SCENE IX
LES JOUEURS à la table dans le coin à droite; Mad. de St.- ChrW^à gauche dans une bergère, au coin de la cheminée^ LEON, debout le dos au Jeu et causant avec elle. Mad. DE St- CLAIR.
Quoi !. . vous ne les suivez pas?
LÉON
Non, madame , je r'en ai pas envie ; et dans ce moment moins que jamais... je trouve si rarement l'occasion de causer avec vous !
Mad. DE ST.-CLAIR.
Allons. . . c'est un aimable jeune homme.
UN JOUEUR
Léon. . . vingt francs à prendre,
LÉON , s^ avançant vivement du côté de la table. Comment ! De quel côlé ?
UN JOUEUR
De celui-ci.
lÀoxï y s\iirêta Ht,
Non, non, je ne peux pas- . • je parle à madame dune affaire inporlanic.
.<.„JtfÊ,M.
Mad. DE ST.-CLAIR.
Qaoi! VOUS refusez'de jouer, pour causer avec une grand'maman. • . Yoilà qui est très bien.
Air : Tai vu partout dans mes voyages.
He!as 1 dans le siècle où nous sommes, C'est le seul tort des jeunes gens , De soins ils sont trop e'conomes , Ils négligent les grands' mamans.
Pour vous, le ciel en sa sagesse , J'en suis sûre , vous bénira ; Puisque vous aimez la vieillesse , La jeunesse vous le rendra.
DUROZEAU , entre en se frottant les mains.
Ça va bien. . ça va bien. . . de tous les côtés cela s'échauffe. . . {s' approchant de l'écarté) e\i ! bien, messieurs, nous n'allons pas ici, nous nous négligeons. . . allons donc, messieurs les parieurs, qu'est-ce donc que celte jeunesse là ?
UN JOUEUR
Il ne manque plus que dix francs. {Durozeau s'éloigne tout-à' coup et s'' approche de Mad.de St-'Clair) Dix francs à prendre de ce côté, monsieur Durozeau.
DUROZEAU , feignant de ne pas entendre, et causant avec Madde St.-Clair.
Voulez-vous prendre quelque chose, madame, une glace, une limonade.
PLXJISIEURS VOIX.
M . Durozeau , M. Durozeau , dix francs à faire . . .
DUROZEAU.
Hein! qu'est-ce que c'est ?.. je ne peux pas, messieurs , je ne peux pas... je suis déjà de vingt francs de l'autre côté.
Mad. DE SAINT-CLAIR.
Comment, Durozeau. . vous pariez vingt francs!
DUROZEAU.
Ah! madame, il faut bien entretenir le feu sacré.