‹ L'eau de jouvence: suite de CalibanChapitre 38 sur 92 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

NA BRUNA

ciel ! quel abus ! Mais cela ne devrait pas être permis de ressusciter les morts. Leur âme est en paradis, ou en purgatoire, ou en enfer. Il faut l'y laisser. On a vu, on a entendu là-bas un tas de choses ! Il n'est pas permis de venir les redire, ni profiter de ce que l'on sait.

JOURDAIN DE L'iLE.

Cela est vrai. Que deviendront les vivants, si les morts se mettent à ressusciter? Le premier devoir ' d'un gouvernement conservateur et honnête doit être d'empêcher les défunts de revenir sur terre. Si le couvercle du tombeau peut se lever, il n'y a plus d'ordre. Il faut faire une requête au pape pour que les ressuscites soient sévèrement réprimés et que les intéressés soient autorisés à exiger qu'ils meurent de nouveau. Par exemple, si les morts ressuscitent, celui dont on a pris légitimement les biens et qu'on a tué pourrait revenir réclamer ! Tout bien pesé, l'état du ressuscité est délictueux.

Lazare a vécu toute sa seconde vie en contrebande, sans titres de propriété, sans état civil.

NA BRUNA

Certainement. Où allons-nous, s'il est permis aux morts de revenir ? Vous avez eu, par exemple, un mauvais mari ; vous avez réussi à vous en délivrer, et vous seriez exposée à le voir reparaître!... Il ne servirait donc à rien de vous en être débarrassée?

DONNA ALBINA.

C'est clair. Il n'y a de sécurité que si les morts sont bien morts.

LES DANSEURS

Sur le pont

D'Avignon, C'est Jà que Ton danse ;

Sur le pont

D'Avignon, Que l'on danse en rond.

Un groupe d'hommes s'approche.

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