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devait y servir comme inlirmière. — Toinelle Siraoïinol était recommandée au consulat de France, où l'on comptait lui trouver un emploi de femme de chambre.
Les deux maris s'étaient donné rendezvous.
Profondément convaincu des torts de Simonnot, Tiny avait juié d'en tirer une vengeance éclatante. Simonnot, qui voulait bien se permettre les plusgrandes légèretés, mais ne prétendait pas autoris t la même licence chez Toinelte, conduisit sa blonde moitié à l'auberg^^ l'y traita selon ses menaces du jour du passage de la Ligne, lui laissa l'adresse du consul, et alla rejoindre à Saint-Domingue le sergent Tiny, qui l'attendait sabre au côté.
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Ce sabre, malheureusement, passa bientôt à travers le corps de l'infortuné Simonnot, que l'équipage enterra le lendemain.
Tiny n'osa revenir à bord de la frégate, déserta et entra plus tard au service de l'empereur du Brésil.
Sa femme, réfugiée à l'hôpital, eut tellemont peur de lui, qu'elle disparut et retourna en Europe. J'ai ouï dire qu'elle est aujourd'hui cabarelière à Liverpool.
Quant à la veuve Simonnot — le seul do mes quatre personnages que j'aie personnellement connu — après avoir exercé les fonctions d'infirmière, abandonnées, dès le premier jour, par Madelon Tiny, elle épousa en secondes noces, vers la fin de notre sla-
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lion au Brésil, un autre marin de la Dryade et revint avec nous en France, n'ayant fait en résumé que changer de nom et de mari.
Elle se plaignait pourtant du soleil des tropiques, qui lui avait donné des taches de rousseur. — Voilà l'historiette!...'
— Mon cher ami, médit Amédée ***,vous croyez avoir fini; eh bien! nous avons à bord du Diadème votre sergent Tiny en per sonne.
— Bah ! mais il était déserteur avec circonstances aggravantes !
— Entré dans la garde de don Pedro,
ainsi que vous venez de nous le dire, reprit
m Amédée, il resta fidèle à la fortune de l'era-
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pereur du Brésil, le suivit à Oporto, se distingua devant Terceire et peu de temps après à Lisbonne, si bien qu'il est décoré de je ne sais quel ordre portugais. Depuis, profitant d'une amnistie, il est rentré en France. Grâce aux recommandations de notre ambassadeur en Portugal, il a été réintégré dans son grade, et presque aussitôt nommé adjudant; — c*est un exellent capitaine-d'armes.
— Il doit pourtant être un peu vieux.
— Mais il n'a guère que trente-huit ans, d'où je conclus qu'il en avait vingl-qiiaire sur votre Dryade.
— Je vous ai déjà dit que de mes quatre personnages je n'ai personnellement connu
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que la veuve Simonnot, car je ne fus embarqué sur la frégale que six mois après les tragiques aventures de mes canlinières manquées.
— Eh bien î mon cher, je vous ferai faire connaissance avec Tun de vos héros, et l'autre de vos héroïnes.
— Madelon Tiny?
— Madelon Tiny en chair et en os.
— Plaisantez-vous? Me fabriquez-vous un roman à votre tour? Prétendez-vous me mystifier? Je vous jure, pour ma part, que je n'ai rien inventé.
— Je ne plaisante pas et n'invente pas
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davantage, reprit Amédée: sachez donc que Madelon, repentante, est rentrée sons le toit conjugal ; elle habite Brest, et vient tous les jours à bord du Diadème, où elle est, en ce moment même, sinon en qualité de cantinière,du moins comme marchande en titre.
— Allons ! tout est bien qui finit bien, dis-je, en acceptant un cigare.
Au dessert avait succédé le cafr.
Nous sortîmes de la grande chambre, et mon ami Amédée m'emmena vers la portion de la batterie où étaient installées les boutiques volantes des deux marchandes du Diadème i
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— La plus petite, me dit Amédée, est justement madame Tiny, et cet adjudant qui lui parle est son légitime époux, notre capitaiue-d'armes; je regrette que la plus grande ne soit pas votre veuve Simonnot ; mais... mais...
— Toinette, veuve Simonnot, est fixée à Rochefort, ajoutai-je.
A l'heure qu'il est, j'ignore encore si mon ami Amédée disait vrai. Peut-être ne crul-il pas un mot de ma véridique histoire, et voulut-il prendre sa revanche. Elle futcomplèle, en tous cas, car je le crus fermement.
Avant de monter sur le pont, nous allumâmes nos cigares à la mèche qui brûle, tîuitei jour» auM environs du Palaii-llQual
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— c'est ainsi qu'on appelle parfois les boutiques des marchandes du bord, femmes maritimes pac excellence, qui, pour mille bonnes raisons, ne se (jerme tient jamais d'enfreindre les règlements de police inté* rieure.