‹ L'Eau Chaude en OculistiqueChapitre 17 sur 19 · ED ES · texte numérisé non relu

ED ES

employées lorsque les granulations seront pâles et dures. Dans ces cas là, les granulations ne guérissent que lorsqu'elles sont accompagnées d’une réaction inflammatoire. Cette réaction inflammatoire, on a proposé de la provoquer par l’inoculation blennorrhagique. On peut la remplacer par des compresses chaudes qui sont un moyen. inoffensif, mais, cependant, il faut l'avouer, moins efficace. En effet, dans les cas où les granulations sont trop considérables, les compresses chaudes ne suffisent pas et il fant recourir, soit au LICE soit à l’inoculation blennorrhagique.

Conjonctivite purulente. — L'emploi de l’eau chaude dans la conjonctivite purulente n’est pas admis par tous. Complètement abandonnée par Chassaignac en 1847; par de Wecker qui prétend que « dans l’ophtalmie purulente, quelle que soit sa forme, les résultats de l'application de la chaleur sont toujours défavorables», l’eau chaude semble être indiquée toutes les fois que la sécrétion est peu prononcée, que l’eau froide est douloureuse et que la cornée semble être menacée de nécrose. Le D' Berlin a rapporté un cas de ce genre (1).

Observation.

Du D° Berlin.

Chez uñe enfant de 2 ans, en proïe à une violente atteinte de conjonctivite, on avait employé les scarifications, le nitrate d’argent et les compresses d’eau froide. Vers le 11° jour, la cornée s’ulcère, le froid est très mal supporté; on applique

(t) Berlin. Klinische monatsblâtter für Augenheilkunde 1864.

DOM, ee

sur l’œil des compresses d’eau chaude. Ce moyen, employé pendant 18 heures, arrêta les progrès de l’ulcère sans activer la sécrétion. Pendant cinq jours, ces applications sont continuées 12 heures de suite et, sous leur influence, l’ulcère se vascularise en même temps qu'il se déterge.

Kératite panneuse. — Cette maladie, caractérisée par une vascularisation à la surface de la cornée, est très améliorée par l’eau chaude. Celle-ci pourra provoquer un certain degré de purulence, activer la résorption des exsudats cornéens et contribuer à l’éclaircissement de la cornée. Lorsque le pannus sera très épais, sarcomateux, l’eau chaude ne suffira pas et l’on pourra alors penser à l’inoculation blennorrhagique.

Dans la kératite phlycténulaire, on évitèra au début tout traitement irritant, qui ne ferait qu’augmenter les douleurs déjà si vives ; l’eau chaude, dans ces cas, les calmera et aura de bons effets sur la photophobie et le blépharospasme.

Mais elle sera surtout indiquée lorsqu'il y aura tendance à la formation d’un abcès ou lorsqu'une ulcération se sera formée.

L’eau chaude à 45°, agissant en activant la nutrition, sera indiquée dans la kératite vésiculeuse où herpès de la cornée, affection qui n’est la plupart du temps que l'expression d’un trouble de nutrition. Et, ici, on pourra de préférence avoir recours aux douches de vapeur; car à l’action produite par la chaleur humide de faciliter l'absorption des exsudats s'ajoute une action mécanique produite par la percussion des milliers de gouttelettes d’eau chaude qui déterminent une espèce de stimulation des nerfs lésés (1).

Une affection dans laquelle les compresses chaudes ne

(1) Durruty. Thèse de Paris 1887. De l’herpès oculaire,

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