‹ L'eau sur le plateau central de la FranceChapitre 6 sur 43 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le^ sources principales des départements du Puy-de-Dôme, ainsi que des départements du Cantal et de la Haute-Loire, sortent des terrains volcaniques. Nous les partagerons en trois groupe? : celles des terrains trachytiques, celles des terrains basaltiques et celles des terrains laviques.

n est quelquefois très-difficile de reconnaître la roche d*oii s'échappe une source, car dans ces terrains formés de nappes étendues ou d'assises superposées, l'eau sort presque toujours sous une couche. D y a de plus la difficulté de distinguer les trachytes des balsaltes, mais on conçoit qu'il e<^t peu important de saToir si la nappe volcanique qui prot^e une source appartient à l'une ou l'autre de ces deux roches.

Sources Axl Terrain tracl&ytiquo.

Les trachytes sont disposés en masses ou en coulées et c'est généralement soas les nappes étendues que sortent le> sources. Quelques-unes s'échappent par les joints àe< prismes ou par les fissures de la masse. Il en est même qui hltrent à travers les conglomérats ponceux. Nous plaçon's encore dans cette série les fontaines des phonolites.

Les terrains trachytiques constituent seulement quelques groupes sur le plateau central, nous allons citer un certain nombre de sources des domites de la chaîne de< Puys , du Mont-Dore , du Cantal et de la Haute-Loire.

Sources des domites de la chaîne des Pays, Nous n'y avons rencontré que deux sources , ou plutôt deux suintements peu abondants. Le dornite ou trachyte poreux absorbant Teau avec une certaine énergie, il est rare que Teau puisse sortir de cette roche. L'un de ces suintements est sur le revers du puy de Chopine et marque 11** 7 (14 août 1742). L'autre, sur le puy de Leirone, du côté du puy de Coquille, est tari très-souvent.

Sources du Mont-Dore et de ses environs. — Au-delà de Randanne, en allant au Mont-Dore, une belle source sort d'une coulée trachytique ou peut-être basaltique. Elle est abondante; sa température est de 7<»3 (3 juin 1832).

Plus loin et plus haut, à Pessade, une source, sortant du trachyte ou de ses conglomérats , marque 6<» 7 (3 juin 1832).

Plus loin encore , au creux de Palabus , au fond d'une vallée creusée dans le trachyte , les fissures de cette roche laissent échapper de nombreux filets d'eau à 5<»4 (25 juin 1840).

Avant d'arriver au Mont-Dore , l'eau coule en abondance au hameau de Prentigarde. Elle sort au-dessus du village sous une nappe de trachyte. Temp. 7<>2 (22 juillet 1842).

Près de là, de belles eaux sortent de la base du puy Gros et forment de petites cascades sur des masses de trachyte éboulées.

A Qneureilh, sur le bord même de la route, une source coule avec abondance dans une auge de bois. Temp. 9<> (21 juillet 1842).

Un peu plus bas , dans la vallée sur le bord de la Dordogne , rive gauche et en-dessous du salon de Mirabeau , on remarque une source qui ne parait pas être minérale. Sa température 15® (22 juillet 1842) est toutefois plus élevée que la moyenne de cette contrée. Peut-être vient-elle de plus haut et avait-elle acquis en ce jour de chaleur une température exceptionnelle , car une autre qui en est voisine ne donne que 13® au thermomètre.

Au Mont-Dore même , dans une petite rue en bas du village, une fontaine marque 10®, tandis qu'une autre source bien plus abondante , sortant du trachyte comme toutes les autres , accuse une température de 9® 2 (21 juillet 1842).

Ufifr soar».-»f tres^ab^D'iante existe au f«»Q«i de la vallée de la Cour et contribae à alimenter le niisseaa qui son de cette rallée. Temp. 3* seulement 6 juin 1848 .

Les sources de la I>^re, situées au-dessus du ravin de la Craie en montant au pic de Sancy. sont assez nombreuses et pi>?sêdent presque toutes une température de 3 à 4 deîcrés. Ce s-jut les plus froides de TAuverjnie. Leur ensemble constitue un rnis^au qui s'éciule sur im terrain tourbeux où il est as^sez profondément encaissé, puis il s'élance dans le ravin de la Craie et forme la cascade de la Dore.

Une source existe entre le puv Ferrand et le puy Gros. Sa temp. est de 4* 20 juillet 1842". — Une autre sur le puy Ferrand même, au-dessus de la vallée de Chaudefbur. Cette eau excellente marque 3*2.

A Besse, la source de la Poterne nous a donné &* 2 25 mai 1842} ; elle est très-abondante. Une autre source à la Ville-Tour, près de la Chapelle, a indiqué 8^ 8.

A la Groleix, au nord de St-Genès-Champespe , source abondante sortant du tracbyte ; temp. 7«3 30 auùt 1853\

A la base de Chambourguet , au-dessus de Fontanet, belle souice sortant aussi du trachyte ; temp. 5® 6 30 août 1853\

A Monnean-Haut ou Monneau- Grand et au-dessus de la Tallée de Chaudefour se trouve une source abondante ; température 8» 4 (23 juillet 18ô2''.

Plusieurs, sortant aussi du trachyte, exi^^tent dans le canton de Rochefort et peuvent être considérées comme faisant partie du Mont-Dore. Nous citerons «îoulement :

A Laqueuille, une source dont la temp. est 9*' ^27 juillet 1853 ;

A Douharesse, près la Roche-Sanadoire, une autre qui indique 10<> (15 juillet 1851}.

Avant d'arriver au puy de Prétie , près de Laqueuille , à une petite distance du croisement de deux chemins, il existe dans im petit enfoncement du sol , une très-belle source qui forme le petit ruisseau de la Pouse et qui va se jeter dans la Miouze à Chabois. Sa temp. 6*» 2 /27 juillet 1853» doit représenter à peu près la température moyenne de cette partie de<5 montagnes.

Une autre source se trouve plus haut, au-dessous du puy de Prétie , en se dirigeant vers un des sommets du puy d'Auroux. Elle sort très-probablement du trachyte comme la précédente; elle est très-abondante et marque 5<> 8 (27 juillet 1853).

Une troisième source , également abondante et sortant de la base de la banne d*Ordenche, nous donna le même jour 6^ 1.

De la base du puy de Montredon, canton de Latour, sort une source abondante; elle s'échappe probablement du point de jonction du trachyte et des conglomérats.

Beaucoup d'autres sources existent encore sur les vastes pelouses des montagnes des cantons de Besse, de Rochefort et de Saint-Amant-Tallende.

Sources des Terrains trachytiques du département du Cantal. — Ces sources sont très-nombreuses , et forment la tête de charmants ruisseaux qui coulent dans les vallées de ces belles montagnes. Nous en citerons quelques-unes seulement.

La font de Cère, près du Liorant, source très-froide, origine de la Cère.

La source de Dienne , un peu au-dessous du village ; température IQo 9 (18 juillet 1840).

Source de Tauberge de Pra-de-Bouc ; temp. ô^. — Source plus élevée que celle de Pra-de-Bouc , au-dessous du plomb du Cantal ; temp. 4*> 5. — Autre, plus élevée encore; temp. 4'» 1. — Source au-dessous du plomb du Cantal, au sud-ouest; température 3° 9. — On voit que la température de ces sources s*abaisse à mesure que Teau s'élève et d'une manière assez régulière.

Source sur la montagne en haut du Falgoux, en allant à Salers ; temp. 8*> (19 juillet 1840).

Très-belle source sur le puy Mary, en face de la vallée de Cheylade; temp. 4o9 (19 juillet 1840).

Source à Coindi, près la vallée de St-Chamand; temp. 11® 2 (20 juillet 1840).

Parmi les sources du terrain phonolitique de la Haute-Loire, nous citerons : la source de Saint-Pierre-Eynac ; temp. 10® 9 (26 juillet 1843);

Vmt ^ j^ÀS ' je a:^ rieii is M^aECi^ ii?t:a^e 5^' : ^3e litre it:: i=??i srTvaz: »« : ^^^e tertre zi-ii? -£^^4^. s:^ t fa». îe !a ZDjata^e, 4»

fê'rmLÉSt I*l3r. ygr^gairu? teaTi^i^îroz :r:-c 41-rT^ «n'eDr i?rai:

ks axjgiIiËS sca: mipeTTnêabtes ec Teosi qvi s'êo3aje »xxs Les pUseodx de b^sûe, x^sèzx cocjo^ socs i^cme de so<ip:«s sot les argjiiesL Cest La zxasssasise «à» ces sonzces. a^ fouL^ iit iaactkfa des âeox lodxes, ^pL défienBLOte ia sûsoLiùa âes Tilla^es; toole&xs. ces sGGTces «j^d cocjeai àe iia cracjcc.e des piaaeaux b^sattâqnes saoc bbûcss abooÉiaxLfies qise ceîJes <pd xuisseiu à Â'extzcmîaé àes eonlâes mùdeosies. IL ait ei écre aias, p«i£sq«

aoa isea àe cociees coatiaia» ec ptsanetâHLi à r«aiî âe s'écn^pper psr de BaLfiRuses issoes» taadÊs q^2e Les coolièes imniprafs

sUfiBi ec âitrent Teon de bn^raes et penfomips TaJees.

sv«ns pfcE AJetus de ces soorces Ses oasaLaes aox enTirons

A Gmpii^ . SQGS îf» faftsalae, ia. cCoè de CLomoat. source abcoâose. ceîle <(;& pcolAÎHCTieai ixmissaâ Teaa aux Gaolbê^, paiiiaat q^2e la TiILe «éoi: a:ssziégçée par C<esar; testpc ^S î Sïmer 1S52 . X«xk aTv>as tr^oré cecae tt»nip> de ld»3 &e 3 acdi 1838.

Dtas le caziKXL d» INTntgrharBT , ea azriTaat à Moa&cogzsoi» SEHXTce sor^aat d'-Lne brèdie basaliiqae: îïesip. I'>*S IS sep-

Dtas ie <:aaftxi de Bdlom^ source ks I>eGX-T;in3iv;ifes :

U* >. — A:iîp«? si:crce eo-dessocs a ;iae tenue a:i pijed da P5tit«Tîir{;xr»?a : «ftoc I*» 9 dwœbce 154? .

Dans les cantons de Rochefort et de Saint- Amant-Tailende,

source à Recolenne , peu abondante ; temp. 12<» 2 (23 sep-

tembre 1848).

Source de Neuville, dans le village; temp. 10" (6 octobre 1848).

Soturce à Zanières, temp. 8o 5 (11 août 1848).

^Source à Fonclairant, temp. 9o (12 août 1858).

Souroe en allant de Randanne à La Cabane, abondante,

temp, TT^ 8 (26 juillet 1828).

Soiiroe près de La Cabane, en venant du Mont-Dore; temp. 13*

probablement trop forte (23 juillet 1842).

Soviroe près de Murat-le-Quaire, sur la route à droite; temp.

^***» poixt être aussi trop élevée (22 juillet 1850).

^^viï*o« près de la cascade du Trador, non loin de Laqueuille,

temp. »o (27 juUlel 1850).

Soiax^oe au pied de la Banne d'Ordenche ; temp. 6<> (27 juillet 1853).

"^ns les cantons de Besse et de Latour : source qui naît aan» 1^ prairie et alimente les fontaines de Besse ; temp. 9* i^^ nx^^ 1842).

®<^viarxîe du Verdier, près Besse; temp. 9<» (24 mai 1842).

^^^XT^ce de Bertère, près Besse, au-dessous de la route; ^r^P^^ature 7«; — un peu plus haut, dans un pré, autre source

^"^ abondante; temp. 7« (24 mai 1842).

^^'O^ice du lac de la Faye, à la base du puy de la Vaisse; ^^P- «o 6 (29 août 1851).

^^ ^ergonne, près d'Issoire, coule un ruisseau dont la source > ^^tnée sur la grande nappe volcanique. On voit Teau s*é-

^Pper de tous côtés sous le plateau de dolente. j^^^^^-belle source près du lac Chauvet; temp. 6*» 8 (22 octobre

^ns le canton d'Ardes : A Saroil , source sortant du basalte, P* 10<* (13 septembre 1855); à Anzat-le-Luguet , source assez ^^nte; temp. 12® (17 septembre 1855).

'^'U Luguet, source du côté d'Anzat; temp. 8<>9 (18 septembre

^^ource à Vins-Bas, peu abondante, temp. 16® 5, évidemment '^^uffée (17 septembre 1855).

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JfoLi ^ ÂtS'srSniwnJ i-% Ca-aâ. d:>c< ktiuï "^nrr-i a A> CI." eut tas^ snt^:*. Kxn^nLZ zia* ïLïû». K^a*» ^pwcx'-îi âae.

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ÙKResc A iiLcse^. «rTin~>:tt 7:c iiKjs» «3is:n. /«s: »; if«:~ Ces «Hx woc »î>Ti»Tt-ii!>w iL-ic-McùeHiHa.: P&: j» t^îj?-^ «c

sibles qui se condensent sur ces montagnes poreuses. Ces eaux sont aérées et, peut-être même, une portion d'air y est-elle confinée en même temps que la vaj>eur d'eau. On sait avec quelle facilité les coq)S poreux peuvent absorl)er les gaz et les condenser sous un petit volume. Les scories et les pouzzolanes sWhauffent quelquefois, en été, jusqu'à 60 degrés sous l'influence du soleil; elles peuvent se refroidir pendant les nuit-; d'ét<5 a+ 5^ oi mémo à O». Ces produits volcaniques i)Ourraient donc absorber, en se refroidissant , un volume de gaz égal au leur. Cet air condensé, absorbé en même temps que la ros('^e qui toml)o , se trouve alors dans les meilleures conditions pour so dissoudre et se laisser entraîner dans ces .eaux pures et savoureuses , dont ceux qui ont voyagé en Afrique ou dans certaines parties de l'Europe «avent apprécier tous les avantages.

M. E. Robert indique en Islande des sources abondantes qui sortent, comme en Auvergne, de rextrémit^î des counints de lave. € Nous atteignîmes ensuite Arnardrangur (rocher de l'Aigle), bœr construit au pied d'une coulée de lave, des'jous laquelle s'échappe, non pas une source, mais, à la lettre, une petite rivière qui parcourt probablement un de ces canaux tortueux qui existent ordinairement au sein des champs de lave. Cette dernière lave appartient au basalte, et les (échantillons que j'en ai pris sont cellulaires et remarquables par leur surfaco vernis^«'»e. » (Voyage en Islande, 1"* i)artie, p. 225).

De Humbolt cite aussi la rareté des sourc<N dans les Cordillières, composées de roches poreuses ou de roches brisi'^e^. € L*eau infiltrée, dit-iJ, au lieu de so réunir dan-^ de |>etits !)assins souterrains, se perd dans des fentes que d'anciennes rtjvolutions volcaniques ont ouvertes. Elle no sort qu'au pied des Cordillières, près des côtes, où elle forme un grand nombre de ri^âères dont le cours, à cause de la configuration du pays, est de peu de longueur. > (Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, t. I, p. 282).

Il est assez remarquable que les sources des laves et celles des glaciers, dans les vallées des Alpes, aient entre elles une certaine analogie. Dans les Alpes, c'est un courant de glat.'o qui remplit la vallée; toutes les eaux pluviale^, tout(»^ le<< eaux de fusion

— Sipénétrant par des fissures , descendent sous le fleuve glac^ et viennent sortir à son extrémité inférieure. Ce sont des abondantes qui parfois sortent de grottes azurées formées la glace.

En Auvergne, ce sont des courants de lave qui sont descendus-ss dans les vallées. Toutes les eaux de condensation et d'infiltration, pénétrant aussi par des fissures, descendent sous le fleuve^ de feu et s'échappent à son extrémité sous dos voûtes incendiées aujourd'hui refroidies.

Il y a toutefois ime bien grande différence dans Taspect et dans le volume des eaux. Dans les deux cas, c'est en été que les eaux abondent, la fusion des glaciers est plus conjsidérable pour les premières pendant les jours chauds , et la condensation des vapeurs sur les cônes de scories contribue aussi, pendant Tété, à augmenter le volume des sources volcaniques bien moins abondantes en hiver. Mais tandis que les sources des glaciers ont des eaux troubles et laiteuses, celles des courants de lave sont d'une limpidité absolue. Elles sont constamment filtrées à travers des niasses de scories, tandis que celles des glaciers recueillent et entraînent tous les détritus et les parcelles imperceptibles détachées par la lente progression de Feau congelée.

Il nous serait impossible de décrire et même de mentionner toutes les sources des terrains laviques ; nous ne citerons qu'un petit nombre d'exemples.

Le lac Pavin, près de Besse, offre des sources nombreuses dans son pourtour. Les plus importantes sortent sous une nappe de lave située presqu'en face du dégorgeoir. Elles descendent en cascatelles dans le lac. Temp. 5° 1 (15 juillet 1832), 6« (24 mai 1842).

Près du puy de Montsineire, on voit aussi une très^beUe source abondante , qui remplit un bassin où végètent des Confervas. Temp. 50 2 (17 juillet 1847).

 Font-Clairant, sources abondantes sortant de la lave; temp. 8^ 8 (P' juin 1848).

Près de Randanne, sur le chemin qui conduit au Mcmt-Dore, source sortant d'une lave poreuse; temp. 7<> (3 juin 1832).

Soiirce d*Empois, près du Coalhon et du plateau de Moutauzin, près de Randanne; teuip. 8° 7 (9 août 1841).

Source de Corûpains. La coulée de lave de Montsiaeire descend rapidemeut à Compains, et, eu passant à Chaméane , elle émet une très-belle source qui se précipite avec la lave au fond de la vallée. Cette eau, recueillie avec soin, est dirigée sur les pentes irrégulières que les flots de lave ont formées eu descendant à Compaius, ce. qui donne au paysage Taspcct le plus pittoresque.

Le volcan du Tartaret, qui s'élève près de Murols, a donné naissance à une coulée de lave très-étendue qui passe à Murols, a Saehapt près de Saint-Nectaire, à Chamj)eix et qui va s'arrïHer à Neschers. Des sources très-belles sortent sur plusieurs points de cette coulée et ont été sans doute la cause déterminante de la position de plusieurs villages. Les j)lus belles de ces sources sortent de la lave à Saehapt. Leur température, le 22 juillet, était exactement 9^ 5. Elles arrosent de larges touffes de Callitriclies, fixées sur des scories qui couvrent le fond des ruisseaux et dont la température reste la même en hiver et en été.

Nous avons trouvé 9<^ 6 le 7 août 1847. Quelques sources moins abondantes de la même localité indiquaient lO»» et même l(ys Ie2dmai 1842.

Dans la chaîne des puys de Dôme et toujours à l'extrémité des courants de lave , on remarque un grand nombre de belles sources ; une des plus élevées existe derrière le pu y de Dôme au pied du Petit-Sault. Sa température est de 7".

Près du puy de Dôme, le village de Ceyssat est un des points où Ton rencontre le plus grand nombre de sources, la plupart échappées d'une coulée qui part du petit puy de Dôme, des ooulées de Barme et de Montchié, peut-être aussi do la coulée da puy de Côme et de celle du puy Salomon ; on voit Teau sortir de tous côtés sous tous les rochers.

La masse et retendue de la lave du puy de Côme permettent aux eaux pluviales de s'infiltrer facilement sur cette vaste surface. Elles sortent en abondance à Pontgibaud, au point de refroidir les eaux de la Sioule. Cette coulée fournit encore la belle

sc»::r:^ ir- 2'^tai:^ da Fniif . Uire auTre ç'AiLajïf»?^ kMazayes; mais ie âélc: ôe c^ï?? s^i^urcses e?^i î.«nenjea: in£iieac"!ê jar îe< ploies. ^ir>^^ a îa £ii ie n^ai It^, qiiiîr? j:»iirs àe pluie >e çacoédèrent

L^ la mi'iiidrt' interra}*iioiu sans aTi-i-niie t^jiaipeîe- Les mis-

Lîix dr"b:»rir-renî ; £1 t e-i d'imueii^ies àésa>tre?- Jasiais fin- Hœiè.îE- âr*^ ea'iï j'iuxiales >ar k*^ si«>iLr:^^ ne fu; jilu^ maniieste. Le 3 jiiiii de œa^ anDêe ii .»u- jas-î^âine^ a P«:«iitiribaad : cette tîDc e< ^»âîie xeis iViîrémii^ du xa^îe i>:«iLra::": de lave sord d^ la base iu j«uT de Cme; iîc»ti< remar^^aànie^ en dÎTeis foinisde la Tille de? ç-i^iiT-iie^ ab-odauie^, 5;-:.rtaiiî aa nôiieTi de< raes ; plusieurs autKs s'r^iaienî fai: jour daii< je« maisons, dans les caves, et OÊia i>aî-à-;oap et immediatemeiiî api^s les zraades pluies. Ces ft^ûToes acxrideiiîelles pr^venaieiiî êTi-iemment de l'eau de pluie tombée sur la inasde oulee de C^ime, Ceœ €îau, aussitôt inûhrèe dans les ent-^imoirs ei les nssures de la lave, descendait par de? conduits si»uierrains, suÎTait la j«enie du sol, comme la KXAilée raraii elle-même STiivie, eî s»>rîaii ensuite près de son eiîrêmiîé, j:*ar toutes les issues qu'elle p>uTaiî reneontier-

L'ertrêmiiè du cx^urani du puy de Barme, qui arrÎTe au hameau de Cbez-Pieme, y verse uae e.au magnifique :* d'autres souiœs sortent j Jus loin, aux Gêrys, d'autres au villace des Tavernes, et enfin, il en existe encore aux Girots, ou vient se terminer un courant de lave. Le ruisseau de Cnei-Pierre recueille donc toutes les eaux de Ceyssai, et rtN;v-^it ene-»re en passant celles de rétang du Grand-Pré qui est une des source^ les jdus considérables de TAuvergne. C'est encN>i>e une C'>ulêe de lave qui laisse échapper cette magnifique fontaine. Toutes c^*^ eaux se jettent dans la Sioule près d'Olhv.

Le puy de Pariou, l'un des principaux c-^nes de scories de la chaîne des Puys, avec ses cratères et les laves qui s'en sont écoulées, pnxluit aussi plusieurs sources qui descendent jusque dans la plaine, assez, pit^ de Clermont, IVjâ, près de la montagne, sort la fontaine du Boiwr, la souiw la plus élevée et la plus froide ; tenip, 7\ Ou irom^^ au hameati deCbei-Vasson, une assez belle sounv dont la temjx^rature est de ïî^'ô. Un peu plus bas, une petite source s\vhap|>e dots }x>urroîanes, à Oitines, et n*appartient |>outHMrc* jvis à ot^tte ckmiKv: lemp. 9*^ ? 11 mai 1848).

La coulée se divise on deux branches : Tune d'elles descend i Viilars et Ton en voit jaillir une belle source, en-dessous du village, dans une prairie; temp. 10*' 5 (14 juillet 1842). Un />en plus bas, autre source dans le bois ; temp. 10® 3. Et enfin, i Kontmort, source considérable à Textrémité de la coulée; toinp. 9« 9. L*autre branche passe au Cressinier où elle donne aoe source, temp. 9« 5 (21 décembre 1831), et abandonne un vér&taible ruisseau à Nohanent où cette source, dont la température ©st de 9<> 5 (18 mai 1832), a fixé le séjour des blanchisseuses. I>os laves indiquées par plusieurs points éruptifs se monau pied du puy de Ddnie en face de Clermont, et ont grande importance au point de vue hydrographique. Elles a-bx'ltent l'eau qui est absorbée par la masse imposante du puy ^^ I>ôme, et la laissent échapper sur plusieurs points de leur ^'^^jet. La première de ces sources qui sort, très-probablement, <^^ cette lave est recueillie dans la cour d'une maison dite d'Au- ^^^^tin. En suivant cette lave et en traversant la grand'route avec ^•-l^, on arrrive à Font-de-l' Arbre où de nombreux filets d'eau , sortant des rochers de laves, commencent à former un petit isseau. Ces filets ont pour temi^érature, selon leur volume, 9» ^^**, 8*>, 5 ou une moyenne de 9®. — Une autre source plus abon- ^ïïte et dont la température est de 8®, est entourée de grosses et sert principalement aux usager des habitants ; elle est profonde et d*une limpidité parfaite. — A jKîiîie a-t-on passé I^ont-de-l'Arbre que Ton arrive à Fontanat, village situé dans dallée et encore bâti sur la lave, qui, en cet endroit, s'élève ^n petit monticule désigné sous le num de Chuquei d'Au- *o»#r. Plusieurs sources s'échap|)ent de cette lave ot vont réunir rs eaux à celles du ruisseau que la pente do la vallée change, o.r ainsi dire, en torrent. Partout on voit des filets d'eau vive ^^ i sortent d'une roche noire ; partout on entend le bruit des ^"ïi-oiilins qui commencent à la Font-de-l'Arbro ]x>ur ne finir H'^i^'à Clermont. Une source est plus considérable que toutes les ^vitres, et sort avec bruit près d*un ancien moulin bâti au niveau ^u ruisseau. On appelle cette source le canal, et effectivement, ^ la manière dont elle s'échappe, il semblerait qu'elle est ^Joaçnée de plus loin. Cette idée a été propagée par un ancien

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mtlO' BX JliJ^^ ie :s^= îtr-.jf -m-Z-Jr. i.ID^« CE 3339:

"a -art* m — -«'i'!^ .r-ii.*Jt'L's-:ni''!L- - 'n.L V A— ij.r iTinîaBi^ DL "ii.f* « ra.ir ù± n [.r^ ^z narriai* *■ * ~ ;i'?^ I**î- —

■?;tC~î -i!D~ rr :t^ *< 'LT-f-- -Ji: -^ T ilipf ■- il^Ul" Il -n "=,--

-tu -i!-* na- f^ Ttur i tfr ^'" ijtir^ J+ — t-^.jj^ t

><««3 i.rK j?*!»?-: a > l-^ a^^t>* » f«i* à» ^ *- î» I-l 2CSS. N.-a^ïï-.ttt^-mariTK, t; t i'i j-i^-î-i.. ^i*-™!^ «r»^' ^T"! Tire* T^LfT* «1 îi-t^ir ^l'^n -V-.

Enfin, uu peu plus luiu ou plutôt un jjeu plus bas dans la

vallée, s'ouvre une dernière grotte à l'extrémité de la coulée ;

c'est celle qui recueille le plus d'eau ; elle alimente la ville

de Clennont par un conduit de 3 à 4 kilomètres de longueur.

L'oix^erture de cette grotte a été également creusée par les

ea.111^ sous le courant de lave; tous les filets d'eau ont été

axueoés dans un grand bassin; on y a même fait arriver, par une

route souterraine, une source qui est placée au-dessus de la

preaxiière grotte, dans laquelle souvent elle déverse son trop

plein. Ces sources viennent se rendre par dix ouvertures dans

un jp*emier bassin où elles déposent le sable et les graviers

qvl'oUes ont entraînés, et leurs eaux réunies, versées dans un

àutj*e bassin, tombent immédiatement dans un canal qui le^

conduit à Clermont. Arrivées au point le plus élevé de la ville,

le-^ oaux montent par des tuyaux de pierre de taille dans une

ebctnabre voûtée qui tient à la salle de spectacle. Elles s'é-

petziolient dans un beau bassin, et au moyen do robinets, on

les distribue dans tous les quartiers de la ville.

T^^ous avons déjà donné la température de ces sources; elles indiquent à peu près la température moyenne du terrain et par conséquent la moyenne annuelle des difierents points où elle?? s'éohappent.

'^^ les comparant, |)our résumer leur température, nous avons eti moyenne :

centigrades

Grande source de Font-de-l'Arbre 8«» 5

l^oiitanat, source près du village 8** 3

Kontanat, source du canal 8^1

P'ontanat, source de la prairie 9*

ïloyat, source des grottes 11'

^^^"'txs avons trouvé cette dernière température pendant les

S^^^ci^ froids de décembre 1829. Les grottes ressemblaient

pratô^ à: des cavernes volcaniques qu'à des sources d'eau froide ;

^^ ^Ancs de lave noire f)araissaient au milieu de la neige et

^^^ paiow de la grotte étaient encore tapissés de verdure ;

une vapeur épaisse sortait constammeut de Touverture et disparaissait bientôt dans Tair. Le ruisseau lui-même, et toutes les petites sources dont les eaux se rendent dans le vallon, répandaient cette même vapeur, qui ne s'élevait pas au-dessus de la coulée de lave. Cette vapeur était due à la grande diflTérence de température des eaux et de l'atmosphère. Le thermomètre était à 19° au-dessous de et les eaux étaient à 11® au-dessus; il y avait donc une différence de 30 degrés. L'eau paraissait chaude lorsque l'on y plongeait la main et la neige fondait sur son passage.

La quantité d'eau qui sort de la lave depuis Font-de-l'Arbre jusqu'à l'extrémité de la coulée est énorme et serait très-difficile à calculer. Celle qui est recueillie dans la dernière grotte , pour le service de la ville de Clermont, est de 1600 litres parm'mute, mais cette quantité diminue en hiver d'environ 700 litres. On peut évaluer la quantité totale des sources de la vallée à quatre fois celle de la grotte de Clermont. Ce serait donc 64 mètres cubes d'eau qui sortirait par minute de cette longue coulée. Une telle quantité ne peut être fournie que par un immense drainage. Nous avons déjà dit que le puy de Dôme, par sa grande surface, par sa roche poreuse, et surtout en agissant comme réfrigérant, était la cause principale de cette alimentation. C'est donc à la coulée de lave qui part de sa base et non à celle de Gravenoire, qui descend aussi jusqu'à Royat, qu'il faut attribuer l'énorme volume d'eau de ces sources. La surface de Gravenoire et de ses laves n'est pas assez considérable }X)ur fournir ces 64 mètres cubes par minute.

Il faut ajouter à l'eau absorbée directement, toutes les pluies qui tombent, non-seulement sur les sommets, njais sur la surface des laves et sur les versants de la vallée ; c'est un drainage on grand.

La difïérenco considérable dans le débit de ces sources en hiver et en été, est attribuée, par les habitants du pays, à l'irrigation des prairies. Comme elles sont presque toutes sur la lave, et que d'ailleurs l'eau répandue descend toujours sous la coulée, il est possible que ce soit la véritable cause de cette grande différence en faveur de l'été. Nous sommes tenté, cependant.

dV voir aussi, ot peut-être même comino cause prépondérante, le pouvoir d'absorption direct que possède la masse et la roche poreuse du puy de Dôme. Quand on voit , pendant tout l'été, les nuages se précipiter sur ce cône de domite, le coiffer ou se fondre sur ses flancs, on comprend la part qu'un tel condensateur peut apporter dans le débit des sources qui lui doivent leur origine.

Le puy de Gravenoire, qui élève à trois kilomètres de Clermont son cône de scories, a émis aussi des sources limpides sur le trajet de ses laves. On pourrait peut-être lui attribuer une partie des eaux qui existent dans la partie haute du village de Royat. Ses plus belles sources sortent de l'autre branche de la coulée. Celle de Boisséjour est la plus rapprochée de la montagne, sa température est de 12° [2 juin 1842). Plus loin, est celle qui alimente le village de Beaumont ; temp. 11® 5 (2 juin 1842). — A son extrémité inférieure est la grande source de l'Oradou, qui sort aussi de la lave. Sa température est de 13« (16 juillet 1842).

J-.es puys de Jumes et de la Coquille, aidés peut-être de quelques puys voisins, ont donné une très-belle coulée de lave à l'extrémité de laquelle sortent les belles sources de Saint- Vincent. Leur température est de 10<». Les sources de Féligonde sortent vraissemblablement de la même coulée.

Le puy de Chanat laisse aussi sortir une lave, à l'extrémité de laquelle existe la source du village. Sa température est 9<».

Une lave qui s'épanche du puy de Clerzat laisse échapper près du puy de Mouillebout, au village de l'Etang et près de Sayat, des sources dont la température varie de 10° h. 10*»,8 (l*'^ juillet 1841). Il est possible que certaines sources de Sayat soient dues aussi à la coulée de lave de Jumes et de la Coquille.

Le puy de la Nugère représente sur une vaste surface le plus bel appareil volcanique de l'Auvergne. Il est entouré de plusieurs cônes de scories qui, probablement, conduisent leurs eaux sous ses laves; aussi des sources très-pures et très-abondantes s'échappent sur plusieurs points de son trajet. La première et la plus élevée est celle de Vol vie; elle sort entre

deux coulées de lave dont une noire, compacte, inférieure, appartient peut-être à d'autres puys que celui de la Nugère uu provient, du moins, d'une éruption antérieure ; l'antre tendre et poreuse sort très-distinctement des cratères de ce volcan et s'arrête à Volvic. Nous avons trouvé sa température de 9® 5 le fO juin 1841 et de 7* 4 le 29 juin 1848. — D'autres sources viennent sortir plus loin à Saint-Genès-l'Enfant et à Marsat, mais elles ne proviennent pas de la même coulée. On voit descendre au-dessus de Volvic le ruisseau de Viallard. Autrefois mn cours a été intercepté par la lave et il en résulte un petit lac dont le fond d'allurion e^t facile à distinguer. Aujourd'hui ce ruisseau s'est firayé une issue sous la lave et ses eaux, filtrées pendant un trajet de trois kilomètres , contribuent sans doute à alimenter les beUes sources de Saint-Genès. Là, en effet, Teau pure se rassemble dans de vastes bassins et une partie, dirigée sur Riom, sert à alimenter les fontaines de la ville. Enfin, cette coulée de lave noire ou peut-être une autre encore, plus inférieure et plus ancienne, se prolonge et s'arrête à Marsat, près de Riom. Une très-belle source sort sur le bord de la lave par trois ouvertures, produisant des quantités d'eau très-inégales. Toutes ces eaux marquent 11<> (20juinl84r; nous avons trouvé le* 6 le 29 juin 1848. — Une de ces sources e^ enfermée dans un joli portique avec deux chapiteaux anciens. On voit au-dessus du portique un Christ a\'ec le millésime de 1547 ; près du Christ se trouve la Vierge ; saint Jean y était aussi placé, mais il a disparu pendant la tourmente révolutionnaire et n'a pas été retrouvé. Le beau lavoir établi prèsr de cette source, a permis de constater qu'elle augmentait beaucoup en été comme celles de Rojat.

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