‹ L'Eau Chaude en OculistiqueChapitre 18 sur 19 · SAC · texte numérisé non relu

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sont pas d’une efficacité moindre, c’est la Hératite interstitielle.

Cette maladie est caractérisée par une infiltration partielle d’un gris clair de la cornée; la couche épithéliale de celle-ci

- présente un aspect granité que l’on peut comparer à un semis

de grains de verre pilé. L'infiltration gagne peu à peu toute. la cornée et la résorption ne se fera qu’à la suite de la vasctilarisation ; lorsque les vaisseaux se seront propagés de

la conjouctive à la cornée, celle-ei s’éclaircira. Plus la vascularisation est intense et généralisée, et surtout précoce, plus il y aura de chances pour que la kératite se dissipe

sans laisser de traces; les kératites tardivement et incom-

plètement vascularisées se termineront moins heurensement (1). L’eau chaude provoquera un boursouflement et

un léger état purulent de la conjonctive ; elle offrira le très

grand avantage defhâter la vascularisation, de provoquer par

suite la résorption des produits nouveanx déposés entre les

lames de la cornée et d'amener ainsi un éclaircissement

rapide de cette cornée.

Il est une maladie sur laquelle de Grœæfe a attirél’attention et qu'il a désignée sous le nom d'infiltration asthénique de la cornée: elle est remarquable par sa malignité. Elle survient ordinairement chez les enfants de 10 à 15 ans et est: caractérisée par une infiltration jaune des lames de la cornée: Cette infiltration s'étend en surface et n’a pas de tendance à gagner la profondeur; elle envahit progressivement la cornée ; l’humeur aqueuse se trouble ; un hypopyon peut seproduire, l’inflammation gagner l'iris. De Græfe s’aperçut que l’eau froide ne faisait qu’accélérer la marche funeste de cette maladie et ne lui donnait que des résultats désastreux. Il éleva peu à peu la température de l’eau et arriva jusqu'à 40°. Il obtint de l’eau à cette température de nombreuses

(1) De Wecker. Trailé complet d'ophialinotogie.

ha guérisons. Plus la maladie semblait passive et plus il élevait la température.

Les compresses d’eau chaude devront être continuées jusqu’à ce qu'un halo apparaisse autour de linfiltration (1); ce phénomène démontre l'impulsion donnée à la nutrition de la cornée (2). Les compresses chaudes accélèreront la r'ÉsOrption du pus et ranimeront la nutrition du tissu cornéen.

Elles agiront de même contre les abcès; elles calmeront les violentes douleurs qui surviennent au début des abcès; elles amélioreront et circonscriront le travail suppuratif, hâteront la résorption des abcès formés et empêcheront la formation de nouveaux.

Dans toutes les ulcérations de la cornée, il est de la plus baute importance de s'opposer à l’extension du processus “orbide, La marche envahissante de l’ulcère, l’absence du degré d'hyperhémie active nécessaire pour entourer le siège du mal d’un cercle d’inflammation franche sont uneindication à l'emploi de la chaleur humide. Les irritants auraient un résultat déplorable, ils accélèreraient la marche de l’ulcère vers la profondeur et favoriseraient la perforation de la cornée. l’eau chaude, en activant la vascularisation de l’ulcère, détourne souvent tout danger; et, lorsque l’ulcère est accompagné d’un bypopyon, la résorption de celui-ci est hâtée par l’emploi de l’eau chaude. La présence d’une fistule, d’après Carter Robert, paraîtrait contre-indiquer l’eau chaude, qui pourrait provoquer la transsudation de l’humeur aqueuse et relâcher les lèvres de la plaie (3).

On l’emploiera aussi avec succès chez les personnes âgées ou faibles, chez lesquelles il survient, à la suite d’une opération sur la cornée, une infiltration des lèvres de la plaie

(1) Carter Robert. The ophtalmie Review, 1865. (2) De Wecker. Bullétiu de thérapeutique, 30 mars 1862. {3) Carter Robert. The ophtalinie Review, 1863.

SE VMS

qui gagne les lames de la cornée et est accompagnée de

vives douleurs. Cette inflammation est le résultat d’un défaut de nutrition. L’eau froide accasionnerait iei les plus vives douleurs; elle sera avantageusement remplacée par l’eau à 45°. Celle-ci accélèrera, en la circonscrivant, la suppuration qui sert de crise à la maladie; elle arrêtera les progrès du mal ou évitera la destruction complète de l’œil.

tritis. — D’après Panas, la chaleur humide ne conviendrait que dans les iritis à forme torpide et surtout lorsqu'il y aurait des complications cornéennes (1). Telle n’est pas l'opinion de Mooren (2) et de Schiess Gemussen ; et nous croyons que, lorsque l’inflammation de l'iris est très aiguë, le maintien constant d’une température ambiante élevée abrège très sensiblement la durée de la maladie. On pourra employer avec avantage l’atropine en compresses chaudes. L'eau chaude sera bien plus indiquée lorsque, par suite d’un mauvais état général ou par traumatisme, l’iritis aura de la tendance à suppurer. L'application des compresses chaudes sera alors d’un excellent effet: l’immigration des cellules du pus s'arrêtera et l’on verra disparaître, par résorption, des hypopyons considérables.

Les indications des différents modes d'application de l’eau chaude ne sont pas encore bien déterminées. Nous croyons, cependant, que les lotions seront indiquées pour enlever les croûtes des blépharites, déterger les surfaces purulentes et faire la toilette des yeux opérés; elles pourront être

.employées comme adjuvant pour augmenter l'écoulement de sang après les scarifications. Les compresses seront

(1) Panas. Leçons sur les maladies inflammatoires des membranes internes de l'œil. 1878.

(1) Mooren. Die verminderten gefahren einer Hornhautvereilerung bei der staaroperalion. Berlin 1862.

indiquées, croyons-nous, dans les inflammations franches. Les douches de vapeur seront préférables lorsqu'il faudra vaincre le blépharospasme, activer la circulation et relever la nutrition. Elles seront indiquées parce qu’elles agissent d’une façon continue, et qu'à l’action émolliente due à la chaleur humide, se joint une action mécanique due à la force du jet de vapeur. Elles seront donc plutôt indiquées dans les kératites parenchymateuses, les ulcères de la ‘ cornée, surtout les ulcères atoniques et dans toutes les maladies de la cornée où il faudra donner un coup de fouet à la nutrition. Nous ne pouvons rien dire des œillères, que nous n’avons jamais vu appliquer.

Dee + UE

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