‹ L'Eau de Mer en Ingestion dans les Dyspepsies: Son Influence sur la Sécrétion Gastrique et l'Excrétion UrinaireChapitre 15 sur 37 · CHAPITRE "TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE "TI

Observations.

S I. Dyspepsies hypersthéniques.

O8sERvATION I (personnelle).

Recueillie dans la clientèle de M. le Dr H. LAMARQUE.

Dyspepsie hypersthénique chez une arthritique. — Eau de mer pure. — Aggravation.

M'e D..., 35 ans, sans profession,

COMMÉMORATIFS. — 1° Antécédents héréditaires : Père et mère très rhumatisants.

2° Anlécédents personnels : Réglée à 12 ans, régulièrement. Deux enfants bien portants. Obésité. Rhumatisme musculaire. Pleurodynie et pleurite arthriliques assez fréquentes. Il y a quatre ans environ, la malade à eu une congeslion pulmonaire apyrétique, probablement arthritique. Fréquentes métrorrhagies par congestion; pertes blanches et glaireuses.

3° Histoire de la maladie : Depuis plusieurs années, elle se plaint de troubles digestifs rebelles : renvois, pyrosis fréquent, pesanteur et brûlure au niveau de l'estomac, constipation très opiniâtre. Une cure à Châtel-Guyon à déterminé une certaine amélioration qui ne s'est pas maintenue. À plusieurs reprises, depuis cetle époque, phénomè-

ANS nes de congestion hépatique avec teinte subictérique des conjonctives.

Erat ACTUEL (au 14 janvier 1907). — Æfat général : Bon. Pas d'amaigrissement, Forces assez bien conservées, Pas de céphalée, ni de vertiges.

Appareil digestif : Les troubles gastriques sont très prononcés, gênant beaucoup la malade. Langue extrêmement blanche. Renvois à goût de vinaigre, agacant les dents. Pyrosis. Brûlure et pesanteur de l'estomac, survenant environ deux heures après le repas et se prolongeant durant la digestion. Pas de régurgitations, ni de vomissements, L'inappétence est absolue et s'accompagne de la crainte de manger. La constipation devient de plus en plus forte.

Inspection : Tissu adipeux abdominal très développé.

Palpation : Il n'existe de sensibilité vraie à aucun niveau de l’abdomen; on ne détermine pas de défense musculaire. On décèle, à jeun, un peu de clapotage et de la succussion hippocratique légère.

Percussion : L'estomac est très dilaté; il descend au-dessous de l'ombilic.

La malade a été soulagée, dans ces derniers temps, par des paquets de bicarbonate de soude et de cocaïne, donnés deux heures après le repas. Elle suit un régime fixe depuis deux mois déjà.

TRAITEMENT. — 16 janvier : Nous prescrivons l’eau de mer pure, à prendre quotidiennement à la dose de 100 grammes.

18 janvier : Un peu de diarrhée le 17 et dans lanuit du 17 au 18.

19 janvier : Nous portons la dose à 200 grammes d'eau, toujours pure.

26 janvier : Les aigreurs, le pyrosis, les brûlures à l’épigastre ont augmenté dans des proportions fatigantes. Les douleurs, après le repas de midi surtout, sont devenues plus vives et se prolongent plus longtemps. Quelques nausées. La constipation est revenue. La malade se trouve plus fatiguée, et nous cessons aussitôt le trailement, cause très certaine de l’aggravation actuelle.

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OBsERvarioN IT (personnelle).

Recueillie dans la clientèle de M. le Di H. LAMARQUE.

Dyspepsie hypersthénique chez une arthritique. — Eau de mer pure. — Aggravation.

Germaine D..., 14 ans, sans profession.

Commémonarirs. — 1° Antécédents hérédilaires : Père vivant, rhumatisant; présente une dilatation d'estomac.

Mère vivante. Cirrhose hépatique, d'origine probablement éthylique, ayant nécessilé huit ponclions et guérie.

2 Antécédents collatéraux : Une sœur bien portante, mais rhumatisante.

3° Antlécédents personnels : Pendant la première enfance, la malade a présenté de fréquentes affections de l'appareil respiratoire : bronchites, broncho-pneumonie, laryngite striduleuse répétée. À dix-huit mois, fièvre gastro-intestinale infectieuse.

4° Histoire de la maladie : Cette enfant a toujours été alimentée d'une façon plutôt copieuse et mange, par conséquent, au delà de son appélit. À ce régime elle est devenue rapidement très grasse, presque obèse pour son âge, et depuis deux ans elle souffre de phénomènes dyspepliques qui vont s'accentuant, malgré la réduction progressive de l'alimentation. Durant l'automne dernier, à la suite d’une auto-inloxicalion alimentaire, se sont déclarés des symptômes d'entérile el même de colile qui ont fait craindre une typhlite très aiguë.

Cependant la constipation demeurait loujours rebelle, si bien qu'il a fallu instituer le régime lacté, accompagné de purgatifs et d'évacuants, Mais bientôt le lait a été mal supporté ; il à été remplacé par des œufs et des purées qui constituent encore le régime quotidien de la malade.

EraT ACTUEL (10 décembre 1906). — Etat général : L'enfant est fatiguée, paresseuse, mais n'a pas maigri. Céphalée fréquente. Un peu de fièvre par intervalles.

Appareil digestif : Langue saburrale. Mauvaise haleine, Renvois allernalivement comme du vinaigre ou des œufs pourris. Grande sensation de gène stomacale qui débute deux heures après le repas

ne ND —

el cesse vers 5 heures du soir. Inappétence absolue. Depuis quelque temps, pyrosis assez fréquent. La constipation persiste plus forte que jamais.

TRAITEMENT. — 12 décembre : Nous prescrivons 100 grammes d'eau de mer à prendre quotidiennement, pure,

13 décembre : Diarrhée peu abondante pendant la malinée.

15 décembre : Nous augmentons à 200 grammes,

16 décembre : Augmentalion considérable des troubles digestifs. Langue extrêmement chargée. Pyrosis bien plus accentué. La pesanteur stomacale est remplacée par une brûlure.

L'eau de mer fatigue beaucoup l'enfant et la « démolit ». La petite crise diarrhéique s'est arrêtée et n'a pas débarrassé l'intestin.

Nous arrêlons la médicalion le jour même.

OBsERVATION III (personnelle).

Recueillie dans le service de M. le Dr Cassazr.

Dyspepsie hypersthénique chez un tabétique. — Eau de mer pure. — Amélioration. :

Ernest B..., 43 ans, boulanger. Salle 12, lit 2. |

Entré le 9 novembre 1906 pour violentes douleurs localisées aux membres inférieurs et à l'estomac.

Commémorarirs. — 1° Antécédents héréditaires : Son père a 78 ans et n'a jamais eu que des rhumatismes. Sa mère est morte à 60 ans, mais il ne sait de quelle maladie.

20 Antécédents collatéraux : Un frère de 49 ans et une sœur de 46, en bonne santé.

3° Antécédents personnels : B... à marché de bonne heure, puis est tombé malade vers l’âge de trois ans. Il n'a plus recommencé à marcher qu'à sept ans. Son père prétend, à ce propos, qu'il a toujours été très chétif et qu'il a présenté, de tout temps, une susceptibilité pulmonaire : il s'enrhumait facilement. Jamais de blennorrhagie ; pas de chancres.

Il faut signaler, vers l'âge de 37 ans, un eczéma un peu spécial accompagné de maux de gorge, On ne peut guère en tirer de con-

NE

clusion, car cette éruption s'est présentée deux ans après le début des accidents gastriques. Pas de traumatisme à signaler.

4° Histoire de la maladie : I y a huit ans environ, brusquement, vers une heure du matin, au moment où il se livrait à ses occupations de boulanger, il est pris d'une violente douleur épigastrique; or jamais, auparavant, il n'avait présenté de douleur dans celte région, Une demi-heure après le début de la crise se produit un vomissement abondant et très acide, accompagné d’envies pressantes d'aller à la garde-robe.

Cet état dure trois jours et fait place à une constipation opiniâtre qui s'installe pendant une huitaine de jours; B... entre à l'hôpital Saint-André et séjourne une vingtaine de jours à la salle 12, où on le soulage avec des lavements purgatifs.

Deuxième crise deux ans plus tard, aussitôt après la guérison de l'eczéma déjà signalé. La durée en fut longue. Pendant huit jours les vomissements ne cessèrent point, toujours accompagnés d'une vio- Jente douleur en ceinture.

Troisième crise en 1903, durée sept à huit jours. Cette crise fut précédée de douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs.

Quatrième en 1905; durée sept à huit jours encore. La cinquième apparait il y a deux mois; elle est calmée au bout de quatre jours,

Enfin la dernière débute le 7 novembre et B... entre salle 12.

ETAT ACTUEL. — En présence de ces phénomènes, l'attention se porte sur le système nerveux (au 12 décembre 1906).

Etat général : Très amaigri et affaibli; il peut à peine marcher.

Décoloration des conjonctives et des muqueuses. Pas de céphalée, pas de fièvre. Poids : 50 kilogr.

Système nerveux : Troubles de la station; signe de Romberg. Rien d'anormal aux membres supérieurs; la préhension des objets n'est point défectueuse. Démarche du malade seulement hésitante. Douleurs fulgurantes par crises de durée variable, mais très intenses et laissant les membres endoloris ; le maximum est à la plante du pied et à la cuisse. En même temps, crises gastriques avec douleurs en ceinture.

Léger retard de la perception à la piqûre, aux membres inférieurs ; sensibilité thermique troublée. Pas d'hyperesthésie; anesthésie par plaques.

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