FO
Organes des sens : Diminution de la vision, depuis trois ans. Signe d'Argyll Robertson. Légère surdité; vertiges.
Le signe de Westphal existe très net. Dents en très mauvais état, Atrophie des muscles des membres inférieurs.
En somme, labes à marche lente avec prédominance, comme on va le voir, des troubles viscéraux gastriques.
Appareil digestif : Douleur en ceinture très nette, à point de départ épigastrique. Nausées, suivies quelquefois de vomissements. Renvois comme du vinaigre. Pas de régurgitalions. Contractions stomacales et gargouillements. Mauvaise bouche; langue rouge. Appétit capricieux, avec plulôt de l'anorexie et du dégoût pour loutes les viandes. Gaz fétides. Constipation tenace.
Inspection : Ventre plutôt un peu rétracté. Pas d'ondulations péristalliques.
Palpation : Douleur très vive au niveau du creux épigastrique, à mi-distance entre l'ombilic et la pointe du sternum. Peu de défense musculaire. Sensation, à l'endroit sensible, d'une petile grosseur en forme de noisette qui semble être une hernie épiploïque.
Percussion : L'estomac s'étend de trois travers de doigt au-dessous du mamelon à un travers de doigt au-dessus de l'ombilic. Le foie ne parait guère augmenté de volume.
Rien au poumon, ni au cœur. La Leneur en urée de l'urine est très amoindrie.
TRAITEMENT. — Le malade est au régime régulier de l'hôpital: soupe, viande et légumes; l'équilibre de son alimentalion étant assuré, nous nous décidons à faire, le 14 décembre, un repas d'épreuve.
14 décembre 1906 : Puis le même jour, après avoir supprimé toute médicalion, nous prescrivons 100 grammes d'eau de mer pure, à prendre quotidiennement en deux fois.
18 décembre : Nous portons la dose à 200 grammes. Très légère diarrhée depuis le 15.
19 décembre : L'eau salée est prise sans dégoût, tout au contraire. Les douleurs sont déjà moins violentes. Aucun vomissement depuis le début. Quelques renvois. Pesanteur un peu moins forte après le repas. Appélit plulôt augmenté. Bouche salée avec sensalion de soif. Langue normale. Moins de sensibilité au creux épigastrique. La
Salle 12, lit 2. — Durée du traitement : 14 jours.
ÉLÉMENTS DOSÉS
ne ee
HCI libre HCI combiné Chlorures fixes......
Ghlore {ofal 5772: | Rapport —- Rapport
Acide lactique ......
Acide butyrique.....
RÉDIOHES EEE CALE
Acide acétique
exe... 22
Sucre réducteur.....
Volume (24h).......
Densilé à + 150.....
Réaction ASDECUARIA ER RES DéUNeNt re Urée: (24h). m8 Phosphates (24h)...
Chlorures (24h) Albumine
AVANT L'EAU DE MER | APRÈS L'EAU DE MER |DIFFÉRENCES
CONTENU STOMACAL
120 cc.
jaune très pâle normale facile malières bien divisées 2,410 1,240 0,876 2,044 4,160 1,06 1,34 traces {races abondants erythro el acroo :
150 cc.
jaune pâle normale rapide malières bien divisées 2,536 1,414 0,957 1,936 4,307 1,29 1,17 traces lrès légères traces lrès légères très abondants crylhro : abondants;
présence acro00 : présence 14,19 10,40 URINE 1.300 2.250 1.021 1.019 hypoacide presque acide limpide normal normal normal 19,500 31,500 1,360 2,581 11,869 23,429 0 0 0 0 traces très neltes présence POIDS 90 kil. 94 kil.
— avancée
+ acide
+ 4 kil.
ee ON
diarrhée à cessé, mais le malade a néanmoins deux selles spontanées par jour. Pas de fièvre. Temp. : 36,4 à 36,6, comme d'habitude.
26 décembre : L'état est encore amélioré, mais plus notablement. L'appétit est augmenté, sans être cependant considérable, À peine quelques renvois insipides après les repas, et tant que se fait la digestion. Pas de douleur au niveau de l'estomac, ni spontanée ni provoquée. Après l'ingestion des aliments, la lourdeur n'existe plus, mais légère sensation, de brülure. Selles régulières deux fois par jour, demi-molles, qui soulagent énormément le malade. Les douleurs des jambes ne sont pas calmées et reparaissent surtout avec les temps humides. Beaucoup de gaz, mais inodores.
Inspection : Pas de ballonnement; pas de contractions.
Percussion : Estomac moins dilaté, remonte à trois travers de doigt au-dessus de l’ombilic.
27 décembre : L'amélioration s'est installée définitivement el persiste. Il ÿ a toujours quelques brûlures au creux épigastrique, mais très espacées. L'appétit demeure très bon, ce qui élonne notre malade. Enfin il lui semble avoir plus de forces pour marcher, si bien qu'il aide la sœur à distribuer le repas de ses camarades de salle. Nous cessons à ce moment le traitement, puis, 24 heures après, nous faisons un nouveau repas d'Ewald et nous pesons le malade. Lui qui maigrit depuis plus de cinq ou six ans, ne peut en croire ses yeux d'avoir engraissé de 4 kilogr.
OBsErvATION IV (personnelle)
Recueillie dans le service de M. le Dr Bouver.
Dyspepsie hypzrsthéniq'e avec hépitomégalie. — Eau de mer pure. — Amélioration.
Matbieu D..., 31 ans, garçon de restaurant. Salle 13, lit 2-10.
Entré le 3 décembre 1906 pour douleurs dans la région de l'estomac.
CommémorarTirs. — 1° Anlécédents hérédilaires : Père mort quand le malade avait 5 mois. Mère bien portante.
2 Antécédents personnels : Aucune maladie; n'a jamais loussé; blennorrhagie dans sa Jeunesse.
3° Histoire de la maladie : H y à cinq ou six ans environ, alors qu'il élait domestique dans une maison bourgeoise, le malade fut pris de coliques et de crampes localisées à droile, au niveau du foie. Un médecin appelé calma la fièvre, qui s'élevait à 40°, et le soulagea en le mettant au régime lacté. Au mois d'octobre 1905, pendant une soirée, réapparition de douleurs très fortes toujours au même endroit. Le malade, après bien des efforts, rend son diner, mais les douleurs persistent jusqu'au lendemain soir. On inslilue, à nouveau, le régime lacté, puis D... entre à l'hôpital, salle 17.
Après continuation du régime, mitigé de bouillons, pendant vingt jours, il est complètement rétabli. Sur les conseils du docteur Bénech, il se met aux viandes blanches el aux purées de légumes.
Il embarque à ce moment sur la Cordillière et voyage jusqu'en novembre 1906. Vers le 10 de ce mois, nouvelle réapparition des douleurs avec diarrhée et non plus conslipalion. Ces douleurs venaient le matin au réveil, mais surtout après les repas; elles s'accompagnaient de pyrosis. Comme il ne digérait plus du tout, on le remit au lait et au bouillon. Le malade resta à l'infirmerie du bord jusqu'à l'arrivée, puis entra salle 13.
EraT ACTUEL (au 11 décembre 1906). — Etat général : Très légèrement affaibli, fatigué. À peine amaigri, poids : 58 kil. 525. Caraclère plutôt gai. Pas de céphalée, pas de fièvre. Conjonctives légèrement jaunes. Pas d'ictère.
Appareil respiratoire : Ne lousse, ni ne crache jamais.
Appareil circulatoire : Pouls : 60, plein, normal.
Appareil digestif : Douleur au niveau de la région épigastrique et del’hypochondre droit. Ni vomissements, nirenvois, nirégurgitations. Pyrosis. La constipation a remplacé la crise diarrhéique du mois dernier. Pas de gaz. Bouche excellente. Langue un peu saburrale. Dents en bon état, mais il manque plusieurs grosses molaires inférieures. Bon appétit.
Inspection : Très léger ballonnement du ventre, surtout au niveau du creux épigastrique. Quelques contractions. Pas d'ondulations périslaltiques. Voussure de la partie inférieure et droite du thorax.
mn
Palpation : Réveille une douleur assez vive au niveau de l'appendice xiphoïde, de la partie supérieure de l'épigastre et de l'hypochondre droit. Défense musculaire peu marquée. On sent le foie très augmenté de volume ; il dépasse les fausses côtes de trois à quatre travers de doigt et remplit lout l'espace compris entre les cartilages costaux droits et l'ombilic, recouvrant ainsi la partie droite de l’estomac. En haut, il remonte à trois travers de doigt au-dessous du mamelon. .
Percussion : Estomac un peu dilaté, commence à deux travers de doigt au-dessous du mamelon gauche et finit à un travers de doigt au-dessus de l'ombilie. Pas d’ascite.
Appareil urinaire : Rien à signaler, si ce n’est l’alcalinité des urines. Traces de pigments biliaires.
TRAITEMENT. — 11 décembre 1906 : On établit un régime fixe composé de purées, lait, un peu de pain, puis on fait un repas d'épreuve d'Ewald, après lequel on donne quotidiennement 100 grammes d'eau de mer pure.
12 décembre : Aussitôt une selle dure, mais spontanée. Les matières fécales sont recouvertes de bulles graisseuses blanchâtres.
14 décembre : Une selle moins dure le 13; aujourd'hui, une selle molle. Il semble au malade que l'appétit est augmenté, mais il n'ose pas trop manger, car il lui semble aussi que les douleurs sont un peu plus fortes au niveau de l'estomac, surtout deux ou trois heures après les deux repas. Pas d'élévation de lempérature. Il prend l'eau avec plaisir.
19 décembre : Absorbe 200 grammes d'eau de mer depuis le 15 et cela toujours sans dégoût. Le côté droit et le creux épigastrique sont moins douloureux. Excellent appétit. Quelques renvois aigres et acides une heure ou deux après avoir mangé. Bouche toujours bonne. Langue moins saburrale. Le malade ne va qu'une fois par jour à la selle, mais spontanément et presque dur. La palpation est presque insensible partout, mais on sent nellement le foie qui est peut-être un peu moins gros. À la percussion, l'estomac ne parait guère dilaté.
24 décembre : Dernier jour de traitement.
Etat général moins faible.
ÉLÉMENTS DOSÉS
ne
Volume Couleur.
Chlorures fixes......
Ghlore totale... #50.
Rapport + Rapport & Acide laclique Acide acélique......
Acide butyrique.....
Peplones rer
Dexiriues
Sucre réducleur ....
Densité à + 150...., Réaction
Unreal es Phosphates (24h)...
Chlorures (24h) Albumine
Nolumel2th) eee |
AVANT L'EAU DE MER | APRÈS L'EAU DE MER |DIFFÉRENCES
CONTENU STOMACAL 100 cc. 200 ce.
jaune clair très peu coloré aigrelelle faible et fade facile facile malières bien divisées|malières bien divisées 2,993 3,175 2,263 2,482 0,538 0,565 2,162 1,552 4,963 4,599 3,10 3,08 1,35 1122 traces faibles 0 0 0 0 0 abondants très abondants erylhro : abondants ; | erylhro : présence; acroo : lraces acroo : lraces 10,40 10,40 URINE 2.500 1.650 1.013 1.024 alcaline hypoacide trouble trouble abondant peu abondant 22,50 33,00 1,62 2,06 13,45 155 0 0 0 0 traces normales 0 POIDS \ 58 kil, 525 60 kil. 075
— avancée
L 4 kil. 550
sb
Appareil digestif : Appétit toujours bien augmenté; il se prive pour ne pas trop manger; aucun aliment ne le dégoûte. Le pyrosis a cessé depuis deux jours ; enfin lés renvois aigres, qui se montraient depuis le début de l'eau de mer, ont actuellement presque cessé. Bouche toujours bonne; langue rouge aux bords, encore saburrale au fond. Plus de constipation : une selle molle tous les jours. A l'inspection on ne trouve plus de ballonnement de la région épigastrique et l'on ne voit pas de contractions. Pas de défense musculaire à la palpation. Douleur bien diminuée après une exacerbation passagère. Le foie a un peu décru de volume; conjonctives à peine subictériques. Plus de dilatation gastrique.
En somme, le malade se trouve tout à fait remis et prétend qu'il digèrerait plus qu'il mange.
25 décembre : Vingt-quatre heures après la cessation du traitement marin l'on fait un nouveau repas d'épreuve, puis D... part en convalescence dans sa famille, enchanté du résultat acquis.
OBSERVATION V (personnelle).
Recueillie dans la clientèle de M. le Dr H. LAMARQUE.
Dysp:psie hypersthénique. — Eau de mer coupée. — Amélioration.
Me StM.., 44 ans, sans profession.
ComMÉmorarirs. -— 10 Antécédents hérédilaires : Père mort de cancer de l'estomac. Mère vit encore.
920 Antlécédents collaléraux : Deux sœurs, l'ainée à une maladie d'estomac.
3 Antécédents personnels : Réglée régulièrement à partir de quatorze ans. Trois enfants. Elle n'a jamais été malade, mais de tout temps elle a mangé vile, sans mastiquer les aliments qui lui occasionnaient après le repas une pénible sensation de pesanteur. Les dents sont loujours restées dans un état déplorable, donnant lieu maintes fois à des abcès dentaires, Au point de vue intestinal, Me S'M.., n'a jamais remarqué, à proprement parler, de constipation.
4 Histoire de la maladie : Il y a un an, la malade à contracté un
CP. pu
gros rhume, accompagné immédiatement de troubles gastriques prédominants : douleurs épigastriques avec violents paroxysmes; sensation de torsion, d'étouffement derrière le sternum; vomissements. Elle essaye d'abord le ferment de raisin qui n'arrête mème pas un amaigrissement rapide. Le D' Lamarque la met alors au lait et aux œufs exclusivement, et sous l'influence de ce régime un mieux sensible se fait sentir. Puis elle part à la campagne où elle se remet presque complètement et commence à pas mal engraisser.
Nouvelles crises, au retour à Bordeaux, en octobre 1906. Le régime lacté, aussitôt appliqué, n'agit plus aussi efficacement. La malade élernise son élat gastrique.
EraT ACTUEL (au 20 décembre 1906). — Ætat général: Notable amaigrissement. Un peu d’affaiblissement, surtout sensible dans les moindres travaux. Muqueuses et conjonctives légèrement décolorées. Pas de fièvre. Poids : 51 kilogr. 500.
Appareil digestif : Langue très chargée. Mauvaise bouche et haleine forte. Pas de renvois, de régurgitations, de gaz. Pas de vomissements. Douleur spontanée une heure et demie après déjeuner, persistant ensuile sous forme de pesanteur stomacale, sans brülure. Selles régulières, demi-molles. Anorexie sans trop de dégoût.
Inspection : Ventre plutôt excavé. Ni contractions en masse, ni ondulations.
Palpation : Sensibilité épigastrique très marquée, avec défense musculaire. Foie un peu douloureux.
Percussion : Sonorité à peu près normale.
Rien aux autres organes.
TRAITEMENT. — Nous décidons d’essayer le trailement marin qui nous réussit si bien d'ordinaire. L'équilibre alimentaire se trouve réalisé, puisque, depuis deux mois déjà, la malade ne prend que du lait et des œufs.
25 décembre : 100 grammes d'eau de mer, quotidiennement, avec autant d'eau d'Evian.
28 décembre : 200 grammes d'eau de mer, toujours coupée par moitié avec de l’eau d'Evian.
31 décembre: M"°S'M..., vient à la consultation du D' Lamarque. Elle trouve qu'elle à maintenant beaucoup plus d'appétit. La langue
oo
Volume (24h)