‹ L'Eau Chaude en OculistiqueChapitre 4 sur 19 · OL SN · texte numérisé non relu

OL SN

(1) Mémoires et observations (Lyon el Paris 1772).

DÉMO sur “orifice du vase et le tuyau dirigé sur l'œil du. inde qui reçoit ainsi la vapeur. C’est là, en petit, la douche de vapeur ; la différence réside dans la force avec laquelle la vapeur est lancée par la douche. Demours cite même l’observation d’une petite fille dont les yeux irrités se fermaient par paroxysmes. Les fumigations d’eau de guimauve les lui faisaient ouvrir tout à coup.

En 1839, Rognetta emploie dans les abeès de la cornée.

des fomentations d’eau tiède, à l’aide de compresses trempées de temps en temps dans ce liquide. Ware, en Angleterre, emploie les lotions tièdes dans la conjonctivite catarrhale chronique.

Arlt, en 1855, proscrit l’eau froide du traitement des conjonctivites catarrhales et se trouve bien de l'emploi de l’eau chaude, .

Cependant, en 1847, Chassaignac, dans une lettre à l’Académie royale des sciences de Paris, découvrait la douche froide oculaire et l’employait dans le plus grand nombre de maladies des yeux, surtout dans l’ophtalmie des nouveaunés. Mais à la même époque, Mackensie, de Grœfe, Jacobson, Sæmisch…, posaient les véritables indications de l’eau chaude. D'ailleurs Aloïs Bednarz (1), médecin de l’hospice des Enfants trouvés de Vienne, partisan de la méthode de Chassaignac, avait substitué à l’eau froide l’eau chaude qui, selon lui, nettoyait mieux et ne produisait aucune douleur. Par cette méthode, qu’il suivit durant toute l’année 18438, les résultats furent infiniment plus avantageux et la

durée du traitement bien moindre que dans les années 1846

et 1847, lorsque l’eau froide était employée. M. Bednarz à

{l) Aloïs Bednarz. Du traitement de l’ophtalmie des nouveau-nés. (Annale d'oculistique, t. xxv, xxvi, 1865).

trouvé cette méthode efficace dans Pophtalrnie blennorrhagique des adultes.

Pour Mackensie, l’eau froide en AHlahanioee est d’un

emploi difficile et dangereux, car sa première action rafratchissante est suivie d’une réaction vive qui va à l’encontre de la première. Aussi emploie-t-il les lotions tièdes, qui ne font pas courir les dangers de la réaction. Enfin, en 1857, l’eau chaude reçoit en ophtalmologie des applications importantes. Fo Le

De Grœæfe, voyant que dans les infiltrations asthéniques de la cornée, malgré les compresses froides, la maladie marchaïit quand même, éleva peu à peu la température et arriva à 35 et 40 degrés. Le résultat dépassa tellément ses espérances qu'il abandonna tout autre mode de traitement et amena tous les cas à bonne fin. Il la recommande aussi contre les abcès torpides de la cornée, la kératite diffuse ou parenchymateuse, les ulcères atoniques et les lésions traumatiques de la cornée avec tendance à la nécrose du tissu cornéen. De Wecker l’emploie aussi dans les mêmes cas. Dans le traitement des maladies de la cornée, il est convaincu qu’à l'avenir les compresses chaudes remplaceront dans tous les cas les compresses froides; car, dit-il ils’agiticide relever la nutrition et non de combattre un excès d’inflammation. Il les emploie aussi dans deux affections de la conjonctive, les granulations chroniques et la diphtérie de la conjonctive. Aïnsi, les indications fondamentales de la chaleur humide employée sous forme d’eau chaude ontété par deux fois découvertes à près d’un siècle d’intervalle. Mais, cette fois, ces indications ne restent pas lettre morte. Dès lors les observations se multiplient, les applications se généralisent. Mooren et Schiess- Gemussen emploient les compresses d'eau chaude dans l’iri-

PRE, tis aiguë, tandis que Panas les emploie dans es Are torpides. |

Pagenstecher et Some en 1861, dans un one es D ER AE sur les observations cliniques faites à l'institut ophtalmolo- Sa gique de Wiesbaden, rapportent six cas de kératites diffuses dans lesquelles les compresses d’eau chaude ont été employées et ont amené une vascularisation rapide de la cornée qui à été bientôt suivie de guérison.

En 1865, le D' Berlin rapporte un cas de conoe diphtéritique contre laquelle l’eau froide fut avantageusementremplacée par l’eau chaude. Le D’ Jacobson en rapporte. aussi un cas dans lequel il fut amené, par les sensations du patient, à employer les compresses chaudes. D’autres exem- | ee ples ont été rapportés à la même époque par d’autres écri- D. vains qui enseignent que les compresses froides ou glacées | 2 doivent être surveillées de près. En 1869, les nombreux succès obtenus par la chaleur humide ‘engagent le D' Giac- | us Rava, professeur à l’Université de Sassari, à publier les ré- . sultats sur ce sujet (1). Dans une étude clinique sur l'emploi * de la chaleur humide dans le traitement des maladies oculaires, G.-Rava nousdit qu’il applique la chaleur humide sous deux formes :

1° En compresses trempées dans l’eau de 45° à 50°; il est indifférent que l’on se serve d’eau pure ou d’une infusion végétale; 2° en fumigations à la vapeur d’eau. Le malade SEE tient sa tête entourée d’un mouchoir à 15 ou 30 centimètres au-dessus d’un vase d’eau bouillante et laisse agir la vapeur sur les yeux ouverts pendant 5 à 10 minutes. Pour lui, l’action des fumigations est plus énergique que celle des compresses chaudes. L'auteur les emploie dans les kératites parenchymateuses, les kératites suppuratives, les abcès ato-

(1) Giac-Rava. Études cliniques, Giornale d’ophtalmologia italiano (1869).

niques avec ou sans hypopyon, dans la connerie diphté= ritique, dans les granulations. | | Enfin, en mars 1872, José Laurenço, de Bahia, dans un . article du Journal nl sur «un nouveau procédé

du traitement des affections oculaires au moyen d'un Yapo- É oi risateur», vante l’action de l’eau chaude en compresses dans | FIST . les conjonctivites catarrhales et dans les kératites inters- : = 7 | titielles. Il décrit son appareil qui consiste en‘un globe . FER Er métallique à moitié rempli d’eau que l’on fait évaporer au | 2

moyen d’une lampe à esprit de vin; la vapeur s’échappe par deux tubes bifurqnés sur les yeux recouverts d’une compresse mouillée. Entre les deux tubes est une plaque métailique pour appuyer le front. Laurenço préfère l’emploi du vapo- 2 Se . risateur à celui des compresses chaudes et rapporte quatre ob- EC | servations de kératites interstitielles guéries par ce moyen (1). SES Re En décembre de la même année, Boncour rapporte quatorze à observations de kératites promptément modifiées par les Rt douches de vapeur (2). L. da Fonseca (3), en 1881,se sert

F4 | d’un nouvel appareil pour douches oculaires; les douches tièdes, il les emploie dansles kératites scrofuleuses à la période de déclinaison, dans les conjonctivites folliculeuses, les ophtalmies purulentes quand les douches froides sont douloureuses. En 1887, le D' Leartus Connor de Détroit, dans une communication 2u neuvième Congrès international des sciences médicales tenu à Washington, dit que l’eau chaude constitue un agent thérapeutique puissant dans les conjonctivites, les kératites, les iritis.

Freyer, dans Transaction of the american ophtalmologlcal society 1887, préconise l'emploi de l’eau chaude dans le

{1) José Laurenco, Journal d’ophitalmologie de Paris, mars 1872. (2?) Boncour id. : décembre 1872.

(3) L. da Fonseca, Archivo ophtalmotherapies de Lisboa (sept. et oct. 1881).

PATTES traitement des conjonctivites catarrhales, phlycténulaires, des kératites tant aiguës que chroniques. Armaignac (1), dans la période de l’ophtalmie blennorrhagique, où l’on observe un œdème dur de la conjonctive qu’on peut diviser sans produire d'écoulement sanguin notable, emploie les lotions chaudes et les cataplasmes émollients et, dans ces cas, se garde des caustiques. |

Ainsi, depuis de Grœæfe, l'emploi de l’eau chaude, après avoir subi une première impulsion avec Gmelin, Mauchart, Bilger, Gifftheil, est entré définitivement dans la thérapeutique oculaire. La plupart. des. oculistes s’en servent et en obtiennent de bons résultats. Qu'il me suffise de citer Galezowski, Meyer, Gayet à Lyon, Truc à Montpellier. Le D' Abadie cependant trouve que l’on a exagéré les avantages de l’eau chaude. D’après lui, elle soulage l’iritis, mais la morphine et le salicylate de soude donnent le même résultat. Quoi qu'il en soit, l’eau chaude est maintenant dévenue classique dans le traitement des maladies oculaires.

(1) Armaignac. Revue clinique d'oculistique du sud-ouest (juin et juillet 1882).

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