ACTION DE L'EAU CHAUDE
(Avant de commencer ce chapitre, qu’il noussoit permis de faire une remarque: par eau chaude, nous entendons l’eau de 35° à 45°.) re
L'action de l’eau chaude a été peu étudiée et les expériences qu'on a tentées pour en trouver une théorie pathogénique ne nous fournissent rien de sûr: c’est dire que les modifications que la chaleur imprime à nos tissus ne sont pas encore bien connues. Aussi, la plupart des auteurs se contentent de dire que, puisque l’eau froide fait contracter les vaisseaux, l’eau Chaude les relâche. Son action, cependant, n’est pas aussi simple qu'ils veulent bien le dire. Si le froid fait contracter les vaisseaux, ilne le fait qu’au moment de l’application. Dès quele froid n’agit plus, la contraction est suivie d’un relâchement dû probablement, d’après Labadie-Lagrave (1), à une paralysie ces fibres musculaires des vaisseaux qui sont épuisées par un excès de travail. L’eau chaude aussi ne ferait pas que relâcher les vaisseaux ; elle produirait, d’après Emmel, de New-York, une réaction qui produirait leur contraction, et c’est à cette réaction que serait due, d’après Trousseau, l’hémostase dans les hémorrhagies (2). Cependant Hastings, en 1855, avait déjà remarquéqu’à 42° l’eau faisait contracter les vaisseaux et accélérait la circulation. Murray, d’'Edimbourg, a aussi remarqué qu'elle agissait de même à
(1) Labadie-Lagrave. Du froid en thérapeutique, thèse de Paris 1878. () Lorain.— De l’eau chaude en obstétrique, {hèse de Nancy 1887.
se
45° (1), tandis qu’elle dilatait les vaisseaux à 35°. On peut.
dire que l’action de l’eau chaude est double comme celle de
l'eau froide. Peut-être même, d'après P. Reclus, le chaud et.
le froid ont-ils en définitive une action presque identique; d’ailleurs, sonaction doit varier avec la température. Mais que nous importe l’action physiologique de l’eau chaude ? Ce qu’il faut connaître, ce sont les résultats qu’on en obtient. Bien qu’on ait dit que l’eau chaude, appliquée sur les tissus, produit par sa chaleur de l’inflammation, il nous semble qu’elle est au contraire antiphlogistique ; elle à ‘ été employée comme telledans beaucoup d’affections chirurgicales et notammentdansles affections oculaires. Nous avons pour’ nous l’autorité de Trousseau (2): «La puissance antiphlogistique du calorique, dit-il, est grande et, par opposition, le froid est un énergique excitant. Des exemples les plus vulgaires démontrent péremptoirement la vérité de ces propositions. Lorsque l'on trempe ses mains dans la neige ou dans l’eau glacée, au refroidissement qu'on a éprouvé succède bientôt une élévation de la température ; tandis que lorsqu'on trempe ses mains dans une eau très chaude, à la chaleur, à la congestion momentanée des tissus, succèdent rapidement un abaissement de température, une décoloration notable de la peau. C’est que l’action du chaud est en définitive sédative, tandis que celle du froid est éminemment phlogistique.» C’est, il nous semble, aller trop loin, en disant que le froid est phlogistique ; le froid est aussi antiphlogistique, mais son emploi doit être continu pour éviter la période de réaction. L’eau chaude est donc antiphlogistique ; elle est aussi émolliente ; cetteaction lui est reconnue dès la
(1) Murray. Edimburg obstetrical-society 1887.
(2) Trousseau. Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu de Paris, &. 11. p.752.
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En 19 “ plus haute antiquité et nous croyons quelle l’a au qe haut point lorsqu'elle est aux environs de 35°.
D’après Mopilier, l’eau chaude est sédative et émolliente ;
et, pour Sanson, celle jouit de la propriété émolliente au plus
haut point;elle calmé la douleur et hâte la résolution.» Pour Mackensie, l’eau chande diminue l’inflammation des parties et calme les douleurs; pour lui, «une lotion chaude adoucit et relâche les membranes de l'œil enflammé, et comme elle
s’évapore aux dépens du calorique surabondant dela partie,elle
agit en réalité comme réfrigérant, aussi bien que comme émollient.» L’eau chaude relâche donc lestissusetaugmente la souplesse des organes. De plus, en activant la circulation, elle entretient l'alimentation des tissus et favorise l'élimination des produits morbides ;elle a une action plus dissolvante que l’eau froide. Elle a d’ailleurs sur celle-ci d’autres avantages. En effet, l’eau froide n’est pas supportée par tous les malades ; chez quelques-uns même, elle produit des herripilations ; elle peut provoquer des douleurs de tête à forme névralgique, et cette action douloureuse sur le système nerveux était consacrée par cet aphorisme d’Hippocrate : frigusnervis inimicum. La réfrigération prolongée de la région orbitaire, sans aller jusqu’à produire des bronchites ou des pneumonies, peut parfaitement provoquer des coryzas. Et enfin ce qui dans certaines affections nous fera préférer l’eau chaude à l’eau froide, c’est que celle-ci, longtemps appliquée, peut produire la mortification des tissus.
Que l’on ajoute à l’eau chaude des plantes aromatiques ou des antiseptiques, elle agit toujours par sa chaleur humide; mais, à son action propre, vient s'ajouter celle des substances qu’on y à introduites. Nous ne dirons rien des infusions aromatiques (camomille, mauve, mélilot, etc), qui, d’après de Wecker, sont sans importance et agissent plutôt
sur l'imagination du malade ou des personnes, qui l’entourent. |
Nous ne parlerons pas non plus de l’action de l’eau chaude antiseptique: qu’il nous soit permis de dire qu’elle est entrée dans la thérapeutique oculaire, bien que «l’œil par son importance fonctionnelle, son organisation complexe, sa structure délicate, semblât a priori devoir mal supporter l’action irritante des antiseptiques (1).» On se sert bien plutôt de l’eau ‘boriquée à 3‘, que de l’eau phéniquée; car celle-ci à 2 °/,, d’après Sattler (2), de Prague, est trop peu antiseptique et a l'inconvénient de pouvoir produire de l’eczéma des paupières et des opacités de la cornée. À plus forte raison, l’œil ne tolèrerait-il pas des solutions plus concentrées . d'acide phénique. L’acide borique à 3 °/, est aussi antiseptique que l’acide phénique et ne produit aucune irritation dutégument. Aussi, d’après À badie, l’asepsie serait préférable à l’antisepsie, surtout quand elle estbien faite, et, dans le service de M. Truc, elle est pratiquée d’une façon très rigoureuse, sans que toutefois l’antisepsie soit laissée de côté.
(1) H. Truc. De l'asepsie et de l’antisepsie oculaires. Montpellier médical, juiilet 1888. (21 Saltler. Société centrale des médecins allemands de la Bohème 1887.
un
2 eau ‘chande, e en he peut s "employer dé diverses manières: SOUS forme de cataplasmes, de lotions, de com-
Re de douches de vapeur. On peut aussi se servir
œillères pour. appliquer l'eau chaude : ce sont de petits.
ë vases en porcelaine un peu allongés et à bords. renversés; . %, = . sont destinés à baigner les yeux. Les cataplasmes, comme.
moyen d'application de l'eau chaude, sont peu en usage dans le service de M. Truc; on s'en sert pour faire tomber les croûtes dans les actu des paupières. Ils n agissent guère
que par l’eau chaude qu'ils renferment ; ils n’ont sur les compresses chaudes que cet avantage de n’avoir pas besoin d’ être renouvelés : si souvent ; mais, en revanche, l’eau chaude en rOMDrAENeS ne s’altère pas, est moins gênante par son poids, n’éxerce pas de pression sur l'œil, est d’une confection plus commode, moins chère, se trouve partout et. ne provoque pas la violente éruption pustuleuse qu’amènent les cataplasmes longtemps continués. Les compresses, dans les cas où l’eau chaude est indiquée, doivent leur être préférées. Les lotions consistent en des lavages, et on se sert pour cela
soit de seringue, soit d’éponges, soit de ouate hygroscopique
qu’on imbibe d’eau et que l’on exprime sur l’œil malade. Les compresses sont surtout employées. On se sert d’un
— 22 — ie linge fin plié en quatre et trempé dans l’eau chaude. A cet effet, à côté du malade est un réchaud sur lequel se trouve un vase rempli d’eau; celle-ci doit être à une température de 60° à 65°, car la compresse se refroidit un peu dans le trajet du vase à l'œil, de sorte que, au moment où elle est appliquée, elle est.à une température de 35° à 40° et 455: elle reste ainsi 4 à 5 minutes, en ayant soin de la recouvrir d’une toile imperméable pour empêcher le refroidissement d’être trop rapide. On la maintient appliquée 3 à 12 heures ‘par jour, selon les différents cas, et on laisse le malade se reposer toutes les 2 ou 3 heures, pendant un quàrt d'heure on une demi-heure. Selon l'effet qu'on voudra obtenir, on élèvera ou on abaissera la température : veut-on produire un effet sédatif, la température de 35° sera préférable ; veut-on, au contraire, provoquer un effet excitant, nous croyons qu'il vaudra mieux employer l’eau à 45°. :
Après certaines opérations, commé pansement, M. True emploie, dans son service, des gâteaux de ouate imbriqués les uns avec les autres de façon à faire un pansement bien occlusif et en mêine temps compressif. Ces gâteaux sont mouillés toutes les heures avec de l’eau chaude ou froide suivant les cas.
Nous ne parlerons pas des fumigations dont se servait autrefois Demours; nous en avons dit quelques mots plus haut. Elles ont d’ailleurs été avantageusement remplacées par les douches de vapeur. C’estJosé Laurenço, de Bahia, qui, le premier, s’en estservi contre certaines affections oculaires. Nous avons décrit plus haut son appareil. Celui dont on se sert à la clinique ophtalmologique de Montpellier ressemble en petit au vaporisatenr de Lucas-Championnière; son mécanisme est identique. Il se compose d’une chaudière sphérique munie d’une soupape de sûreté à la partie supérieure; une lampe à alcool placée dans le bas de l’appareiïl porte l’eau de la chaudière à l’état de vapeur ; celle-ci sort
RS oo | par le tube horizontal effilé à son extrémité et détermine ainsi l'ascension et la pulvérisation du liquide contenu dans le vase en verre quise trouve en avant de l’appareiïl. La vapeur, poussée avec assez de force, forme, en sortant du tube, une sorte de gerbe qui parcourt un certain trajet sans diverger et qui est transparent ; cela tient à ce que l’eau est en ce point dans son plus grand état de divisibilité, tandis que,plus en avant, elle est plus visible et forme un brouillard; cela est dû à un commencement de condensation de vapeur. Aussi, plus on s’éloignera du cône transparent, plus la douche sera froide ; et réciproquement, plus on s’en rapprochera, plus elle sera chaude (1). Aussi conseille-t-on au malade de se tenir le plus près possible de l’orifice du tube, surtout si l’on veut activer la vascularisation et relever la nutrition. Au lieu d'exposer les yeux du malade à l’action immédiate des vapeurs d’eau chaude, on les recouvre préalablement d’une gaze. D’après José Laurenço, cela modifie l’action topique et irritante des douches sur la peau des paupières, sansque pour cela la chaleur soit en rien diminuée.
Observation I.
Recueillie dans le service de M. Truc et complétée par nous.
D... Jeanne, âgée de 17 ans, vient à la consultation gratuite, le 10 décembre 1888. Elle commença, il y a 6ans,àavoir dans les deux yeux des sensations de gravier, du gonflement des paupières, du larmoiement, de la photophobie avec alterna-
{1) T. Rapou. Dictionnaire des sciences médicales.
Le es 6 25, s dite É ae | Lien oi sous. la a douche. a
Sfeations, RES a te eee fuilet, la malade s’ acheminé vers s la à évéron à DR SE a 18 ie SR Re Sr
Se Rs © Observation 1.
: EEE À Recueillie dans le service de M. Truc. PR
SE Paul, âgé de 60 ans, vient à la Re gratuite, le. ob 13 janvier 1880. Il TL te des .deux côtés, des croûtes nombreuses à la sr des als; les conjonctives bulbaire et
palpébrale sont très fortement injectées; un peu d’épiphora, Diagnostic: blépharo-conjonctivite aiguë catarrhale. Traitement: scarificafions ; compresses chaudes ; il rentre à l'hôpital, où il reste deux jours en traitement ; iltient des compresses 10 heures par jour.
Le 15, il sort amélioré.
Observation LIL.
Recueillie dans le service de M. Truc.
F... Amélie, 27ans, vient, le 28 février 1889, à la consultation gratuite. La maladie a débuté il y a 4 jours. Des deux côtés, on remarque un épiphora léger ; rougeur conjonctivale, légère cuisson.
Diagnostic : conjonctivite catarrhale subaiguë.
Traitement : compresses chaudes; collyre à l’alun. Revue 5 jours après, complètement guérie.
Observation IV.
Recueillie dans le service de M. Truc et complétée par nous.
T.…. Jeanne. 30 ans, ménagère, sans antécédents, sinon qu’elle a eu malàO Get la vue est restée faible de ce côté. Le 25 mars 1889, vient pour l'œil droit. Depuis un mois, elle se plaint d’une inflammation vive de la conjonctive, de douleurs périorbitaires et de maux de tête, d’épiphora et d’un peu de photophobie.
LE Op -2 Etat actuel: œil gauche normal; leucome léger; ai droit: rougeur diffuse, intense; chémosis re autour de la cornée ;
quelques phlyetènes rompues autour de la cornée; l'iris est
normal, croûtes à la base des cils.
Phanosie conjonctivite intense phlycténulaire ; ulcéra-
tions de la cornée, blépharite.
Traitement: scarifications.
Le 18 juin, scarifications et douches de vapeur, une fois par jour, pendant trois quarts d'heure.
Le 22, les douleurs périorbitaires ont disparu ; la photophobie est bien moins prononcée ; douches de vapeur.
Le 25, grande amélioration ; douches de vapeur sont seules continuées.
Le 29, elle est à peu près guérie et ne prend des douches que trois fois par semaine.
Le 4 juillet, guérison complète.
Observation V.
Recueillie dans le service de M. Truc
G... Jules, 49 ans, vient, le 12 janvier 1889, à la consultation ” gratuite. Il présente, des deux côtés, une rougeur peu intense et un gonflement peu prononcé de la conjonctive, avec un peu d’ectropion. Epiphora léger. Sensation de gravier. Diagnostic: conjonctive catarrhale chronique. Traitement: collyre à l’alun; compresses chaudes boriquées.
Le 15, lessymptômesinflammatoires sont très peu marqués. Le 17, gnérison.
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EE 0e
Observation VI.
Recueillie dans le service de M. Truc,
F... Emile, 26 ans, vient à la consultation gratuite, le 22 février, 1889. Il présente à l’œil gauche une rougeur conjonctivale, surtout marquée à la partie interne; de légères croûtes à la base des paupières; des ulcérations sur le bord marginal de la cornée. :
Diagnostic: conjonctivite phlycténulaire.
Traitement: compresses boriquées chaudes; collyre à l’alun.
Le 28 mars, guérison complète.
- Observation VII.
Recueillie dans le service de M. True,
D... André, 37 ans, vient à la consultation gratuite, le 18 janvier 1889. Des deux yeux se plaint d’une légère douleur, et présente de la rougeur et-une exagération de la secrétion ; pas de granulations; cornée présente un aspect normal.
Diagnostic : conjonctivite catarrhale.
Traitement : compresses chaudes.
Guérison en quelques jours.
route
Observation VIII.
Recueillie dans le service de M. Truc.
F.. Léon, 52 ans, venu le 31 janvier, présente une conjonctive très vascularisée, un ectropion léger.
Diagnostic: conjonctivite catarrhale.
Traitement: compresses d’ean chaude, collyre.
- Guérison en quelques jours.
Observation IX.
Recueillie dans le service de M. Truc «et complétée par nous.
D... Eugénie,15 ans 1/2, vientà la consultation gratuite, le 16 mai 1889. Elle éprouve des cuissons vives dans les deux yeux. Elle présente du larmoiement, de la photophobie intense et du blépharospasme. On remarque, des deux côtés, des granulations dans le cul-de-sac de la paupière supérleure ; un leucome de la cornée droite.
Diagnostic : ophtalmie granuleuse.
Traitement: scarifications, compresses chaudes.
Le 21, le spasme et la photophobie ont un peu diminué.
Le 8 juin, canthoplastie aux deux yeux.
Le 11, douches de vapeur et scarifications.
Le 25, la malade se sent bien des douches de vapeur; celles-ci la soulagent beaucoup. Elle en prend deux fois par jour, pendant un quart d'heure.
Le 2 juillet, le spasmeet la photophobie ont bien diminué.
Le 6, son amélioration est grande. Elle continue à prendre des douches.
Le 11, les cornées se on bien éclaircies; la photophobie a dou et n'existe qu’à la lumière vive.
Observation X.
Recueillie dans le service de M. Truc et complétée par nous.
R... Rosalie, 29 ans, vient, le 10 juin 1888, à la consultation gratuite. Elle fait remonter le début de son affection à 8 jours et éprouve dans l’œil gauche une sensation de brûlure, du larmoiement, de la photophobie. La conjonctive est rouge ; granulations dans le cul-de-sac APRES La cornée est un peu trouble.
Diagnostic: Poor granuleuse grave. Infiltration de la cornée.
Traitement: lavages boriqués chauds ; glycérolé de cuivre. La malade suit un traitement, assez irrégulier, car elle ne vient pas d’une façon continue.
Le 7 mai 1889, ablation du cul-de-sac supérieur conjonctival. Pansement humide.
Le 21, douches de vapeur.
Le 30, la photophobie est moins intense, le larmoiement moins prononcé. Une douche de vapeur par jour.
Le 8 juin, la malade se sent bien soulagée et resterait sous la douche des heures entières. |
Le 18, la cornée s’est éclaircie, la photophobie a disparu.
Le 25, la malade, se sentant améliorée, vient de moins en moins. La rougeur de la conjonctive a presque disparu, la cornée est transparente.
me Le 29, elle est bien améliorée ; nous ne l’avons pas revue depuis ce jour-là.
Observation XI.
Recueillie dans le service de M. Truc et complétée par nous.
D... Maria, 19 janvier 1889. II y a un mois, a commencé à éprouver de vives douleurs dans l’œil droit. Elle se présente à la consultation avec les cils agglutinés, les paupières œædématiées, la conjonctive palbébrale congestionnée, des granulations aux deux paupières, la cornée légèrement dépolie. L’iris n’est pas contractile; il est terne. Cercle périkératique. Vives douleurs ; photophobie.
Diagnostic : conjonctivite granuleuse. [ritis.
Traitement: scarifications des paupières; compresses chaudes, atropine.
Le 24, douleurs moins intenses; l’iris redevient contractile. Scarifications ; compresses d’eau chaude.
Le 31, les douleurs ont disparu ; la photophobie est moins marquée. Continuer le traitement.
Le 9 février, les scarifications sont faites trois fois par semaine; les compresses chaudes sont tenues 4 heures par jour.
Le 21, grande amélioration ; la cornée est transparente ; pas de photophobie.
Le 10 mars, la malade se sent mieux, ne suit plus le traitement et on ne la voit plus.
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Observation XIL.
Recueillie dans le service de M. Truc.
B... Auguste, 35 ans, rentre à l’hôpital, le 14 février 1889. Ce malade a déjà été dans le service, du T décembre au 7 janvier, pour granulations ét ulcères du côté des deux yeux. Le traîtement avait été : scarifications et compresses chaudes. Il revient donc le 14 février. Il présenté, des deux côtés, de la photophobie, du larmoiement. La conjonctive est rouge et cette rougeur est plus marquée à droite. Granalations aux paupières supérieures et inférieures. Œiül droit: ulcère à la partié supérieure de la cornée. Œil gauche: traces d’ancien ulcère à la partie inféro-interne.
Diagnostic: granulations et ulcères des deux yeux.
Traitement: scarifications et compresses chaudes.
Le 19, l’ulcère est en voie de réparation. Scarifications et compresses boriquées chaudes.
Le 23, la photophobie est moins considérable. Continuer le même traitement.
Le 28, le malade, se sentant mieux et croyant être guéri, demande à sortir.
Observation XLIL.
Recueillie dans le service de M. Truc.
M... Delphine, 20 ans, se présente, le 3 janvier 1889, à la consultation gratuite. Œil gauche: normal. Œil droit: inflammation remontant à quatre jours ; douleur très vive dans l’œil; vésicule à la partie interne du limbe sclérocornéen; conjonctivite concomitante.
Diagnostic: kérato-conjonctivite phlycténulaire.
Traitement: compresses boriquées chaudes,
Le 8, la douleur a diminué; conjonctive moins enflammée. Précipité jaune, compresses boriquées chaudes 4 heures par Jour.
Le 26, vient à la consultation gratuite. Guérison.
Observation XIV.
Recueillie dans le service de M. Truc.
C... Justin, 14 ans, 13 janvier 1889. Présente aux deux yeux une infiltration multiple, punctiforme de la cornée ; conjonctive rouge; photophobie intense; lymphatisme excessif.
Diagnostic: kérafo-conjonctivite strumeuse.
Traitement général: huile de foie de morue; traitement local: pommade au précipité jaune; compresses chaudes. Revu le 5 février : il ouvre les yeux; grande amélioration.
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Observation XV.
Recueillie dans le service de M. Truc.
F... Léon, 25 ans, vient à Ja consultation gratuite, le 29 décembre 1888. Œil gauche et œil droit: cils réunis en pinceau par des sécrétions muco-purulentes; gonflement et rougeur de la conjonctive palpébrale, vascularisation intense et chémosis léger de la conjonctive bulbaire;cornée louche, infiltration de la moitié supérieure. Blépharospasme intense; vives douleurs.
Diagnostic: kérato-conjonctivite.
Traitement: scarifications; sublimé en collyre ; compresses chaudes. Le malade rentre, le même jour, à l’hôpital.
2 janvier. Le chémosis et les douleurs ont diminué.