CHAPITRE IV
Les chlorures de l’organisme : la sécrétion chlorée gastrique et l’excrétion chlorurée urinaire.
Le caLore sromacas. — Connaissant la composition du liquide agissant, nous devons étudier à son tour le liquide sur lequel il agira : le suc gastrique.
La nature de la sécrétion stomacale est un des problèmes qui ont provoqué, dans ces dernières années, le plus de recherches, le plus de solutions différentes. Nous exposerons de suite les résultats acquis.
Le suc gastrique contient d’abord deux ferments : la pepsine et la présure ou lab ferment.
La présure a simplement pour rôle de caséifier le lait; mais la pepsine est autrement importante. C’est un ferment soluble qui agit sur les matières albuminoïdes et les transforme en peptones après passage par toute une série de corps intermédiaires. Mais cette transformation, qui constitue essentiellement la digestion stomacale, ne peut avoir lieu qu’en présence d’un acide; la pepsine est done associée dans l'estomac à un acide libre. Quel est celui-ci?
A l'heure actuelle, l'accord est fait sur l'existence du chlore dans l'estomac. Après avoir admis successivement que l'acidité gastrique était due aux acides lactique, phosphorique, acétique, fluorique, au phosphate acide de chaux, on sait qu'elle est physiologiquement une acidité surtout chlorhydrique et que les acides lactique, acétique où butyrique n'apparaissent qu'à l'occasion de fermentations plus ou moins anormales.
On sait aussi que le chlore stomacal existe sous trois formes différentes :
1° À l'état d'acide chlorhydrique libre, en simple solution dans le suc sécrété;
2 A l’état d'acide chlorhydrique faiblement combiné, c'est-àdire combiné aux bases organiques ;
3° À l'état de combinaison beaucoup plus stable, avec des bases minérales, formant une solution neutre.
On sait surtout l'importance dévolue à ces éléments chlorés dans la digestion. En dehors de son action, déjà rappelée, sur la pepsine, l'acide chlorhydrique, par son simple contact avec les matières albuminoïdes, forme des acidalbumines ou syntonines, combinaisons solubles et acheminement vers les peptones. IL est, de plus, un antiseptique puissant qui empêche la putréfaction de se produire.
Les recherches de Dastre ont montré que les chlorures fixes, le chlorure de sodium gastrique, sont capables eux-mêmes de dissoudre les substances albuminoïdes, en particulier la fibrine, et que cette action peut aller jusqu'à la peptonisation.
Nous voici donc en face de deux solutions à valeurs bien définies : une première qui contient entre autres sels des chlorures de sodium, de magnésium, l'eau de mer; une seconde qui agit principalement par ses éléments chlorés, le suc stomacal.
De nos deux premiers chapitres il résulte qu'au point de vue clinique l'eau de mer à une action indéniable sur la régularisation des fonctions digestives. Or, nous le savons maintenant, cette fonction à pour facteur essentiel l'acide chlorhydrique et les chlorures sécrétés. IL était naturel d'en inférer que les chlorures du sérum marin amenaient des modifications chimiques du chlore gastrique.
C’est l'étude de ces variations que nous avons poursuivie, en faisant méthodiquement l'analyse du suc gastrique de seize malades, au début et à la fin du traitement. Les résultats, comme on le verra dans la troisième partie, ont répondu complètement à notre attente.
LES CHLORURES URINAIRES. — Mais en dehors de cette action de