‹ L'Éblouissement RétinienChapitre 6 sur 27 · INTRODUCTION ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ET HISTORIQUE

Jusqu'à ces dernières années, nous ne connaissions guère, en France, au sujet de l’éblouissement, que ce qu'en avait enseigné André Broca. Sans avoir jamais publié, sous ce titre exclusif, de travail sur l’éblouissement, 1l avait été amené à s’en former une idée au cours de ses recherches sur la vision des signaux colorés (1902), sur la visibilité des feux réglementaires de la marine (en collaboration avec Polack, 1908), sur les principales sources de lumière industrielle (en collaboration avec Laporte 1908).

Il avait mis la question, d'emblée, sous une forme très ingénieuse, trop généralement schématique peut-être par certains côtés, mais dont l’excès même s’est montré ultérieurement fertile en appelant l’attention sur les territoires indépendants de la rétine. L'idée que la tradition orale lui a prêtée consiste en ceci, que l’éblouissement dépendsurtout de la brillance de l’objet lumineux, et assez peu de son diamètre apparent et de sa position dans le champ visuel, tant que ce diamètre apparent n'excède pas une certaine limite, correspondant à l'angle apparent sous lequel est vu, du point nodal image de l'oeil, la section droite d’un cône ou d’un bâtonnet. Ensuite, il a été amené à énoncer, sous réserves, dans

PUMOTE

des leçons orales, l’idée que, pour une identique brillance de l’objet, l’éblouissement ne s’accroissait pas, même si plusieurs cônes ou bâtonnets étaient intéressés : la défense de l’organisme se faisant en raison de la quantité de lumière dépensée sur chacun de ces éléments, et non en raison de la quantité dépensée sur la somme des éléments iutéressés.

Les observateurs qui, actuellement, estiment que la imite, en deçà de laquelle l’éblouissement ne dépend plus que du flux, est très supérieure à celle indiquée par Broca, consacrent de ce fait même la notion de cerritoire iodépendant. Leurs expériences amènent à penser que ce territoire est un groupe d'éléments simples, et non plus un seul élément simple. Mais Broca avait précisément conçu la possibilité de formation temporaire de ces éléments composés, dont il avait décrit le rôle dans un phénomène différent, l’obscuration partielle ; ce qui est d’ailleurs beaucoup plus immédiatement vraisemblable que leur rôle dans l’éblouissement.

À la suite de ces travaux. commencèrent à être connus en France un certain nombre de revueset de traités étrangers, avec des travaux exécutés à l’aide d’une méthode très différente, et d’une façon certainement indépeudante, tels que « Modern Iliuminants and Iluminating Engineering, de Gaster et Dow (Pitman, Londres), et que Lichttechnik de Bloch (Oidenbourg, Berlin) ; tels encore que l'Iluminating Engineer, et que les Transactions of the Illuminating Engineering Sociéty. » Signaions encore les Congres internationaux d'Hygiène industrielle de Bruxelles (1910) et de Milan (1912), dont la guerre interrompit la suite des travaux.

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