‹ L'Eau souterraineChapitre 20 sur 48 · RE · texte numérisé non relu

RE

Er

® avenir. d'Aïche, Ta scène se tot passée |

sans témoiñs, peut-être elle ne se fût

pas plus considérée comme liée que tant d’autres jeunes filles, à qui pareille aven- :

ture était arrivée. Mais Aïcha avait été vue. Elle devinait, dans la raide immobilité de sa compagne, un blâme hostile, méprisant peut- être. Son orgueil en souffrit.

Elle” se. jura, et cette promesse lui fut

7 autant plus facile qu’elle était d'accord

avec son cœur, qu’elle n'aurait point tort aux yeux de cette subalterne, non qu’elle redoutât de lui. voir avertir Si-Salem, — elle savait bien qu’une telle nouvelle comblerait au contraire, l'ambition du vieil agha: Georges Allier était riche,

d'une famille utilement apparentée, et *bièn: en Cour, grâce à son oncle. Duval-

Allier, conseiller d'Etat:

aa susceptibilité

re maïs, avec Die Aïcha ‘fut

révoltée de l'idée de décroître dans l’es-

time d’une personne de son entourage, fût -ce une inférieure. À Rise MT Cd sr. -

— Reste A, Messaouda je reviens tout

à l'heure.

es monta l'escalier nénent Sori cœur. battait à lui faire mal. Elle était très : émue encore, en. rentrant chez Thérèse.

+ — Quoi, qu'est-ce qu'il y a, ma petite?

-consentit à avouer le véritable motif de son trouble.

se Pat marché vite en venant, pré-.

texta-t-elle. Il fait si chaud! :

Mais jamais Aïcha ne

Et dès lors elle se trouva liée vis- -à-vis de Georges par cet innocent et premier “petit: mensonge. Thérèse acheva sa toi-

—lette. Elles parlaient de choses et d’au-

tres, avec ce délicieux abandon et cetté . gaieté que. les jeunes filles ont entre elles, | lorsqu' elles sont vraiment amies. Mais jamais encore Aïcha n'avait mis dans sa

confiance et sa tendresse tant de chaleur et de laisser-aller, un si

complet’ don d’elle-même. Il lui semblait que Thérèse lui était devenue plus chère encore. Elle ne se rendait pas compte qu’elle la chérissait en ce moment pour deux.

les qualités, vécu en Algérie, Georges pouvait y- faire sa carrière ; et po il était assez riche

- l’intrusion d’une belle-sœur

Rentrée chez elle,

Depuis un mois que Mme Allier et sa

fille étaient descendues, à demi mortes de

fatigue et de chaleur, du ‘coupé de la diligence, jamais, même à la minute où, heureuses de se revoir, les deux amies tom-

| baient dans les bras l’une de l’autre,

même dans les meilleurs moments de

leur amitié passée, Thérèse n'avait senti

chez Aïcha une affection aussi passionnée.

Souvent, ces derniers temps, elles avaient

parlé ensemble de Georges. Mme Allier, malgré sa répugnance primitive, s'était

résignée, devant la volonté catégorique

de son fils, à la possibilité d’une union, avantageuse en somme elle aimait Aïcha dont elle connaissait et appréciait elle-même avait toujours

d’ailleurs était un personnage et dé

bien avoir quelque argent de côté.

Quant à Thérèse, ces projets exauçaient son désir; elle avait toujours redouté inconnue.

Aussi chaque fois que, dans sa conversation avec Aïcha, le nom de Georges

était revenu, elle s'était efforcée de la

confesser, tout en peignant son frère

sous les plus belles couleurs. Mais elle avait senti une réserve : Aïcha se tai- . sait. Pour la première fois, aujour-

d’hui, Thérèse percevait, sous ce silence volontaire, la chaleur d’une flamme irrésistible et sourde. Elle répondit à l’effusion de son amie avec une gentillesse de sœur. Elle-était trop fine pour insister; demain, elle éclaircirait cela.

Aïcha, après avoir congédié d’un mot la suivante, flottait entre des pensées diverses. A l'agacement causé pâr ce mutisme réprobateur, succédait une immense joie; c'étaient des élans de plaisir, une langueur douce.

sta rencontre de ce matin devait avoir

lieu ! Elle était fatale depuis le jour où, blanche d’épouvante, Aïcha avait cru voir Georges mort, écrasé sous son cheval.

A la violence de soh émotion, elle

avait pu mesurer alors l'étendue de son.

affection. a Elle s'était rebellée d’abord par orgueil, mais sa rancune était vite

‘tombée, si vite qu'au bout de. quelques ‘jours l’indomptable savourait l’enchantement d’être domptée. Elle gardait seulement, au souvenir de sa rougeur, une espèce de honte qui était aussi

MADAME ALLIER ET LE CONSEILLER, EN QUALITÉ. DE MARRAINE ET DE. PARRAIN, n

à la raison, aux intérêts.

pénétrante et aussi douce qu'un plaisir.

Du reste, nul regret; le sort en était

jeté. Mektoubl

Et puis, cette solution était conforme

Mobrouck ?

Elle lui gardait une affection réelle. Au - profond d'elle-même, quelque chose qui aurait pu être et. qui n'avait pas été se

-rendormait, confusément, dans les limbes

de son esprit et les ténèbres de sa ‘chair.

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