SCENE PREMIERE
LES DANSEURS, ZABELON, SŒUR DOUCELINE, DONNA ALBINA, NA BRUNA, JOURDAIN DE L'ILE, DURANTI, AGRICOL, MAIFFREDI.
LES DANSEURS
Sur le pont
D'Avignon, C'est là que Ton danse ;
Sur le pont
D'Avignon, Que Ton danse en rond.
ZABELON.
Jésus, Marie ! Comment lé pape peut-il protéger de telles gens? C'est les brûler qu'il devrait! J'ai toujours dit qu'on n'aurait la paix que quand le feu nous aurait débarrassés de tous ces mé-
créants. Mais les bons usages s'en vont. Dans mon enfance, j'ai porté du bois au bûcher de plus de vingt hérétiques. Et voilà bien dix ans que nous n'avons pas eu un seul de ces actes si édifiants pour la foi.
SOEUR DOUCELINK.
Cette eau ne peut venir que de l'enfer. Il n'est pas étonnant qu'elle brûle. De l'eau qui brûle !... Comment voulez-vous que ce soit naturel? Et l'on prétend qu'elle peut rendre jeune et jolie. Ah! cela prouve ce que j'ai toujours pensé, c'est que ces tristes dons-là viennent de l'enfer.
DONNA ALBINA.
Avez-vous entendu ce qui s'est passé au château de Courthezon? Le seigneur Faustin était mort depuis quelques heures. Mais cet Arnaud, qui dispose de la vie et de la mort, l'a ressuscité par son élixir. Faustin a fait un testament nouveau et a changé, d'après ce qu'il a pu apprendre dans l'autre monde, ses premières dispositions.