‹ L'Eau souterraineChapitre 22 sur 48 · MODE D'EMPLOI · texte numérisé non relu

MODE D'EMPLOI

Trois fois par jour : le matin, dans la journée et le soir, lotionner abondamment l’œ1il malade avec du coton hydrophile bien imbibé de CIELLA. Une petite boule de coton appliquée au coin de l’œil permet d’y faire couler aisément tout le liquide nécessaire pour le baigner.

Il faut jeter le coton après chaque usage.

| Il vaut mieux, si on le peut, faire tiédir chaque fois dans une tasse, au bain-marie, une cuillerée de CIELLA; cette précaution est surtout recommandée en hiver.

En cas d’irritation trop vive des yeux, le CIELLA peut être dédoublé avec eau bouillie, au moment de l’emploi.

CIELLA peut se trouver dans toutes les Pharmacies

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ÎHE

fEle Fait sa cousine,

âme décidément.

x Re parcouru

ss L'EAU SOUTERRAINE &

une marade, Elle avait longuement réfléchi. À travers les attentions du caïd, ‘elle avait bien vite deviné le mobile ambitieux, comme à travers ses galanteries, la secrète arrièrepensée de l’asservir, le mépris de l’Oriental pour l'être inférieur, la femme. Mariée à Mobrouck, elle eût, malgré la vie relati-’

vement francisée du lieutenant, retrouvé

au bout de quelque temps la maison close, - le pli invétéré de domesticité, de servage. Impossible ! Elle. n'était pe ee de se plier à cette règle. : | Elle eut horreur 4 cette existence étroite et sédentaire. Se Elle plaignit les malheureuses con- . damnées à cette prison perpétuelle. Elle … était devenue autre, soins, d’autres habitudes, une autre Tandis qu'auprès de Georges, elle mènerait l'existence normale, elle s ’épanouirait librement. La soirée, la nuit se passèrent à organiser l'avenir. : | Le lendemain es ee ne joyeuse.

la maison, le jardin, comme des lieux enchantés et nouveaux.

‘ElE* croyait voir certaines choses pour “ia première fois. Il lui semblait ne les avoir jamais envisagées encore sous leur véritable aspect. Si-Salem, revenu d’une course assez longue, une visite à des douars | éloignés qui l'avait tenu absent deux jours, remarqua lui-même l'air inusité d’Aïcha, sa joie qui. éclatait dans les moindres gestes, dans le son de sa voix, dans la-gravité de ses silences. Malgré la reprise d’une vie côte à côte, le pèré et la fille n'avaient aucun lien d'intimité:

one de confidences. L'agha poursui- * vait dans son for intérieur une combi-

# naison incessante de plans et de projets,

parmi lesquels sa fille trouvait place juste au même degré que jadis les pièces d'ivoire et d’ébène sur son échiquier. Il se réservait de la pousser le moment venu, par le sec ressort de sa volonté, comme s’il eût poussé la tour ou le fou,

Ps

un intendant modèle:

avec d'autres be-

+ nt AI de son doigt sec. En attendant, elle était mieux, elle était le côté gracieux et charmant de son influence, un invisible mais réel moyen d'action.

Heureusement Aïcha était tranquille.

Elle pressentait bien qu’un tel mariage, loin de contrarier Si-Salem, le satisferait. Mais les choses n'étaient pas encore assez avancées pour qu'il fût nécessaire de l’en avertir. Et, jusque-là, elle mettait

une pudeur à savourer seule la profon-

deur- de son ravissement. L’'excès, néanmoins, la trahit. Elle venait de s'asseoir à son piano.

Son piano ! Hier encore elle savourait le plaisir de posséder enfin, bien à elle, ce merveilleux instrument. Une très bonne affaire, conclue l’avant-veille. Un ménage d’officier rentrant en France, et qui, redoutant de convoyer ce coûteux bagage, s’en. était défait à bas prix :

250 francs; c'était pour rien! Aïcha avait fini par en convaincre Si-Salem lui-même. L'agha était de cette sorte

d’avares qui lésinent sur -un liard et qui

déboursent, sans trop de regrets, une forte somme lorsqu’ellé doit servir les

intérêts de leur orgueil. Posséder un piano, c'était pour l’agha, dont le sens musical

se bornait à psalmodier tout comme les:

A trois notes plaintives et monotones,

le comble du luxe et de la magnificence.

Il avait donc délié, non sans un long

soupir, sa bourse de fil. Et depuis deux .

jours Aïcha tapotait sans relâche, avec

une légitime fierté de propriétaire.

A présent cette satisfaction puérile ne lui était de rien; un plaisir avait chassé l'autre. Elle laissait aller ses doigts sur les touches, inconsciemment, dans une exultation. naïve; elle jouait la Valse des roses, nouvelle alors; et plaquant des accords énergiques, elle chanta d’ellemême à pleine gorge :

Viens avec moi pour féter le printemps!

Thérèse était entrée, elle s’approcha

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