ARIEL
Oh ! douceur étrange ! Je me touche ; je deviens chair. Une chaleur que je n'ai jamais ressentie circule en mon être. Le sang, ce liquide porteur de la vie, humecte ma poitrine. Je sens ce fleuve bienfaisant suivre dans tous mes membres son
cours aimable et taciturne. Et ici (Montrant ton cœur.) un battement léger, un petit chatouillement ! . . . (se tonnant rers coestine.) ma chère amie, pourrais* je désormais me séparer de toi ? Asiles cachés
des forêts, antres et rochers solitaires, cachez-
moi avec elle. Plus la retraite sera sombre, plus
ses parois rapprochées, plus son ciel écrasé, plus je croirai qu'elle est à moi et que l'univers entier est en elle. Vide infini de l'espace, rires innombrables des mers, un jour peut-être je me reprendrai à vous aimer.