

En 1696, la Compagnie demandait que l'indemnité de logement füt portée à 300 florins. Le Conseil des Deux-Cents s'oceupa de cette question et les honoraires furent alors fixés à 1600 florins pour les pasteurs qui avaient la jouissance d'un logement, et à

1 Un florin était égal à 46 centimes. Voir Th. Hexer, De la valeur de l'argent, M. D. G.. t. XVII, p.121 etsuiv.

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