L'EBLOUISSEMENT SUCCESSIF
Nos expériences personnelles portent exclusivement sur l’éblouissement successif.
Il faut faire bien attention, dans de telles recherches, d'examiner les tests à travers le scotome positif, faute de quoi l’éblouissement étudié serait une sorte d’éblouissement simultané, dans lequel le scotome positif jouerait le rôle d’une image rétinienne.
Ces scotomes positifs sont, en effet, dûs à des phénomènes de reconstitution rétinienne, qui agissent à la manière d’une excitation lumineuse.
Pour qu’une expérience d’éblouissement successif mérite effectivement ce nom, il faut donc chercher à voir après éblouissement à travers le scotome positif.
Comme mesure de l’éblouissement, nous avons recherché, à l’aide du photoptomètre de M. Haas, la brillance minima nécessaire pour pouvoir lire le test translucide correspondant à l’acuité 1/10, après éblouissement maculaire.
Le seuil lumineux brut est en effet, dans ces cas, impossible à déterminer à cause de la présence du scotome positif. Il s’agirait d’un seuil lumineux brut en éblouisse-
MEN V7; ess
ment simultané dont l’image éblouissante aurait un éclairement indéterminé.
Le seuil différentiel ne saurait convenir ici, pour une raison analogue, de sorte que le seuil de lumière nécessaire pour obtenir le sens des formes est la mesure la plus facilement interprétable dans l’espèce.
Pour provoquer l’éblouissement nous avons employé le dispositif du photomètre Fabuy et Buisson, déjà utilisé par M. Haas.
Le dispositif consiste dans une lentille formant sur un trou, percé dans une plaque opaque, l’image d’un ruban de tungstène incandescent. On sait que, dans ces conditions, l’oeil placé derrière le trou perçoit toute la surface de la lentille comme si elle avait la brillance même de la source.
La brillance de la source éblouissante est connue par l’étalonnage de la lampe qui, sous 17 ampères, a 1100 bougies par centimètres carrés.
D’autres brillances ont été obtenues par l’interposition d’écrans neutres étalonnés de la Société des Glaceries de Saint-Gobain et dont les facteurs de transmission sont respectivement 0.80, 0.70 et 0.40.
Le diamètre du trou est inférieur au plus petit des diamètres que puisse prendre la pupille, ce qui élimine l'influence des variations de cette dernière. S'il est complètement couvert par l’image de la source on peut calculer l’éclairement de l’image rétinienne.
Pour mesurer le seuil lumineux nécessaire pour obtenir le sens des formes nous avons utilisé le photoptomètre du Dr Haas, déjà décrit au Chapitre II.