partie l’escadron de spahis de Boghar
Partout autour de nos postes avancés, de nos colonnes de répression, ce fut alors. une armée invisible, harcelante et fuyante.
Pour nos troupes, dure campagne d’un lan, dans un pays dévasté, contre un ennemi inaccessible. Ë
Les jours, les semaines, les mois, se succédaient sans résultats appréciables.
On souffrait de tout, du manque d’eau, & approvisionnements.
Les objets de première nécessité faisaient défaut. Faiblesse irritante, d’être
les plus forts et de ne rien pouvoir. On .ne frappait jamais un coup; on était
toujours en butte à mille piqûres.
Cette longue année errante de marches
et d'alertes, hiver de 1864 et printemps de 1865, fut pour la petite Aïcha ben Si-Salèm un rêve très vague aux gaies sensations d’imprévu, un voyage à travers de beaux et d’étranges pays. Elle
: était perpétuellement ivre de grand air
et d’aube, endormie de soleil, distraité par
un rien; tantôt des chants monotones, le pelage soyeux d’un lièvre saignant, encore
chaud, la damasquinure d’une arme,
ou bien quelques grains de corail et d’ambre.
Pour les enfants, tout, même un malheur, est sujet d'occupation, de curio- , Sité, de joie. La rébellion et la lutte © des Ouled-Chaïb n'avaient été, aux yeux
: é inconscients d’Aïcha, que prétexte à pro-
menades mouvementées: leur défaite et leur soumission inaugurèrent simplement .une vie autre et des amusements
nouveaux.
Chaque tribu, patte à petit, os