UN AUTRE JOUEUR
Il faut jouer,
DUROZEAU.
Un moment. . un moment, messieurs. . . on n'expose pas ainsi l'argent des actionnaires.
m"«. MIMI , de l'autre côté.
Je demande , monsieur.
FORTUNÉ, à part.
Ah ! mademoiselle Mimi. . j'ai bien beau jeu ; mais c'est égal. . ( haut ) Combien P
m"«. MIM£.
Cinq. . mais je les veux très belles.
FORTUNÉ
Voilà.
M"6 MIMF.
Ah ! les vilaines caries.
FORTUNÉ
Mon dieu ! que je suis fâché !
m"^ mjmi.
Monsieur en donne-t-il encore ?
FORTUNÉ
Est-ce que je peux rien vous refuser? . . vous ne feriez pas
de mcinc . . et vous ne m'en donnerieE pas , j'en suis bi«*n
sûr.
m"«. mimi , jouant.
Et pourquoi , monsieur ?
FORTUNÉ, jouant aussi.
C'est que lorsque je vous demande quelque chose, vous avez soin de ne pas m' entendre... ce bouquet que vous portiez tout à-l'heure ) et que j'aurais été si heureux de recevoir de votre main.
m'"«, mimi.
Est-ce que cela était possible , monsieur ? . . (^jouant ) je coupe... je l'ai laissé tomber., c'est tout ce que je pouvaispourquoi êtes-vous maladroit ?
FORTUNÉ
Quoi ! si je l'avais ramassé , vous ne vous seriez pas fâchée.'' ( Mademoiselle Mimi, par un signe , indifjue quelle n'aurait pas été fâchée ; alors Fortuné tire le Bouquet de son seùij et le lui montre à moitié. ) le voilà , mademoiselle Mimi.
m"*, mimi , vi\>ement.
Ah! monsieur, rendez-le moi.
Mad. DE SAINT-CLAIR.
Eh! bien, qu'y a-t-il donc?
FORTUNÉ
Rien , madame . . c'est mademoiselle Mimi , qui se fâche, parce qu'une fois, par hasard, j'ai du bonheur. m"^ mimi , jouant vivement.
A tout, à tout ; à tout. . qu'est-ce qui a fait le point. ''^
FORTUNE
Ah ! mon dieu , je n'en sais rien.
m"^ mimi.
Voilà comme vous êtes toujours.
FORTUNÉ
Eh! bien, mademoiselle, recommençons.
Ils coupent et tirent les cartes.
DUROZEAU , de r autre côté.
Et U vole ! . . . nous marquons deux points . . l'autre côlc
est enfonce . . ( mettant l'argent dans sa poche. ) ma foi , je l'ai échappé belle !
LEON , avec un mouvement d'impatience , et s' approchant de la
table.
Toujours ce côlé-là qui gagne.
LES JOUEURS
C'est à moi de rentrer.
Mad. DE SAINT-CLAIR, Se levant.
Pardon , messieurs , je ne serais pas fâchée de jouer un coup.
DUROZEAU.
Messieurs , messieurs , une dame qui veut rentrer.
LES JOUEURS
Comment donc! madame, trop heureux. . . (à part , en tournant le dos. ) ah ! que c'est ennuyeux , une dame.
Mad. DE SAINT-CLAIR.
Voyons , messieurs , qui est-ce qui parie de mon côté ?
LÉON , vivement.
Moi , madame, .{à un des joueurs. ) voulez - vous mettre
moi?
En ce moment , Duparc entre , et va se placer auprès de la
cheminée.
Mad. DE SAINT-CLAIR.
A la bonne heure ; moi , d'abord, je gagne toujours y et je ne sais pas pourquoi je ne trouve jamais de parieurs.
LEON
Vingt francs pour madame.