‹ L'Éblouissement RétinienChapitre 12 sur 27 · LE D A · texte numérisé non relu

LE D A

Nous préférons l'appeler tout simplement, malgré la longueur, éclairement du plan pupillaire, conformément à sa vraie nature et à son dessein. Cela évitera aussi, aux lecteurs peu familiarisés avec la photométrie, des confusions avec l’ancien sens du mot éclat, qui avait alors le sens actuel du mot brillance.

Enfin, lorsque plusieurs sources éblouissantes agissent simultanément, et que leurs diamètres apparents sont tous inférieurs à celui que l’on veut considérer comme n'ayant par lui-même aucune action, leur effet sera caractérisé par la somme des flux qui, provenant de chacune d'elles, pénètrent dans l'oeil, et chacun des éléments de cette somme sera calculé selon la formule (4).

Pour terminer ce chapitre, nous remarquerons que les objets éblouissants peuvent être des sources primaires de lumière, ou des objets qui, renvoyant la lumière d’une autre source, agissent exactement comme des sources primaires, mais prennent le nom de sources secondaires. Il est alors indispensable de savoir calculer la brillance que prend un objet du fait de l’éclairement qu'il reçoit. Si l’on nomme B cette brillance, E l’éclairement dont l’objet est le siège et K son coefficient de restitution, la

formule est :

ui Si l’éclairement est donné en lux et que l’on veuille obtenir la brillance en bougies par centimètres carrés, il faut diviser le second membre par 10.000, afin d'établir

la correspondance des unités.

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IL. — Pour réaliser dans nos expériences personnelles un dispositif éblouissant, nous avons surtout fait usage de celui que M. Haas avait employé dans ses expériences, et qui est calqué sur le principe du photomètre Fabry et Buisson sans écran. Pour d’autres expériences, nous avons utilisé un autre moyen, qui sera décrit à la suite du premier.

On sait que, lorsqu'une source est conjuguée, par un système optique, qui d’ailleurs peut être réduit à une lentille unique, à un écran, et que l’oeil est placé derrière un trou percé dans cet écran, à l'endroit même où s’y forme l’image de la source, il voit éclairée d’une façon uniforme la surface conjuguée à la première des surfaces touchées par la lumière. Dans le cas d’une lentille unique, il voit éclairée uniformément toute la lentille.

L’éclairement de l’image rétinienne est alors donné par la formule (1), pourvu que le trou soit plus petit que la pupille, pourvu qu'il joue par conséquent lui-même le rôle d’une pupille, et qu'il soit entièrement couvert par l’image de la source. C’est ce que l’on exprime quelquefois en disant que la lentille est entièrement vue avec la brillance même de la source.

Si l’on diaphragme la lentille, la brillance des parties découvertes ne change pas, mais elles sont naturellement moins étendues que la lentille entière, et le flux qui pénètre dans l’oeil est diminué.

Il est commode, pour obtenir ces résultats, de se servir d'une lampe à ruban de tungstène, telle que l’on en trouve actuellement dans le commerce. La surface de la source est continue, ce qui est indispensable et ne

saurait avoir lieu avec un filament spiralé, et son aireest assez grande pour que son image, même réduite, puisse couvrir la pupille artificielle.

De plus, si l’on a soin de faire fonctionner la lampe au régime indiqué par le constructeur, la brillance du ruban est assez bien connue par les indications du même constructeur. Sans attribuer à ces indications une précision que l’on n’a pas recherchée, elles fournissent vraisemblablement mieux qu’un ordre de grandeur, et cela est largement suffisant pour des recherches comme les nôtres.

Pour affaiblir cette brillance dans un rapport connu, nous avons fait usage de verres d’absorption approximativement donnée : 25, 50 et 75 pour cent, placés derrière la pupille artificielle. Les verres que nous avons eu à notre disposition ne sont d’ailleurs pas rigoureusement peutres, mais au contraire légèrement teintés en jaune. Mais l’approximation obtenue semble suffisante pour établir de premiers résultats.

Il est facile, aux environs immédiats de la plage éblouissante, c’est-à-dire de la surface de la lentille, de placer un test typographique éclairé de façon indépendante, c’est-à-dire par sa surface antérieure. Si le test est rectangulaire, et qu’il ait un côté tangent à l’une des extrémités de la lentille, on peut être assuré que la région éblouie est exactement la région permaculaire, puisque la macula de l’oeil observateur est nécessairement dirigée vers le test qu’ils’agit de définir. De plus, le trou, dont le diamètre n’est pas supérieur à deux millimètres, a l’avantage de permettre, même à un amétrope, la lecture du

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test, sans qu’il ait à faire usage de lunettes qui empêcheraient de se placer convenablement.

Quand on veut éblouir la rétine dans une région très éloignée de la macula, ilest plus commode de faire usage d’une source de lumière telle qu’une lampe à filament nu ou qu'une lampe opale, placée angulairement dans le champ aussi loin que l’on voudra de l’objet visé par la macula. Une telle source, si elle est placée en même temps à une distance suffisante de l'oeil, cesse d'intervenir par son diamètre apparent, et n’agit plus que par l’éclairement qu’elle fournit sur le plan de la pupille, ou par son éclat apparent, selon l’expression de M. le professeur Ch. Fabry.

Il faut ajouter que nous n’avons étudié l’éblouissement que pour des lumières dont la composition se rapproche plus ou moins de celle des lampes à incandescence actuellement employées, sans nous dissimuler la nécessité ultérieure de mieux préciser, pour chaque cas, la couleur de température. Il n’a pas semblé possible, en ce moment, en l’absence de renseignement courants fournis par les constructeurs sur ce point, de faire mieux.

Nous avons de parti pris laissé de côté la question de l’éblouissement en lumières franchement colorées, qui nécessite une technique spéciale et répond d’ailleurs à des besoins moins immédiats.

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