CHŒUR
Banissoas le chagrin , etc.
Mad. DE ROSEDLE.
A la bonne heure , monsieur Léon , je ne vous avals pas aperçu dans le grand salon, et je craignais que vous ne fussiez pas arrivé.
( A Durozeau , qui entre avec deux domestiques portant une table et deux flambeaux. )
Eh ! mais, mon cher Durozeau , que faites-vous donc ?
DUROZEAU.
Je fais placer un écarté. . les deux autres sont encombrés, impossible d'en approcher. . . et c'est sur la clameur publique que j'établis ici une succursale.
Mlle. MIMI,
A merveille. . . voilà l'écarté qui va encore nous enlever nos danseurs.
Mad. DE KOSELLE.
J'espère, au moins, que ces messieurs nous seront fidèles.
LÉON
Madame veut-elle me faire le plaisir de danser cette contredanse .''
DUPARC, à part.
Très-bien.
Mad. DE R0SEL1.E.
Je ne puis , je suis invitée par monsieur Fortuné. -
LÉON , bas à Fortuné.
Comment , c'est toi qui l'as priée .''
FORTUNÉ , de même.
Oui, mon ami, toujours la première contredanse avec la maîtresse de la maison. . . c'est de rigueur. . parce qu'après cela. . . (^regardant mademoiselle Mimi), parce qu'après cela, on est libre.
Mad. DE ROSELLE , à Léon.
Mais , c'est égal : je compte sur vous. . . j'ai là , dans le salon , deux ou trois demoiselles à marier , qui ne dansent jamais.
Air du ménage de garçon.
Tous les danseurs les appréhendent ; Voilà , je crois cinq ans entiers, Qu'à chaque bal elles attendent De» maris et des cavaliers.
Depuis elles sont en souffrance , Car vous savez que, par malheur, l]e n'est pas tout d'aimer la danse , 11 nous faut encore un danseur.
DUROZEAU, plaçant les cartes^ et comptant les Jetons , pendant que les trois dames causent cntr' elles. Ah I ah! messieurs, ce ser^t ici la partie des forts. . et Dieu sait comme nous allons nous escrimer. . . ( à Léon et à Fortuné ) , jeunes gens , cela vous regarde.
FORTUNÉ , regardant la table d'un air d'envie. Un écarte !
©unoZEAU , à deux-Jeunes gens qui entrent. Allons, messieurs , i'autel est dressé.
Les deux: Jeunes gens s'asseyent, et un instant, après cinq ou six autres entrent furtivement et entourent la table. Mad. de ROSELLE , les appcrcevant.
Tenez... à peine ia table est placée, et vous voyez . déjà. . .
FORTUNÉ
Hein! C'est bien tentant!. . . mais il ne faut pas y penser ; et pour plus de précautions. . . [Prenant Léon à part, pendant que les trois da lies et M. Duparc se sont remis à causer ensemble.) Dis donc , Léon , il faut que tu me rendes un service.
FORTUNÉ, rtan/.
Est-ce que tu n'as pas d'argent ?
F ;RTUNÉ.
Au contraire. . . j'ai sur moi deux mille francs que j'ai été toucher pour le maître Clerc, et que je n'ai pas eu le temps de porter à l'étude; je ne veux pas faire de bellses. . . loi qui es sage comme la magistrature elle même, garde-les moi j {il lui passe les billeis).
LÉON
Deux mille francs!... [C'esl à peu près ce que tu me dois.
FORTUNÉ
Oui. . mais nouç réglerons cela plus ,tard. • . Là ! comme cela, mè voilà à mon aise .. je me sens 'deux fois plus
..iAuMitÈà,.
léger. . . je suis pour aujourd'hui dans les jeunes gens aimables , je me livre aux dames, je danse.
La ritournelle de la contredanse se fait entendre . • . aussitôt deux des jeunes gens gui étaient autour de la table quittent les joueurs y etvont offrir leur main à deux demoiselles qiù sont assises près de la cheminée. . . Fortuné invile Mad. de lioselle.
DUPARC , regardant son neveu.
Il n'a pas d'argent ... je peux bien le laisser ici un instant. FORTUNÉ, en s'en allant , pousse du coude un des Jeunes gens qui
sont à r écarté et lui dit à voix basse. Fais donc danser mademoiselle Mimi , toi qui es de Te'lude.
Le jeune homme va inviter mademoiselle Mimi qui accepte . . . Durozeau, Fortuné, mademoiselle 3Jimï et Duparc sortent. . . tout cela se fait sur la ritournelle de la contredanse.