‹ L'eau de jouvence: suite de CalibanChapitre 87 sur 92 · ARIEL · texte numérisé non relu

ARIEL

Oh ! douceur étrange ! Je me touche ; je deviens chair. Une chaleur que je n'ai jamais ressentie circule en mon être. Le sang, ce liquide porteur de la vie, humecte ma poitrine. Je sens ce fleuve bienfaisant suivre dans tous mes membres son

cours aimable et taciturne. Et ici (Montrant ton cœur.) un battement léger, un petit chatouillement ! . . . (se tonnant rers coestine.) ma chère amie, pourrais* je désormais me séparer de toi ? Asiles cachés

des forêts, antres et rochers solitaires, cachez-

moi avec elle. Plus la retraite sera sombre, plus

ses parois rapprochées, plus son ciel écrasé, plus je croirai qu'elle est à moi et que l'univers entier est en elle. Vide infini de l'espace, rires innombrables des mers, un jour peut-être je me reprendrai à vous aimer.

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