IV. Effets thérapeutiques de l’eaù de Friedrichshall
1) Effets dam les maladies des organes et des système»
parlicuUers. '
A3 Effets thérapeutiques dans les maladies des membranes muqueuses et des glandes.
a) Maladies de l'estomac.
L’eau amère , comme nous l’avons déjà observé^ améliore l’appétit et la digestion, efe^sous ce rapport, elle s’est montrée efficace, soit que le dérangement des fonctions de l’estomac provienne d’un péché diététique, d’une consommation excessive de bière, d’un catarrhe stomacal, soit qu’il vienne de la faiblesse des organes digestifisi émoussés par la vieillesse. C’est surtout contre les nausées causées par la consommation excessive de vin ou de bière que se manifeste l’efficacité de l’eau amère de Friedrichshall , et Mr. le docteur Strumpf recommande préférablement cette eau contre l’atonie des fonctions di-f gestives des ivrognes;^ si l’indigestion est accompagnée^ d’éructations septiques, Mr. Strumpf conseille de couper^ l’eau amère avec de jus de citrons. Cependant si l’eaufj amère augmente l’appétit, il y a aussi des cas où ellelj guérit la faim canine, ainsi que Mr. le docteur Schneider,| membre du conseil de santé à Pulda, nous assure de|l l’avoir observé. ^
*) Pendant l’espace de dix ans, j’ai fait des expériences et des obser-* Tâtions, nombreuses sur cette eau amère, et en alléguant les nombreuses observations des autres, c’est pour compléter le nombre des faits et d’ob-J vier au reproche de la prévention et de l’exagération. j
Du catarrhe stomacal à la gastrite chronique il n’y ,i qu’un pas, et il ne faut pas s’étonner, si l’eau amère le Friedrichshall se montre aussi efficace contre cette iialadie. MM. Bartenstein , Dorsch à Fulda et Strumpf, .linsi que moi-même, nous l’avons èmployée avee succès dans ces cas. Mr. Strumpf cite un cas où des douleurs p^astriques, causées par la glace prise p^idant que la corps ritait écliaiifié, ont été guéries en peu de temps par cette ‘.;au, bien que le mal eût déjà duré pendant deux ans. .Jn autre cas encore plus surprenant que Mr. Strumpf Il observé est celuv d’un jeune homme de vingt-trois ans, qui depuis dix-huit mois souffrait des douleurs gastriques très vives, de la Soda et des vomissement, lesquels reveni lient régulièrement une heure après le repas, de sorte que la malade ne pouvait plus supporter d’autre aliments i>(u’un peu de lait; son estomac était tellement sensible [i(u’il éprouvait des douleurs en s'étendant dans son lit.
malade fut délivré de son mal en prenant, pendant nuit jours, le matin et le soir, un verre à vin rempli ’eau amère de Friedrichshall. Néanmoins je ne d.ois pas fêler que dans deux cas que j’ai traités, et où les symto^ les d’une gastrite lente étaient accompagnés de constinations, l’eau amère de Friedi’ichshall même coupée avec «e l’eau douce à quantités égales ne put pas être supcortée, et que je fus obligé d’employer le nitrate d’argent te qui emporta le mal en très peu de temps.
Mr. Bartenstein à guéri avec cette eau quelques cas te vonaissements chroniques accompagnés de dépérissement, et il assure qu’il a fait disparaître aussi pour uelque temps les vomissements si cruels du cancer de ►estomac.
Maladies du canal intestinal.
L’eau amère de B’riedriclishall est un remède puisint contre les constipations passagères et habituelles, •mployée conformement aux circonstances, elle guérit
les constipations habituelles non seulement pour le temps qu’on en fait usage, mais radicalement et sans aucuu effet secondaire désagréable. Seulement contre les constipations causées par une asténie des muscles intestinaux l’efficacité de cette eau , employée exclusivement , sera toujours douteuse ; mais on atteindra son but en joignant à l’eau amère de petites doses de faba sancti Ignatü ou de rmx vomica.
Mr. Strumpf vante encore l’efficacité de l’eau amère contre les blennorrhées du canal intestinal.
c) Maladies du pancréas.
J’ai cité plus haut un cas d’inflammation chronique! du pancréas, guéri par l’eau amère. Il y avait là tous les symptômes indiquant une affection du pancréas, savoir: le manque d’appétit, des douleurs s’étendant sur toute la poitrine et accompagnées de reserrements, le dépérissement, une disposition d’esprit très triste, le teint terreaux etc.; un seul symptôme manquait, c’était la graisse dansi les selles. Tous les remèdes stomachiques restèrent sans résultat, mais l’eau amère emporte le mal en peu de temps.
d) Maladies du foie.
L’eau amère de Friedrichshall guérit promptement^ le simple jaunisse, ainsi que l’enflure du foie avec ou sans, la jaunisse. Mr. Bartenstein a guéri moyennaut l’eau amère un accroissement du foie qui s’était montré à la. suite du typhus et auquel s’étaient jointes l’hydropisie abdominale et l’hydropisie de poitrine. Ce même médecin a guéri encofe avec l’eau amère un accroissement du foie accompagné d’hydropisie abdominale, suite d’une fièvre tierce. Mr. Pfrenger, médecin à Cobourg, a guéri, également une jaunisse accompagnée d’une affection, grave des membranes muqueuses de la trachée-artère, la-j quelle était aussi la suite d’une fievre intermittente qui s
i iTait duré pendant neuf mois. Enfin Mr. Schneider, i!nembre du conseil médical, assure qu’il a guéri ex- I !lusivement avec l’eau de Friedrichshall trois cas de j aunisse accompagnées d’induration du foie le foie étant [ilur comme une pièrre. Ce même médecin a vu aussi une I émme délivrée de six concrétions biliaires de la gros- :*teur d’un pois après avoir fait usage de l’eau amère.
Maladies des organes urinaires.
L’eau amère de Friedrichshall a fait sortir de quelques malades des «grains calculeux et de petites pierres, ùlr. Naumann, professeur de médecine à Bonn, a guéri i.vec cette eau amère, employée pendant cing semaines, liieux malades qui souffraient de l’albuminurie accom- :»agnée d’oedème dans les membres inférieurs. Enfin l!/lr. le docteur Jean Weber a guéri avec l’eau amère de • '’riedrichshall, le catarrhe de la vessie qui jusqu’ à preeent a risisté, comme on sait, à tous les autres remèdes natérieurs.
P Maladies des organes de la respiration.
Il y a un grand nombre de catarrhes pulmonaires Ihroniques qui ont été guéris par l’eau amère de FrieditichshaU, et Mr. le professeur Naumann à Bonn a emlloyé cette eau avec un succès brillant contre la grippe [pidémique; il n’en ordonna toutes les deux heures qu’une uiillère à soupe.
B) Maladies du système vasculaire.
Selon les observations de Mr. le professeur Naumann, feau amère de Friedrichshall est un remède sûr contre jtte irritabilité du coeur et des vaisseaux sanguins, u’on trouve surtout dans les jeunes individus des deux
t en res, et le plus souvent vers le temps de leur puberté, lais encore dans un âge plus avancé. Cette irritabilité
est accompagnée de plusieurs circonstances qui devieii- j nent insensiblement des maux idiopathiques. !
Tantôt ce sont des maux de tête violents avec afflux du sang vers la tête, lequel ne cesse qu’ à la suite d’un fort saignement du nez. Tantôt c’est un enchainement d’affections catarrhales aiguës accompagnées de battements accélérés du. coeur ^ d’une toux sèche et dont les accès, se répètent comme par paroxisme, d’un mal de tête, sourd dans le front, et d’une sécrétion sereuse abondante^ dans le nez. Tantôt c’est les battements du coeur, l’anxiété, la compression dans la région supérieure du ventre, les constipations, enfin des vidanges apres et bilieuses, causant des coliques. L’eau amère de Friedrichshall à< doses médiocres, prise par intervalles, ou alternativemenh et melée d’eau d’amendes amère ou de vinaigre de digitale, a fait preuve, dans ces cas, de sa grande efficacité.
Cette eau est surtout bonne contre les afflux du sang: vers la tête ou la poitrine. Les individus qui pour ces> afflux de sang s’étaient accoutumés aux saignées, et qui par cela, ont empiré plutôt qu’amélioré leur état, ont; trouvée dans cette eau un remède satisfaisant. L’usage de» l’eau amère de Friedrichshall sert encore contre la pléthore dout la cause est encore si incertaine. Cette eai4 est de plus un bon remède pour évoquer et regler la^ menstruation des jeunes persoimes non anaemes et pouR en empecher les maux accesoirs. Elle se montre surtout^ très efficace dans les années climatériques quand la cessioni des règles occasionne des afflux de sang vers divers organes et produit divers maux quelquefoi aussi dangereuxj que douloureux. Je ne connais de rèmedes contre ces| accidents qui soit préférable à l’eau amère. |
11 ne faut pourtant pas s’étonner si parfois elle reste^j sans résultat dans ces cas-là ; je l’ai éprouvé moi-même. IVIaid y-a-t-il un remède qui guéi'isse toujours et infaiUiblement ijl l)e plus, l’eau amère de Friedrichsliall est aussi d’un|^ effet très salutaire dans les pei’tes de sang. Mr. Bai-tensteinji
, observé deux cas de ce genre. D’abord une femme, gée de quarante ans, souffrait depuis dix ans, régulièrelent au printemps de vomissements de sang avec des ^lles sanguinolentes. Au mois de février cette maladie tait précédée de taches de sang qui couvraient tout le Até gauche de la malade. Depuis quelques années, dès lie les taches de sang se montrèrent, Mr. Bartenstein fit rrendre à la malade pendant quinze jours tous les matins me tasse d’eau amère de Friedrichsha'll , et les vomisements de sang cessèrent. L’année d’après il n’ordonna eau amère que lorsque les vomissements de sang purent if.venus; la malade prit toutes les trois heures unè cuil- '^re à soupe d’eau amère; les vomissements cessèrent dès •s premières doses, les celles sanguinolentes disparurent ■a peu de jours, et dans huit jours la femme fut enèrement guérie.
L’autre malade qui souffrait de vomissements de sang l '^compagnés d’un accroissement de la rate fut également suéri par l’eau amère prise par cuillenes."**^)
C) Maladies du système nerveux.
L’eau amère de Friedrichshall ne produisant point iir le système nerveux d’éffet physiologique direct, elle t î saurait guérir aucune maladie de nerfs idiopathique. ;arcontre elle exerce une influence bénigne sur toutes is névroses qui ont leur source dans une circulation du ung anomale, dans des congestions cérébrales, dans des naladies hypogastriques ou dans la diathèse du sang. Je '.3 citerai pas ici les diverses névralgies contre lesquel- ^ l’eau amère a été d’un effet puissant; je ne m’appuirai pas non plus sur ce que quelques observateurs l’ont inployée avec succès contre plusieurs maladies convul-
I’) D’aprft* tme notice dans l'Union medicale dn 31. Ao{it IS.Oi, Mr. >arg€oi» d'Étampet a guéri l’héniatémèae avec dea purgalifa salins.
sives d’enfants causées par une digestion dérangée; mais^ je crois devoir remarquer que dans les maladies menta-i les où les moyens dérivatifs ou des resol ventia sont indi-} qués, cette eau est d’une efficacité puissante. Aussi est-^ elle en usage dans beaucoup de maisons des aliénés, entre autres à celles de Bamberg, deBendorf, d’Erlangen, de Halle., d’Hildburghausen , de Stadtbuge, de Sachsenberg; et Mr. Erlenmayer, proprietaire et directeur d’une», maison de, santé àBendorf près de Coblence déclaré cetta eau préférable à toutes les eaux minérales pour son efficacité dans les cas analogues. Outre cela je dois encore observer que d’après le témoignage de Mr. Damerow à« Halle et de Mr. Harnisch à Hildburghausen , les mêmes doses d’eau amère de Friedrichshall suffisant aux aliénés comme aux autres malades, tandis que d’autres rjemèdes, comme on sait, doivent être donnés aux aliènes à des doses plus fortes.
2) Effets thérapeutiques dans les maladies constitufioneUes
et les dyscrasies.
Dans toutes les maladies aiguës ou fiévreuses, où lea purgatifs les dérivatifs réfrigérants et les résolvants sonfifl indiqués, l’eau amère de Friedrichshall mérite une recom-l mandation particulière, parce que prise même à des doseaj relativement très petites , elle produit les effets désirésJ On l’emploie avec succès contre l’erysipèle non seulement comme purgatif rafraichissant, mais aussi à cause de son influence particulière sur le foie. Donnée à petites dosea dans la fièvre scarlatine , la rougeole et les varioles, ella ne sera non seulement pas nuisible; mais elle favorisserai l’effet des autres remèdes. Jusqu’à présent il ne m’estt pas encore possible d’appuyer par des observations satis-» faisantes mon opinion sur la reaction de cette eau contrel les affections des reins dans la fièvre scarlatine, et dea poumons dans la rougeole ; pour cela il faudrait pouvoir alléguer' un grand nombre de faits. Mais quel est l’effet||
de cette eau dans le typhus abdominal? Cette question mérite une attention particulière. En France, suivant MM. Bretonneau et Delaroque, on emploie souvent alternativement l’eau amère de Saidscliitz avec le tartre émétique contre le typhus abdominal avec assez de succès, car suivsnt les registres stastistques cette méthode curative ne présente qu’un mort sur huit individus guéris, tandisque tous les autres remèdes indiqués en Allemagne et en France contre le typhus abdominal eurent des résultats beaucoup moins satisfaisants. Mr. Schônfeld, médecin à Charléroi, en Belgique, a aussi employé l’eau amère de Friedrichshall" contre le typhus abdominal et il assure qu’il en a obtenu non seulement des succès satisfaisants, mais qu’il a abrégé avec cette eau la durée de la maladie qui s’était annoncée par des symptômes alarmants.
Enfin je me permettrai de parler aussi du choléramorbus. Après que MM. Stevens et Aran ont employé avec succès le sel de cuisine comme potion et dans les lavements contre les formes les plus violentes du choléramorbus; et après que Jules Guyot, Lauzer, Bourgeois
d’Etampes ont trouvé le sulfate de soude et l’eau de 'Sedlitz, et Goblier le citrate de magnésie, si efficace contre le stadium phlegmarrhoique du choléra-morbus et même
■ dans le choléra entièrement développé , il n’est pas douteux que l’eau amère de Friedrichshall si riche en chlorure de sodium, en sulfate de soude, en magnésie, donnée à petits doses souvent réitérés, doive être très
■ efficace tant que la résorption ne sera pas tout-à-fait arrêtée. Mais faute d’obsorvations positives sur ce sujet, je me contenterai de l’avoir indiqué.
Parmi les maladies chroniques ce sont surtout les hémorrhoides qui cèdent à l’action salutaire de l’eau ! amère de Friedrichshall. J’ai observé moi-même beau- 'coup de cas où des individus, entièrement déchus de corps ' et d’esprit ont recouvré en peu de temps moyennant cotte •eau salutaire leurs forces physiques et morales, et qui
dans la jouissance de leur bien être et dans la sérénité de leur ârne goiltaicrit le plaisir d’une existence rajeunie. Ces cas sont d’ailleurs trop fréquents pour avoir besoin d’être examinés de plus près. L’eau amère écarte le dérangement des organes sécrétoires du bas ventre et du système de la veine-porte ; elle annulle les effets indirects, de ces maladies abdominales et améliore la digestion et la nutrition.
Les effets de cette eau sont par fois encore plus sursprenants, lorsque la maladie hémorrhoidale occasionne des congestions plus fortes dajis l’un ou l’autre organe, et je ne puis m’empêcher d’en citer quelques exemples. Mr. Schneider, membre du conseil de santé à Fulda, dit en parlant de lui-même , qu’à cause de ses hémorrhoïdes et de sa pléthore sanguine , accompagnées de fortes congestions dans la tête et la poitrine, il a été obligé tous les ans à se faire saigner plusieurs fois et de mettre des sang-sues derrière les oreilles et sur les tumeurs hémorrhoïdales ; mais que dépuis qu’il fait usage de l’eau amère de Friedrichshall, il peut se passer de saignées. Mr. Dotzauer, membre du conseil de santé àBaireuth, a guéri en quatre semaines avec l’eau amère de Friedrichshall un homme de 38 ans qui par suite de sa pléthore sanguine et de son hemostasie ou stagnation du sang dans le bas ventre souffrait du dérangement de la circulation du sang, d’étourtissements, de maux de tête, de compressions dans la poitrine, d’un pouls irrégulier et souvent interrompu, et qui entre autres remèdes avait aussi fait usage de l’eau de Kissingen sans, en obtenir de résultat. L’usEtge de l’eau amère amene une fluxion hémorrhoidale modérée, et les symptômes ci-dessus nommés disparurent sans retour.
Un employé, âgé de 48 ans, qui ne s’était jamais livré à aucune espèce de débauche, qui vivait heureux avec sou épouse avec laquelle il avait engendré des enfants, sains et bien faits, eût, sans qu’il put en de-
' viner la cause , des émissions de sperme nocturnes, suivies chaque fois de fortes congestions cérébrales, do sorte que lui, ainsi que sa femme allarmée, craignirent une hémorragie cérébrale, d’autant plus que le visage du malade était extêmement rouge, meme livide, :sa tête chaude et son esprit déprimé. Plusieurs médecins avaient déjà employé contre ce mal divers remèdes qui tous restèrent sans résultat, même le fameux instrument, .dont les feuilles publiques ont tant prône l’utilité, et dont, i pour l’honneur de notre science, il n’est guère fait menition dans les journaux de médecine. Je présumai des con- ‘.gestions hemorrhcàdales vers le col de la vessie; j’ordon- ■nai de l’eau amère de Friedrichshall , et dans peu de jours le malade était guéri.
A côté de la maladie hemorrhoïdale vient se ranger ;la goutte qui lui est apparrentée. Dans la goutte, du tmoins dans ses commencements , le sang abonde en acide lurique. Mais comme l’eau amère de Friedrichshall, ainsi «que nous avons vu plus haut, chasse vite l’acide urique >superflii de l’urine et par conséquent aussi du sang, il test donc clair qu’elle supj>rime la source de la forination [[jathologique de l’acide urique, et de la on peut connaître «d’avance, que l’eau amère de Friedrichshall sera un re-
Iimede puissant contre la forme sthenique de la goutte ((arthritis validorum), et en effet l’observation a constaté Ida vérité de cette conclusion; MM. les docteurs Winterich tet Wbblherr à Erlangen ont guéri rndicalement la goutte î[)ar cette eau.
Selon l’assertion de M. Bartenstein l’eau amère de 1 Friedrichshall doit aussi être efficace contre les scrofules ice qui s’explique par le bromure de magnésium qu’elle vcontient. Cependant je n’ai pas les faits necessaires pour ■«constater cette propriété de l’eau amère.
I Parmi les divers empoisonneincjits, c’est la colique de ij plomb contre la (pielle l’eau amère est d’un efficacité • constatée. Elle agit ici non seulement comme moyen
relâchant, mais aussi comme réactif chjmique, ence que i l’acide sulfurique contenu dans le sulfate de magnésie i se lie à l’oxide de plomb qui se trouve dans le corps, ef le change en un sel insoluble.
3) Leau amère de Friedrichshall comme adminicule ou comme moyen préparatoire à d'antres eaux minérales.
Dans la plupart des bains d’eaux minérales de l’Allemagne, comme dans ceux d’Aix-la-Chapelle, de Burtscheid, ; de Bade (dans le grand-duché de ce nom), de Bade (en Suisse), de Bade (près de Vienne), de Gastein, de Teplitz, ; de Warmbrunn, de Wiesbade, de Wildbad, et dans près- , que tous les bains de mer depuis Swinemunde jusqu’ à Ostende, l’eau amère de Friedrichshall sert comme ad- i miniculer Dans ces bains on ordonne cette eau amère dans le but de faire disparaître tous ces symptômes contre lesquels l’eau du bain serait impuissante. Il n’en est pas de même des eaux acidulés ferrugineuses: plusieurs de i ces eaux, comme celle du Ragozy à Kissingen, celle de l’Elisabethen-Brunnen à Homburg, ne peuvent être supporteées par bien des personnes à cause de leur contenu ferrugineux , ^ce qui , au lieu d’évacuations , occasionne t des constipations et de fortes congestions cérébrales et pulmonaires. Si, deux ou trois jours avant de faire usage de l’eau minérale du bain , ces malades prennent journellement un demi verre d’eau amère de Friedrichshall, l’action sur le canal intestinal est préparée, et les malades supportent alors très bien l’eau ferrugineuse.
'V. Manière de faire usage de l’eau de Friedrichshall.
L’eau de Friedrichshall , ainsi que toutes les eaux :amères, ne fut ordonnée par la plupart des medécins . qu’en grandes doses ou comme laxatif. Cependant cette miéthode -ne permet qu’un emploi très borné de cette eau, icar la manière d’en faire usage doit se régler sur le but qu’on veut atteindre. Si nous avons en vue décarter sur iie champ une constipation, ou s’il s’agit de faire cesser le ;plus tôt possible de dangereuses congestions cérébrales ou pulmonaires ; ou bien, si, dans des maladies fiévreuses, inous voulons modérer l’irritation du système vasculaire jpar des évacuations proportionnées, ou si nous avous le dessein d’attaquer avec l’eau amère la maladie fiévreuse ælle-même, comme par exemple, le typhus abdominal Ou 1 '.’érysipèle, on fera bien sans doute d’ordonner l’eau amère em grandes doses , c’est-à-dire de 8 à 16 onces par jours, mais partagées en parties égales, jusqu’ à ce qu’on obienne les évacuations voulues; soit que le but principal 5^it atteint, soit que l’on continue de faire prendre ces
Iloses encore pendant quelques jours, soit enfin que la 7oie étant une fois frayée, nous continuions l’usage de ’eau à petites doses. Au contraire dans toutes les maladies chroniques, oû il s’agit d’exciter les fonctions des >rganes, de facaliter la sécrétion et l’absorption, de favo- .iser les excrétions, d’écarter les congestions, de résoudre tes accroissements, c’est alors qu’il faut considérer la maxime: „Gutta cavat lapidem non vi sed saepe ca- !lendo,“ et conformement à cette vérité, l’eau amère ne doit être ordonnée qu’en petites doses souvent réitérées ‘>endant un certain temps. Un demi verre à vin d’eau
amère pris le matin et le soir est la dose ordinaire pour le commencement de la cure; on peut meme commencer avec des doses encore moindres et la prendre par cuillères à soupe toutes les deux ou trois heures. Des que l’action de l’eau amère sur le canal intestinal se manifeste, il faut régler les doses de manière qu’il s’en suive une ou tout au plus deux selles molles par jour. Les selles séreuses doivent etre évitées. Dans beaucoup de cas l’usage immodéré de l’eau amère ne ferait qu’ affaiblir l’organisme sans accélérer la guérison. Meme dans les hydropisies qui sont la suite de l’accroissement de la rate ou du foie, les petites doses sont préférables aux doses laxatives, en ce qu’elles agissent plutôt diurétiquement et qu’elles raniment l’organisme plutôt que de le déprimer. Dans les hémorrhagies de l’estomac et dans les hémorrhagies intestinales, ainsique dans les vomissements chroniques opiniâtres, l’eau amère ne fut ordonnée que par cuillerées, mais répétées plusieurs fois par jour, et. le succès a justifié cette méthode. Un autre avantage des petites doses c’est que les. malades font moins de difficultés à prendre l’eau amère, et d’avoir uni remède ài bon marché; car prise de cette manière, l’eau amère esti le remède le moins coûteux qu’on puisse trouver.
La plupart des malades supportent très bien l’eau amère de Friedrichshall ; cependant dans quelques cas! d’irritation stomacale les malades ne s’en trouvent pas bien. Dans ces cas-là j’ai mêlée cette eau avec de l’eau de fontaine à parties égales, et j’ai obtenu un résultat satisfaisant. Seulement dans deux cas d’inflammation chronique des membranes muqueuses de l’estomae, je fus obligé de remettre l’usage de Teau amère jusqu’ à ce que j’eus écarté l’irritation vasculaire de l’estomae avec le nitrate d’argent. Quand je mandais à mon ami Bartenstein cette manière d’employer l’eau amère et ses efiéts,. il m’écrivit qu’avec l’eau de la seconde source, plus faibles que la première et à peu près égale à mon eau amère*
délayée, trois individus qui souffraient depuis quelque temps de vomissements chroniques avec des symptômes de la tabes , et qui avaient été abandonnés par les médecins, ont été entièrement guéris.
J’ai aussi ordonné dans quelques cas un verre à vin (d’eau amère délayée avec un litre d’eau de fontaine que j’ai fait prendre pendant la journée comme boisson ordi- :iiaire. Cette eau ainsi delayée n’a pas mauvais goût, sou .action est peut-être encore plus énergique que celle de l’eau amère pure, parce que l’organisme reste continuelleiment sous l’influence de l’eau. De plus cette eau amère délayée à aussi l’avantage d’éteindre la soif plus facileiment que l’eau de fontaine pure. Si pourtant il m’est [[>ermis de tirer une conséquence d’une observation que /l’ai faite sur moi-même, les malades éprouvent bientôt lun dégoût contre ce mélange, tandisque les autres mamières d’employer l'eau amère n’ont pas ce défaut.
On peut faire usage de d’eau, amère dans toutes les ;jaison;s, dans tous lieux, et sous tous les rapports de- la .le; elle ne demande pas de régime particulier ni les .»romenades, ou l’exercice en plein air; et si le malade évite de surcharger l’estomac et de manger de ces mets qui sont indigestes par eux-mêmes ou qui ne conviennent |'»as a son estomac, il a rempli les conditions diététiques lie la cure, et il n’a pas besoin de rejeter tel ou tel mets lomme incompatible avec l’eau amère: il suffît que ce Iraet convienne à son estomac. Quant à l’exercice en plein i.ir, c’est un besoin pour tout homme qui veut conserver I u recouvrer sa santé ; mais il n’est pas nécessaire que ■ i malade qui fait usage de l’eau amère, fasse pour cela ■•es promenaçles matinales, comme par exemple l’eau du llvagozy , celle d’Elisabethen-Brunnen et toutes les eaux l'îrrugineijses l’exigent. Le malade peut donc faire usage |*e l’eau amère sans dévier en rien, pendant la cure, de ■41 manière raisonable de vivre, sans abandonner ses
occupations ordinaires , sans racheter sa guérison par sacrifice quelconque.
Pour convaincre messieurs les médecins que le pj extrêmement modique de l’eau amère la rend accessil même aux personnes les moins fortunées, nous observf que, chez Mr. Oppel & Compagnie à Friedrichshall,j petit cruchon de 30 onces, ne coûte que 9 Kreu^ (35 centimes), et le grand cruchon de 60 onces cd seulement 14 Kreutzer (50 centimes). Outre cela ' propriétaires de la source donnent un rabais considérsç aux acheteurs qui font des commandes en gros. De pi ils fournissent au printemps l’eau amère double, c’egf dire l’eau de la source forte, au prix indiqués ci-de^ à tous les hospices de l’indigence, à tous les hôpital et à toutes les maisons des aliénés. Comme cette ! doit être délayée avec de l’eau de fontaine à par| égales , ces établissements l’auront donc à moitié prba
Les prix indiqués ci-dessus sont pour les cruchoi: bouchons recouverts de toile ; le prix des cruchons à H chons recouverts de feuille d’étain est de 15 Kreu. pour le grand , et de 10 Kreuzers pour le petit crucr