SALE TRES
dépend le diamètre de la pupille, et par conséquent l’aire de sa surface. »
Le diamètre pupillaire peut varier entre un et neuf millimètres environ, sa surface varie donc proportionnellement à un et 81.
Si l’on se réfère à la formule (1) du chapitre III, on constate que l'éclairement de l’image rétinienne et que le flux incident sont proportionnels à cette surface pupillaire. Par le jeu de la pupille, l’éclairement et le flux correspondant à une même source éblouissante peuvent donc valoir entre des limites qui sont entre elles presque comme 1 est à 100.
Il est important de se souvenir que chacun des iris décrit les mêmes mouvements que le congénère. La pupille droite, par exemple, maintenue dans un milieu constant se contracte ou se dilate si l’on éblouit ou si l’on obscure la pupille gauche.
Ce fait est assez remarquable, car les autres mécanismes de l’adaptation, que nous décrivons par la suite, n’affectent que l’œil directement en cause, et même que les parties de la rétine de cet oeil directement intéressées.
Le reflexe pupillaire agit donc sur les conditions extrinséques de l’excitation, mais ne modifie pas directement les différents modes de sensibilité de l’œil.
C’est un fait bien connu que, passant du grand jour dans une obscurité relative, nous ne voyons rien tout d’abord, mais qu’en y séjournant quelque temps l'œil devient de plus en plus sensible ; il ne distingue d’abord que quelques vagues détails, puis ses perceptions s’améliorent jusqu’à un dégré qu’on n’eut pas osé prévoir tout d’abord.
De même, lorsque, venant d’un milieu obscur, nous nous plaçons dans un endroit éclairé, l’éblouissement et la fatigue que nous éprouvons tout d’abord nous montrent que notre sensibilité lumineuse a été fortement exaltée, puis cette excitation se calme et nous arrivons à regarder sans fatigue Les mêmes objets.
Ce phénomène a été bien étudié en premier lieu par Aubert. Ensuite il a été repris dans ses détails parCharpentier, qui a cherché à établir la loi suivant laquelle varie le seuil lumineux brut en fonction de l'éclairage ambiant.
Charpentier se servait pour cela du photoptomètre décrit dans la première partie du présent chapitre. Il avait choisi comme point de départ, et par conséquent comme unité, pour s'exprimer d'une façon plus rigoureuse, l'éclairage du jour donnant sur une surface uniforme. Comme cet éclairage varie dans une grande proportion selon l'heure, la saison, etc, Charpentier avait soin de ne procéder que par des ciels suffisamment purs, de donner à ses expériences une durée suffisamment courte, et de ne comparer entre elles que les expériences d'une même série, au cours desquelles l'éclairage du jour était diminué dans une proportion connue par l'emploi de verres absorbants. Il se servait d’une série de six verres, transmettant respectivement 0, 081 ; 0,154 : 0,232 ; 0,413 ; 0,510 ; 0,617 ; et 1.
Nous reproduisons ci-contre (Figure 1) les variations de la sensibilité lumineuse brute (inverse du seuil minimum perceptible) en fonction de l'éclairage auquel l’œil est adapté.