‹ L'Eau de Mer en Ingestion dans les Dyspepsies: Son Influence sur la Sécrétion Gastrique et l'Excrétion UrinaireChapitre 10 sur 37 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Technique générale et technique des analyses.

En commençant la série d'observations que nous nous étions assignée, notre premier soin fut d'établir en une sorte de tableau méthodique notre règle d’expérimentation. Nous l'avons toujours appliquée intégralement ; c'est dire que chacun de nos sujets a été examiné, puis suivi dans des conditions identiques, avec une scrupuleuse sincérité.

Nous assurons en premier lieu l’équilibre alimentaire du malade pour toute la durée de l'expérience par un régime aussi approprié que possible à l'état de son estomac. Trois ou quatre Jours plus tard nous faisons prendre un repas d'épreuve d'Ewald, le matin à jeun ; nous prélevons, en même temps, un échantillon des urines et pesons notre patient. Aussitôt, début du traitement que nous poursuivons sans interruption pendant quatorze jours au moins. Enfin, vingt-quatre heures après la cessation de l’eau de mer, nous faisons ingérer un nouveau repas d'Ewald, nous prenons un second échantillon de l'urine et nous repesons le malade.

Il'importe de développer chacune des parties de cet exposé.

ÉQuire ALIMENTAIRE. — Notre but étant de comparer le suc gastrique à deux reprises différentes, mais chez le même individu, peu nous importait d'établir un régime unique. Cela nous aurait permis, il est vrai, de rapprocher plus strictement les résultats individuels les uns des autres, mais les inconvénients étaient si grands que nous avons dû y renoncer. Telle personne prend avec plaisir un aliment qui chez telle autre entraine un dégoût invincible, des douleurs. Tel estomac digère à merveille

un aliment lourd et ne digèrera plus les œufs, le lait surtout. Or ici, il était nécessaire de saisir l'estomac dans son fonctionnement journalier, avec le travail que lui impose le malade.

C'est pourquoi, ävant d'établir le régime de chacun de nos sujets, nous avons consulté leurs goûts, leurs habitudes, leur tolérance. Tout au plus avons-nous réduit certains aliments et supprimé certaines boissons, le vin en particulier.

Mais le régime une fois adopté, nous en avons exigé une scrupuleuse observation. De cette façon nous avons assuré dans l'organisme, pendant toute la durée du traitement, une teneur en matières albuminoïdes et en sels sensiblement fixe, ce qui devait nous permettre de comparer nos résultats.

Repas D'ÉPREUVE. — On sait actuellement que la valeur de la sécrétion gastrique varie à toute heure de la journée. Linossier ct Lemoine (1) se sont assurés par exemple que, sous l'influence d’une égale excitation et chez le même malade, le contenu gastrique présentait une acidité de 3 p. 1.000 une heure après le repas d'épreuve pris à midi, et de 2,15 p. 1.000 seulement quand le repas était ingéré le matin au réveil.

IL faut donc faire prendre ce dernier au même moment de la journée. Nous avons choisi le matin, entre huit et neuf heures, alors que l'estomac est à jeun depuis la veille.

Le repas que nous avons donné est celui d'Ewald. Sa simplicité bien connue :

Pain branic.Tassis 20e 0e 60 grammes.

Thé léger sans sucre ni lait . .. 250 »

le met à la portée des sujets les plus délicats. Il n'est guère de circonstances où il ne puisse être supporté avec un peu de bonne volonté.

La durée du séjour a été régulièrement d’une heure. Il est bien certain qu'un estomac riche en acide chlorhydrique digèrera plus vite qu’un autre à sécrétion amoindrie. Nous répétons que ce caractère ne peut pas nous gêner, car nous ne voulons

(4) Linossier, Valeur clinique du chimisme stomacal. C. R. du Ier Congrès de médecine interne. Lyon, 1894.

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