ACTE CINQUIÈME
hommes ! vous brûlez votre sang et votre vie dans d'ardentes subtilités. Quoi d'étrange que votre imagination veuille une fontaine d'eau fraîche, une coupe de lait? Reposez votre tête sur notre poitrine ; regardez ces jeunes seins, comme ils vous désirent!
II la baiie au front.
CÉLESTÏNE.
Embrassez-moi sans crainte. L'eau de Jouvence ii' est-elle pas sur nos lèvres? La fontaine en est là, dans notre cœur.
PROSPERO, té Tant à demi.
Oui, j'eus autrefois un petit serviteur, un esprit de l'air. Sa voix de femme était comme la tienne. Pauvre Ariel ! Il est mort parce qu'il était meilleur que moi. PHus mort quam fœdari.
Oa entend la teille lige: qui annonçait autrefois l'approche d'Atiel. PROSPERO.
Oh ! si je pouvais le revoir, et mourir une main dans la tienne, une main dans la sienne!
Musique eiquïiB. tas formel d" Ariel >e dessinant dans l'ait «a bleu trant-
PROSPERO
Ariel ressuscité ! ... Ah ! tu te réservais pour ma dernière heure, petit zinzolin. M'as-tu assez puni d'avoir préféré ma vie, c'est-à-dire mon œuvre à ma dignité, c'est-àr-dire à ma vanité? Que de fois j'ai cru t'apercevoir profilé sur le vide! Pourquoi ne venais-tu pas ? Tu me tenais rigueur, charmant petit rancunier, d'avoir serré la main de Galiban. Ta tête sera donc toujours la salie de bal d'un délicieux petit quadrille de préjugés.
Célestiae éclate de rire et n'a plus d'yeux que pour Ariel, ARIEL.
Maître, quand l'idéal est mort, il n'y a plus que l'harmonie préétablie des choses qui puisse le ressusciter. Vingt fois, en te voyant faire tant de belles choses, j'ai failli reprendre un corps pour venir me remettre avec toi. Je l'avoue, j'avais eu tort de mourir. Le triomphe de Caliban m'avait un peu surpris. Maître chéri, voici ton petit serviteur. Je ferai désormais ce que tu voudras ; car ce que tu veux est le bien.