‹ L'Éblouissement RétinienChapitre 7 sur 27 · ALP TETE · texte numérisé non relu

ALP TETE

Dans les années d’après guerre, la question a rebondi. On sait quels développements a pris l’industrie des lampes à incandescence, en France, depuis cette époque. Dès lors, les ingénieurs de l'éclairage ont cherché à fonder, sur des travaux personnels ef nationaux, les éléments d’une fabrication rationnelle des lampes, réflecteurs et diffuseurs, qui leur permît de concurrencer légitimement la fabrication étrangère.

Ils ont été très efficacement aidés dans leurs études, pour la partie physique surtout, par l’Institut d’Optique théorique et appliquée, qui venait de se fonder sous la direction du professeur Ch. Fabry. Cet Institut n’a pas cessé de s’intéresser aux questions de photométrie, par la publication des leçons de Ch. Fabry, par celle d’un grand traité de photométrie, par lemoyen des recherches originales publiées par son organe la Revue d’Optique, par sa participation aux comités nationaux et internationaux de l’éclairage, et en dernier lieu par l’organisation d’une réunion sur l’éblouissement (8 mai 1931).

Les publications de la Société pour le Perfectionnement de l’Eclairage, instituée en France sous les auspices des producteurs d'énergie électrique et de gaz, des fabricants de lampes et d’appareils, rédigées par ses ingénieurs, constituent maintenant aussi une littérature importante et d’un grand intérêt.

La participation d'ingénieurs français à la Commission internationale de l'éclairage, dont la huitième session vient d’avoir lieu à Cambridge (septembre 1931), a été particulièrement importante.

Cependant l’on peut reprocher à tous ces travaux d’a-

AT

voir, en général, été faits par des personnes étrangères à la médecine et à la physiologie. Il n’en résulte pas qu'ils soient inféconds, au contraire. Certaines découvertes d’'Optique physiologique ont été faites par des industriels ou par des physiciens, précisément parce qu'ils avaient besoin de certaines notions, et qu'ils se sont arrangés comme ils ont pu, avec des ressources d’ailleurs supérieures à celles de nos laboratoires, pour en établir les fondements. C’est ainsi que les valeurs de la fraction différentielle sont beaucoup mieux établies par les travaux quotidiens des photométristes que par les travaux des physiologistes purs.

Mais on peut regretter que tous ces travaux de physiciens et d'ingénieurs n'aient pas tenu un compte suffisant de l’organe de la vue, ni de son fonctionnement, de sorte que ces savants ent manqué de la méthode physiologique qui leur aurait permis d’aller encore plus vite et plus sûrement vers le but qu'ils se proposaient. De plus, le langage dans lequel ils sont rédigés, s’il est conforme aux habitudes des sciences exactes, l’est beaucoup moins à celui de la médecine, ce qui diminue fâcheusement leur facilité et réduit leur portée.

Sur le conseil de M. le professeur Strohl, professeur de physique à la Faculté de Paris, et sous la direction de M. le Dr Emile Haas, assistant de physique à la Faculté, qui n’a pas cessé de s’interesser à la question de l’éblouissement et de participer aux travaux des organismes et des commissions qui s’en occupent, nous avons cherché à présenter la question sous une forme qui, tout en étant essentiellement médicale, respectât les méthodes des physiciens et des ingénieurs.

note

Le seul fait d’avoir fait choix d’une telle forme nous imposait un certain nombre d’expériences nouvelles, dont nous avons réalisé quelques unes, qui forment la partie originale de la présente thèse.

Médecin, nous n'’estimons pas qu’une recherche scientifique n’aie d'intérêt que si elle est faite pour ellemême, a priori, et sans pensée utilitaire. Au contraire : le souci de la santé des malades, de l'hygiène des bien portants, constitue l’origine d’une foule de travaux qui, pour être modestes, ont du moins l’avantage d’une application immédiate.

Page 1