LA
- — Nous passerons encore nos vacances
2e FRS
sr L'EAU SOUTERRAINE &.
É rai, ma très ere fille, la grande joie de:
te revoir. Iln’est pas impossible alors que
Ja séparation qui a tant chagriné mon
cœur prenne fin. » Et la lettre se termi-
nait par ces mots un peu énigmatiques :
« Une maïson sans femme qui la dirige, ATIE lorsque le chef est forcé de s’en aller: au dehors, comme un jardin en friche. s.
D HAFrese lui rendit la lettre.
ensemble, ma chérie! - Et se frappant soudain le front : | — Mon Dieu, j'oublie le plus impor-
tant. Mlle La Croûte m'a chargée de vous
dire qu’elle vous attend pour la leçon de
piano. Elle va être furieuse.
es Afons vite; dit Aïcha.
Elle s'appliquait avec passion à cette étude spéciale. Les difficultés l'avaient ARTS rébutée, mais peu à peu elle
s’y était mise. La musique était pour elle commé un pays merveilleux, à la fois solitaire et peuplé, plein d'images nou-
tamarre des fantasias sauvages...
velles et de sentiments inconnus. Elle
prit Thérèse par la taille et gaiement fredonna :
S1 les doux accords de ta lyre…
— Est-ce joli, cet air d'Orphée! Vous VOUS SOUVenez..…
Si Les doux accords.
Est-ce doux, est-ce ee Je raffole de Gluck, moi. =
Elle disait cela de sa voix chantante, sur un ton enjoué et naturel où rien de guttural ne rappelait certes l’aigre et mélancolique musique des flûtes, le tin- Elle s’en allait, svelte, penchant vers la nuque rose et les cheveux blonds de Thérèse
Sa natte noire sous son chapeau de paille,
sa taille ronde bien prise dans une jupe bléue.
Et l'on eût dit, à l’'entendre,.
voir, une vraie petite Française.