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III. Effets physiologiques de l’eau aniére de

Friedriclishall.

L’eau amère avalée agit premièrement sur la mem-

braire muqueuse -de l’estomac, et ensuite sur les organes ;plus éloignés, et l’on pourrait distinguer uue action locale ■ et une action générale de cette eau; mais comme une .action locale, par exemple sur la peau extérieure, ne se ; manifeste que lorsque l’eau reste pendant quelque temps ren contact avec elle , et l’eau amère étant bien vite I résorbée dans l’estomac, l’action locale de l’eau sur la I membrane muqueuse d’un estomac sain est quasi nulle.*^*) tCe qui prouve que l’action locale sur la membrane mu- -queuse de l’estomac ne saurait être décisive, c’est que icette eau agit à peu-près de la même manière, soit qu’elle ssoit bu toute pure, c’est-à-dire, dans son état ordinaire ide concentration, soit qu’on la boive délayée, pourvu que il’on en avale la somme égale de ses éléments constitutifs. .'Nous admettons donc que l’action de cette eau amère, i prise dans son état ordinaire de concentration et en des I doses modérées, n’est jamais exclusivement locale, mais l.que cette eau est résorbée, qu’elle circule avec le sang

^ *) Ce que beaucoup de médecins appellent effets physiologiques des ■remèdes, n’en sont, proprement dit, que ses effets vénéneux. Les effets ! physiologiques des remèdes ne sauraient, selon nous, être observés que dans les fonctions normales pendant l’usage de ces remèdes , et médiateracut dans les effets thérapeutiques.

**) .Si la membrane moqueuse de l’éstomac est déjà altérée , l’eau 1 amère produit sans doute un effet local, et allers souvent Féstomao no la •supporte pas toute pure; il la faut donc délayer.

dans tout le corps et que, dans le sang, elle agit sur le système capillaire ou les nerfs trophiques. Nous ne pouvons pas dire précisément de quel genre est cette influence , mais toutes les observations qu’on a faites à ce sujet, indiquent assez que ses effets immédiates manifestes sont d’agir sur la circulation du sang, sur la sécrétion, la résorption et le changement de substance. -^)

Ces effets varient selon la diversité de la fonction physiologique des organes, comme nous le ferons voir plus tard. Ces effets dans les divers organes doivent nécessairement produire un effet correspondante dans tout le corps , et c’est là l’origine des effets secondaires de l’eau amère , les actions indirectes sur l’organisme entier. Si, par exemple, une meilleure digestion se manifeste comme effet primaire, elle sera sans doute suivie d’une meilleure hématose et d’une meilleure nutrition comme effets secondaires.

Nous allons maintenant examiner les effets primaires de l’eau amère dans les divers organes.

L’action de l’eau amère de Friedrichshall se manifeste dans l’estomac premièrement par une augmentation d’appétit; c’est pour cela que dans les environs de Friedrichshall cette eau porte le nom d'eau d'appétit-^ et en second lieu par une amélioration de la désgestion. Dans le canal intestinal, elle se manifeste par une excrétion plus facile et plus régulière, qui, après des petites doses, continue d’être normale, après des doses plus grandes, devient molle, et après des plus fortes doses, devient séreuse. -

*) Personne ne voudra nier qu’entre l’attouchement d’une membrane par l’eau amère et la sécrétion , la résorption , la circulation du sang &c., il doive y avoir une action mediaire, qui effectue la liberté et la régularité do la sécrétion, de l’absorption de la circulation du sang &c. — Cette action médiaire , que nous no connaisons pas encore , et qui pourrait bien être un procédé de diffusion, est, à la rigneur, l’action primaire. Mais ne vonlant pas pousser la distinction trop loin, je me contenterai de qualifier les actions ci-dessus mentionnées comme effets primaires.

ii;

L’action sur les organes bilieux se manifeste d’abord :par la quantité de matière bilieuse renfermée dans les Sjtexcrénients effectués par cette eau; ensuite par ses effets : thérapeutiques dans la jaunisse, le gonflement du foie etc. :On peut dire avec assurance que l’eau amère de Fried- ^irrichshall facilite d’une manière toute particulière la ciriCulation du sang dans le foie, la sécrétion et la déri- . ration de la bile pendant qu’elle favorise la résorption au dehors des canaux biliaires.

Les -effets de cette eau sur le pancréas et sa sécréjttion sont encore inconnus faute d’observations spéciales sur cet objet. Bailleurs je ne connais qu’un seul cas, :]ue j’ai observé et publié dans la Gazette médicale triîiiestrielle de Prague, dans lequel j’ai cru reconnaître une inllamation du pancréas avec la cessation de sa sécrétion, 3t que j’ai guéri avec l’eau amère de Friedrichshall, après que les autres remèdes se fussent montrés impuissants.

Les effets sur les organes urinaires s’annocent par Iji.ane augmentation modérée de sécrétion urinaire, et si, îomme Mr. le docteur Strumpf le prétend, l’urine s’altère Mussi, cette assertion né vaut que pour des urines norbides. D’ailleurs l’effet thérapeutique de l’eau amère 3ur les organes urinaires indique clairement son effet physiologique; car la diurèse produite par cette eau était issez forte pour évacuer l’eau dans quelques cas d’hydropsie abdominale. Il y a aussi quelques cas d’albuminurie avec oedème qui ont été guéris par l’eau amère. Il est donc constaté que l’eau amère de Friedrichshall, mutalis muian- Iis, produit sur les reins tout-à-fait le même effet que îur l’estornae et les organes biliaires. Si, pour appuyer la vérité de cette assertion, on voulait aussi alléguer qu’en faisant usage de cette eau, on fait disparaître l’acide ^urique superflu, je me permettrais d’observer que cette

I altération no procède pas des reins, mais qu’elle a une autre origine à laquelle je reviendrai plus tard.

L’effet physiologique de cette eau sur les organes de la respiration se manifeste par les faits suivants: d’abord Mr. le docteur Strumpf prétend que l’usage de l’eau amère de Friedrichshall rend à la voix couverte sa pureté et son timbre, qualité inappréciable pour les chanteurs et les cantatrices.

Elle est aussi un remede efficace contre différentes affections catarrhales , et selon le docteur Bartenstein, cette eau s’est montrée efficace contre la pinguigénésie excessive, ce qui prouve, qu’elle effectue une combustion complète du carbone dans les poumons.

Un effet important de l’eau amère de Friedrichshall est celui qu’elle produit sur tout le système capillaire. J’ai déjà observé plus haut que pendant l’usage de cette eau la quantité excessive de l’acide urique dans l’urine disparaît entièrement. Nous devons cette découverte à Mr. de Liebig, qui observa cet effet déjà le troisième jour du traitement où il vit disparaître en même temps l’acide " phosphorique jusqu’ à la moindre quantité. MM. Grifith, d’Alquen et Bartenstein ont fait à Londres des expériences microscopiques sur l’urine et la découverte de Mr. Liebig s’est trouvée constatée. La formation de l’acide urique a sans doute lieu dans le système capillaire, et si , selon l’opinion de Mr. Liebig , l’acide urique est le résultat d’un procédé imparfait ou insuffisant d’oxidation, ; on peut conclure de l’effet de l’eau amère de Friedrichshall sur l’urine, qu’elle favorise et facilite le procède ; d’oxidation dans le système capillaire des poumons et de ’ la peau. Mais en laissant l’opinion de Mr. Liedig indécise, il est toujours certain que la formation de l’acide : urique tient au procédé de la mue, qu’elle ne s’effectue ! pas seulement dans les poumons, mais aussi dans les i vaisseaux capillaires de la peau etc., et que, si. elle est j excessive, elle indique un dérangement dans le procédé j de la mue, et que par conséquent l’eau amère de Fried- j richshall qui favorise le procédé de la mue, peut être

. qualifié sous ce point de vue du nom de remède dépu- -ratif. Une preuve de plus pour l’action de cette eau Liamère sur le système capillaire dans toute son étendue, L'c’est qu’elle rend la peau plus molle et lui donne un [«teint plus vife et plus frais.

Une action secondaire de l’eau amère est le senti- [iment agréable du bien-être, la disposition libre et gaie de l’esprit, le goût des occupations corporelles et intellectueslles, la corroboration des muscles et le sommeil doux et .tranquille.

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