acide limpide normal
traces
+ 79 cc.
+ acide
+ rapide
+ normal
| 4 il. 600 |
29 novembre : Même état. L'amélioration ne fait plus de progrès, mais se maintient. L'appétit est considérable, l'estomac est encore un peu douloureux, ainsi que la fosse iliaque droite. Diarrhée légère depuis trois ou quatre jours.
1er décembre : Cessation du traitement, après quatorze jours et ingeslion de 2 litres 500 d'eau de mer; l'état devient de plus en plus satisfaisant. La douleur, qui était plus vive au niveau de l'épigastre, il y a deux jours, a complètement disparu. La diarrhée a cessé dans la journée du 30.
Huit jours plus tard, G... quitte l'hôpital, très amélioré, pour reprendre son travail, L'appélit ne cesse d'être excellent; l'estomac est à peine sensible et les selles sont régulières, spontanées et quo-
tidiennes,
OBservaTION XX (personnelle).
Recueillie dans le service de M. le D' ARNozax.
Dyspepsie hyposthénique chez un syphilitique (?) — Eau de mer pure. — Amélioration considérable.
Jean P..., 65 ans, garçon de magasin. Salle 14, lit 6.
Entré le 5 octobre 1906 pour des étouffements et des douleurs d'estomac.
Commémonratirs. — 1° Anlécédents. héréditaires : Père mort de la poitrine. Mère morte d'accident.
2 Antécédents personnels : Rougeole à huit ans. Pendant son service militaire, à l'âge de vingt-quatre aus, balanite et bubon suppuré ouvert par le D' Bilot. Pas de chancre ?
Fièvres paludéennes, en Corse, à vingl-neuf ans. Le malade à eu des habitudes alcooliques : il prenait des apérilifs, quelquefois cinq ou six par jour; buvait du vin (deux ou trois litres au moins), quelques pelits verres, du café avec du rhum le malin à jeun.
3° Histoire de la maladie. : La maladie actuelle remonte, aux dires de P..., à l'année 1899. Il à ressenti tout d'abord des démangeaisons el des douleurs dans les jambes, qui atteignaientleur paroxysme durant la nuit, Il élait obligé de se découvrir. Pendant la journée,
violents tournéments de tête, vertiges, et lé malade tombait pour se relever au bout de quelques secondes.
En 1901, vers le mois d'avril, début d'une bronchite chronique avec emphysème pulmonaire. Fréquents séjours du malade à l'hôpital dans le service des D' Rondot et Bouvet. Chaque séjour est accompagné d'une légère amélioration, puis le malade repart. Vers le mois de juillet 1905, P... commença à souffrir de l'estomac. Il n'avait presque plus d'appétit; tous les mets le dégoûtaient, surtout toutes les viandes. Renvois aigres comme du vinaigre. En même temps régurgilations à odeur et saveur fécaloïdes, tant que restaient des aliments dans l'estomac, Vomissements la nuit, vers deux heures du malin, ramenant sans trop d'efforts la nourriture telle qu'elle avait été ingérée depuis le dernier vomissement. Revenant parfois toutes les nuits, ils pouvaient manquer pendant quarante-huil heures et plus. De juillet à octobre 1905, même état.
En octobre 1905, au cours des vendanges, l'état s'aggrave. Le malade ne peut plus rien avaler sans le vomir non digéré. En même temps les étouffements persistent plus forts que jamais. Il rentre à l'hôpital Saint-André. Chez le docteur Dumur, lavages d'estomac qui amènent une Jégère amélioration; mais aucune nourriture n'est supportée, sauf le pain, le lait et les laitages. Au mois d'août 1906, séjour à Vichy; le malade n'en a retiré aucun bénéfice, tout au contraire ; on fut même obligé de supprimer les eaux.
.Erar ACTUEL. — Le 5 octobre : Arrivée dans le service du docteur Arnozan.
Etat général : Très affaibli et très amaigri; le malade prétend avoir perdu 21 kilogr. depuis deux ans environ. Figure assez bonne. Quelques maux de têle espacés mais violents. Grande oppression dès que le malade marche, la nuit également. Pas de fièvre, pas d'œdème.
Appareil respiratoire : Inspection : Voussure thoracique en avant: Thorax globuleux.
A la percussion, on note : En avant, de la sonorité exagérée des deux côtés. |
En arrière, lègère submalité sur presque toute la hauteur des pôumons.
A l'auscultation : En avant, expiration prolongée et sifflante, râles sibilants et ronflants.
En arrière, râles muqueux et sous-crépitants.
En somme, emphysème et bronchite chronique avec congestion hypostatique de la partie postérieure et inférieure des deux poumons.
Crachats abondants (un plein crachoir au moins), blancs, muqueux, spumeux, aérés.
Le malade a beaucoup souffert, à une époque, de ses fosses nasales et de son arrière-gorge. On fit, à ce moment, le diagnostic de rhinile syphililique. Il existe actuellement une perforation de la cloison nasale; lé pilier antérieur droit du voile du palais a presque Lotalement disparu.
Appareil digestif — Signes fonclionnels : Douleur continuelle, mais supportable au niveau de loute la région épigastrique. A certains moments douleurs en broche. Pesanteur d'estomac, mais seulement après le repas, quel qu'il soit d'ailleurs. Pyrosis. Renvois comme du vinaigre, surtout au réveil. Régurgitations suivies de vomissements alimentaires non digérés avec un peu de bile. Jamais de sang; ni constipalion, ni diarrhée; pas de melæna.
Inspection : Ventre légèrement excavé. Parois amaigries. Contractions en masse de l'estomac; pas d'ondulations péristaltiques.
Palpation : Douleur assez vive au niveau du creux épigastrique. Défense musculaire marquée. Sensalion d'une plaque indurée au niveau de la grande courbure, probablement linite plastique.
Percussion : Pas de clapotage. Légère succussion hippocratique. Sonorilé stomacale plutôt diminuée.
Pas de ganglions de Troisier, ni dans l’aisselle.
Urine : Pas d'albumine. Quantité des 24 heures, environ 1,300 ce,
TRAITEMENT. — Dès l'arrivée, c'est-à-dire vers le 10 octobre, l'emphysème est traité par du sirop de polygala, de Desessarlz el des ventouses. On instilue un régime composé de pain, lait (un litre), lailages, et l'on donne de l'eau de mer pure à la dose ordinaire de 100 grammes par jour, en deux fois. Diarrhée abondante qui dure quatre ou cinq jours. Depuis ce moment le traitement à l'eau de mer
est continué sans interruplion à la même dose.
Salle 14, lit 6. — Durée du traitement : 38 jours.