‹ L'E?glise de Gene?ve, 1555-1909;Chapitre 39 sur 170 · SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE · texte numérisé non relu

SOUS LA RÉVOLUTION ET L'EMPIRE

«cœur! ». La direction suivie par J.-A. Turrettini, était sans doute incomplète ; mais toutefois, ajoute Cellérier, «elle fut salutaire, elle prépara heureuse- «ment l'Eglise de Genève pour la grande lutte de la « fin du siècle contre l’incrédulité ».

« Que fut-elle devenue alors, cette Eglise de Ge- «nève, si elle n’eùt eu à opposer à l’action délétère « de Voltaire et des siens que l'esprit exclusif, étroit, «scolastique et absolu du Synode de Dordrecht?. »

J.-A. Turrettini avait débuté par la chaire d'histoire ecclésiastique, dont il fut le premier titulaire. A la mort de Louis Tronchin [T|, en 1705, il lui succéda comme professeur de dogmatique. Ses collègues sont des savants, « préparés aux chaires d'exégèse € par un stage dans celle de grec ou d'hébreu, même «dans toutes les deux ». C'est d’abord son jeune cousin Samuel Turrettini, l'héritier de sa propre pensée, dont il a dirigé avec soin les études à Genève et à l'étranger. C'est ensuite Antoine Maurice {1}, passé de la chaire de belles-lettres à celle d'hébreu et appelé en 1724 à celle de Bénédict Pictet, tandis que lui-même est remplacé comme professeur de langues orientales par Jacques-Théodore Le Clerc, hébraïsant de premier ordre. À la mort prématurée de Samuel Turrettini, c'est le pasteur Jacob Bessonnet qui est nommé. On a de lui un volume de sermons. « C'est, remarque M. Borgeaud, un prédicateur parvenu à

1 Par sa théorie sur les articles fondamentaux il touche à la vérité, puisqu'il finit par reconnaitre que les articles fondamentaux sont ceux que la conscience admet comme tels.

? Cu. Borceaun, op. cit., t. I, p. 545.

Page 1